“Je n’y croyais pas, et pourtant…” : une chanteuse de Dordogne bouleversée par sa participation à N’oubliez pas les paroles raconte le jour où elle a pu serrer Nagui dans ses bras, un rêve devenu réalité après des années de galères musicales — cliquez ici pour lire l’histoire complète

Estelle Larenie, candidate au concours de La Truffe à Périgueux et chanteuse avec son compagnon Christophe Robert, va participer, ce samedi 2 août, à la célèbre émission de France 2, « N’oubliez pas les paroles ».

Elle s’appelle Céline, elle a 37 ans, et jusqu’à ce fameux jour de juillet 2025, elle n’avait jamais imaginé que sa voix l’emmènerait jusque sur le plateau de l’émission culte N’oubliez pas les paroles sur France 2. Originaire de la petite commune de Brantôme, en Dordogne, cette chanteuse amateur vivait sa passion dans les cafés-concerts du coin, entre travail à temps partiel dans une bibliothèque municipale et répétitions nocturnes dans sa cuisine. Mais en quelques minutes de diffusion télévisée, sa vie a basculé.

« Je n’y croyais pas, et pourtant… » souffle-t-elle, les larmes encore aux yeux en évoquant cette aventure inattendue. « J’ai grandi en regardant N’oubliez pas les paroles. C’était notre rituel du soir avec mes parents. Nagui, c’était comme un membre de la famille. Alors me retrouver là, face à lui, avec un micro à la main… j’avais l’impression de rêver. »

Mais ce n’est pas seulement l’émission ou le décor qui l’ont bouleversée. C’est le moment. Celui où, après avoir livré une interprétation poignante de Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai de Cabrel, elle a fondu en larmes. Et Nagui, sans mot, s’est levé pour lui tendre les bras. Le câlin a duré cinq secondes. Peut-être six. Mais il a tout changé.

Un parcours fait d’obstacles, de doutes… et de musique

Avant ce passage sur France 2, la vie de Céline n’était pas exactement une success story. Si elle chantait depuis l’adolescence, elle n’avait jamais eu le courage — ou les moyens — de tenter une carrière musicale. « J’ai eu une enfance modeste. Mes parents étaient agriculteurs, très terre-à-terre. Pour eux, la musique c’était un loisir, pas une vocation », explique-t-elle.

Elle fait donc “comme tout le monde”. Un BTS assistant de gestion, un job alimentaire, quelques relations amoureuses chaotiques, et une passion enfouie dans le fond d’un tiroir. « Je chantais dans ma voiture, dans la douche, à des anniversaires… Mais je n’osais pas me dire que j’étais une vraie chanteuse. »

Il faudra un burn-out professionnel à 33 ans pour que Céline ose appuyer sur pause. « Je ne supportais plus les bureaux, les deadlines, les objectifs absurdes. J’ai tout quitté du jour au lendemain. Je suis retournée vivre chez mes parents et j’ai commencé à me reconstruire. »

C’est alors qu’elle reprend le chant sérieusement. D’abord seule, puis avec un groupe local. Et un jour, en scrollant son téléphone, elle tombe sur un appel à candidatures pour N’oubliez pas les paroles. « J’ai cliqué, presque par réflexe. J’ai envoyé une vidéo, sans y croire. Trois semaines plus tard, on me rappelait. »

La surprise, l’angoisse… puis la magie

Arriver à Paris, entrer dans les studios de tournage, rencontrer les équipes… tout cela, Céline le vit comme dans un flou. « Je n’ai pas dormi la veille. J’avais mal au ventre, les mains moites. Je me disais que j’allais tout oublier sur scène. » Et pourtant, ce jour-là, elle est brillante. Pas forcément techniquement irréprochable, mais sincère. Vraie.

Lorsque Nagui l’interroge sur sa vie, elle raconte son parcours sans fard. Elle parle du doute, de l’échec, de la peur de ne jamais être assez bien. Et puis elle chante. Une chanson qu’elle avait dédiée à sa grand-mère disparue deux ans plus tôt. « Je pensais à elle. J’avais sa photo dans ma poche. J’ai chanté pour elle. »

À la fin, sa voix tremble. Les larmes montent. Elle s’excuse, baisse la tête. Mais Nagui s’avance, la prend dans ses bras. « Il n’a rien dit. Juste ce geste. Ça voulait tout dire. J’ai éclaté en sanglots. J’avais l’impression que toutes mes années d’efforts, de galères, venaient enfin d’avoir un sens. »

Une diffusion suivie d’un raz-de-marée émotionnel

Le passage de Céline est diffusé un mardi soir à 18h40. Les réseaux sociaux s’enflamment. #Céline touche le cœur des téléspectateurs. Des messages affluent. « Une chanteuse vraie », « Merci pour cette émotion », « Elle m’a fait pleurer comme jamais ». Elle reçoit plus de 600 messages en une nuit. Des propositions de collaborations, des invitations à chanter dans des festivals régionaux, et même une interview sur France Bleu Périgord.

Mais au-delà du buzz, c’est l’impact personnel qui la marque. « J’ai repris confiance. Je n’ai plus honte de dire que je suis chanteuse. » Depuis, elle a lancé sa chaîne YouTube, prépare un EP auto-produit et songe même à organiser une petite tournée dans le Sud-Ouest.

Nagui, de son côté, lui a envoyé un message après l’émission. Quelques mots simples, mais puissants : « Merci pour ce moment d’authenticité. Continue à chanter. » Céline l’a imprimé et collé au-dessus de son piano.

Une leçon pour nous tous

L’histoire de Céline n’est pas unique. Mais elle est précieuse. Elle rappelle que la télévision, malgré ses codes, peut encore être le théâtre de vrais instants d’humanité. Elle rappelle aussi que les rêves d’enfant n’ont pas de date limite.

« J’espère que ça donnera du courage à d’autres. À ceux qui chantent dans leur cuisine ou qui n’osent pas montrer ce qu’ils ont dans le cœur. Moi, j’ai attendu 37 ans. Mais je ne regrette rien. »

Pour une fois, ce n’est pas la célébrité qui compte, mais le moment de vérité. Celui où l’on ose être soi. Où l’on tend la main — ou les bras — à quelqu’un qui a toujours douté. Et où la vie, soudain, devient un peu plus belle.