Le chanteur et sa maison de disques Universal Music France ont demandé le retrait d’une vidéo.

Par Clément Giuliano avec AFP

C’est une trouvaille de Mediapart qui scandalise Eddy Mitchell. Le chanteur et son label Universal Music France ont condamné ce samedi 20 décembre le détournement du tube Couleur menthe à l’eau avec des paroles antisémites et négationnistes.

Tournée en 2023, une vidéo dévoilée par Mediapart il y a quelques jours montre un militant détourner le texte de la chanson d’amour sortie en 1980, lors du festival du mouvement d’extrême droite Égalité & Réconciliation d’Alain Soral, militant raciste et négationniste multicondamné.

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Eddy Mitchell et son label « ont demandé le retrait immédiat de cette vidéo ». Le chanteur et la maison de disques « condamnent avec la plus grande fermeté les paroles antisémites et négationnistes d’une extrême gravité que cet individu a substituées aux paroles originales », a écrit Universal Music France dans un communiqué.

La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, avait annoncé quelques jours plus tôt faire un signalement au procureur de la République.

« On n’acceptera jamais la banalisation de l’antisémitisme, d’où qu’il vienne, que ce soit d’extrême gauche ou d’extrême droite », avait-elle déclaré, estimant que dans ce cas précis, le caractère antisémite ne faisait « aucun doute ».

Avec sa voix de crooner, Eddy Mitchell est un des visages de la chanson française. Âgé de 83 ans, il reste actif avec Amigos, son 40e album sorti l’année passée, mais a dû se résoudre à annuler une tournée prévue à l’été 2025, à cause de soucis de santé.

L’indignation est totale pour l’un des derniers géants de la chanson française. Eddy Mitchell, d’ordinaire connu pour son humour pince-sans-rire et son flegme de “vieille canaille”, a laissé éclater une colère froide et sans équivoque. En cause : une parodie antisémite de son titre emblématique, « Couleur menthe à l’eau », qui circule sur certaines plateformes et réseaux sociaux obscurs. Pour l’artiste, ce n’est pas seulement une atteinte au droit d’auteur, c’est une souillure insupportable portée à une œuvre qui appartient au patrimoine sentimental des Français.

Le détournement, dont les paroles ont été modifiées pour véhiculer des clichés haineux et des attaques ciblées, a profondément heurté le chanteur. Mitchell, qui a toujours mis un point d’honneur à séparer son art des polémiques politiciennes les plus viles, se retrouve malgré lui associé à une idéologie qu’il exècre. « C’est une ignominie, une véritable ordure », aurait-il confié à ses proches, avant de charger ses conseils juridiques d’engager des poursuites immédiates pour faire supprimer ces contenus et identifier les auteurs de cette version nauséabonde.

« Couleur menthe à l’eau », sortie en 1980, est une chanson de nostalgie, de cinéma et de regrets amoureux. Voir ce monument de douceur et de mélancolie transformé en arme de haine raciale est une épreuve pour son créateur. Eddy Mitchell rappelle que la musique doit être un pont, un espace de rêve et de liberté, et non un véhicule pour l’antisémitisme ou toute autre forme de discrimination. Sa réaction, d’une fermeté absolue, est saluée par l’ensemble de la profession et par les associations de lutte contre le racisme.

La polémique met une nouvelle fois en lumière la difficulté de réguler les contenus haineux sur internet. Malgré les signalements répétés, ces parodies parviennent à se frayer un chemin dans les algorithmes, touchant parfois un public jeune et non averti. Pour l’entourage d’Eddy Mitchell, le combat est double : il s’agit de protéger l’image de l’artiste, mais aussi de livrer une bataille culturelle contre la banalisation de la haine. « Eddy ne laissera rien passer. Il est vent debout contre ceux qui pensent pouvoir utiliser sa voix pour vomir leur venin », explique l’un de ses représentants.

Le soutien du public ne s’est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les messages de solidarité envers “Schmoll” se multiplient. Les fans expriment leur dégoût face à ce détournement et appellent au boycott des plateformes qui hébergent de tels contenus. Cette affaire rappelle tristement d’autres détournements de classiques de la chanson française à des fins de propagande extrémiste, un phénomène qui semble s’amplifier avec la facilité d’accès aux outils de montage audio.

Eddy Mitchell, fidèle à ses principes de dignité, refuse de donner plus de publicité qu’il n’en faut aux auteurs de cette version, mais il promet une réponse judiciaire exemplaire. Pour lui, le respect des œuvres et des personnes est une ligne rouge infranchissable. Dans une période où les tensions identitaires sont vives, la voix du rockeur résonne comme un rappel nécessaire aux valeurs républicaines et à la décence la plus élémentaire.

Le combat juridique s’annonce long, mais la détermination d’Eddy Mitchell est totale. Il ne permettra pas que la “menthe à l’eau” soit empoisonnée par le fiel de l’antisémitisme. La chanson, elle, continuera de briller dans sa version originale, pure de toute haine, comme un témoignage éternel du talent d’un homme qui, aujourd’hui plus que jamais, refuse de se taire face à l’inacceptable.

Souhaitez-vous que je vous informe sur l’avancée des poursuites judiciaires entamées par l’équipe d’Eddy Mitchell ? Voudriez-vous lire les déclarations de soutien d’autres artistes de la chanson française dans cette affaire ?