Le sénateur Mark Kelly n’a pas retenu ses coups lors d’une confrontation explosive au Sénat. Il a confronté Pete Hegseth avec une liste détaillée d’incidents présumés d’ivresse publique et une visite controversée dans un club de strip-tease en Louisiane. La tension était palpable alors que Kelly exigeait des réponses claires sur ces allégations choquantes. Regardez comment la défense de Hegseth a été mise à l’épreuve face à ces questions brutales. Lisez l’analyse complète de cet échange glacial dans les commentaires ci-dessous.

L’atmosphère dans la salle du comité sénatorial était chargée d’une tension électrique, marquant l’un des moments les plus critiques de la procédure de confirmation. Le sénateur Mark Kelly, ancien capitaine de la marine et astronaute, a pris la parole non pas pour offrir des banalités, mais pour mener un interrogatoire méthodique et impitoyable à l’encontre de Pete Hegseth, le candidat au poste de Secrétaire à la Défense. Dès l’ouverture, Kelly a tenu à souligner une anomalie procédurale, notant pour le dossier que le comité semblait restreindre le temps de parole, contrairement aux précédents établis avec les secrétaires Hegel et Carter. Après avoir exprimé son désaccord sur le refus d’un second tour de questions, une décision qu’il a qualifiée de violation des principes du comité, Kelly a pivoté vers le cœur du sujet, remerciant froidement Hegseth pour son service avant de lancer une offensive sur son caractère et son aptitude à diriger.

Le sénateur de l’Arizona a commencé par remettre en question l’expérience de gestion de Hegseth pour un poste d’une telle envergure, mais c’est sur le terrain de la probité personnelle que l’échange a pris une tournure dramatique. Kelly a cité une déclaration du sénateur Coleman, qui avait introduit Hegseth en affirmant qu’il avait “lutté et surmonté de grands défis personnels”. Kelly a souligné la contradiction apparente entre cette affirmation et l’attitude de Hegseth. Alors que le candidat se présentait comme un “livre ouvert” ayant admis des problèmes passés avec l’alcool, Kelly a fait remarquer qu’il n’avait jamais précisé quels étaient exactement ces défis lorsqu’on l’interrogeait. Pour clarifier la situation, Kelly a annoncé qu’il allait énumérer des cas spécifiques de mauvaise conduite signalés par d’anciens collaborateurs, demandant simplement à Hegseth de confirmer ou d’infirmer leur véracité par “vrai ou faux”.

La liste des allégations égrenée par Kelly était aussi précise que accablante, peignant le portrait d’un comportement erratique et non professionnel. Il a commencé par le Memorial Day de 2014, lors d’un événement des “Concerned Veterans of America” en Virginie, demandant s’il était vrai que Hegseth avait dû être porté hors de l’événement en raison de son état d’ébriété. La réponse de Hegseth fut immédiate et répétitive : “Calomnies anonymes”. Kelly a poursuivi imperturbablement, évoquant l’été 2014 à Cleveland, citant un incident d’ivresse publique avec l’équipe de la CVA. Encore une fois, la réponse fut “Calomnies anonymes”. Le sénateur a continué, mentionnant un événement en Caroline du Nord où Hegseth aurait été ivre devant trois jeunes femmes de son équipe, juste après avoir institué puis annulé une politique interdisant l’alcool. La réplique resta identique. Kelly a ensuite abordé le mois de décembre 2014, lors de la fête de Noël de la CVA au Grand Hyatt de Washington D.C., demandant si Hegseth était visiblement intoxiqué et avait dû être transporté dans sa chambre. Hegseth a maintenu sa ligne de défense : “Calomnies anonymes”.

L’interrogatoire a atteint son paroxysme lorsque Kelly a abordé un incident présumé en Louisiane en 2014. Il a demandé directement si, lors d’un déplacement officiel, Hegseth avait emmené son personnel, y compris de jeunes femmes, dans un club de strip-tease. Hegseth a répondu par un “Absolument pas” catégorique, qualifiant à nouveau l’accusation de calomnie. Kelly a alors creusé davantage, interrogeant le candidat sur l’existence d’un règlement financier conclu par l’organisation avec une employée qui affirmait avoir été présente au club de strip-tease et qu’un collègue avait tenté de l’agresser sexuellement. Hegseth a affirmé ne pas avoir été impliqué dans ce règlement et ne pas connaître la nature exacte de son dénouement. Kelly a insisté, soulignant qu’il existait des déclarations multiples au dossier concernant ce règlement financier pour une jeune femme accusant un autre membre de l’organisation d’agression sexuelle dans ce club, demandant à Hegseth s’il maintenait qu’il n’était pas présent. Hegseth a réitéré son déni : “Absolument pas”.

Face à ces dénégations en bloc, Kelly a posé une question fondamentale sur le jugement et le leadership. Il a demandé si, en supposant ces faits avérés, de tels comportements — ivresse, fréquentation de tels établissements, malaise du personnel féminin allant jusqu’au dépôt de plaintes — étaient appropriés pour un leader. Hegseth a tenté de détourner la conversation vers le soutien qu’il recevait de la grande majorité de ses anciens collaborateurs, citant des déclarations officielles témoignant de son professionnalisme à la tête de “Vets for Freedom” et de “Concerned Veterans for America”. Il a affirmé que son leadership était injustement attaqué et a tenté de parler de la gestion financière intègre de ses organisations, mais Kelly l’a coupé, rappelant que son temps était limité et qu’il ne souhaitait pas entendre des généralités, mais des réponses sur sa conduite.

C’est alors que Mark Kelly a mis en lumière la faille logique dans la défense de Hegseth. Il a souligné la difficulté de “résoudre la quadrature du cercle” : d’un côté, Hegseth admet avoir eu des problèmes de “beuverie excessive” et avoir surmonté des défis personnels ; de l’autre, il qualifie chaque incident spécifique d’ivresse cité de “calomnie anonyme” et de fausseté. Kelly a alors posé une question incisive : si Hegseth devait répondre à ces questions concernant les agressions sexuelles et sa conduite personnelle sous serment, ses réponses seraient-elles différentes ? Hegseth a esquivé, se contentant de répéter qu’il ne faisait que signaler les fausses accusations contre lui. Kelly a froidement noté : “Je comprends que vous ne voulez pas répondre à cette question”.

Dans sa conclusion, le sénateur Kelly n’a pas mâché ses mots. Il a exprimé sa profonde préoccupation, déclarant être entré dans l’audience inquiet du manque de leadership adéquat démontré par Hegseth dans ses rôles civils. Il a rappelé que le monde est dangereux et que l’Amérique ne peut pas se permettre un Secrétaire à la Défense qui n’est pas préparé pour cette mission. Plus grave encore, Kelly a soulevé la question de la transparence. Il a confronté Hegseth à son propre paradoxe : on ne peut pas prétendre avoir surmonté des problèmes personnels passés tout en affirmant que toutes les allégations concernant ces problèmes sont des mensonges inventés par une campagne de diffamation. “Cela ne peut pas être les deux”, a martelé Kelly. Pour le sénateur, il était clair que le candidat n’était pas honnête avec le comité ni avec le peuple américain, suggérant que la vérité le disqualifierait pour le poste. Il a conclu en affirmant que l’idée d’avoir un Secrétaire à la Défense qui manque de transparence est tout aussi préoccupante que les accusations disqualifiantes elles-mêmes, laissant planer un lourd silence sur la salle alors qu’il rendait la parole au président.