L’hémicycle de l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une scène d’une violence verbale et politique rarement atteinte. Sous les ors de la République, Jean-Philippe Tanguy, le “monsieur budget” du Rassemblement National, a littéralement “éteint” la représentante du gouvernement lors d’un débat crucial sur le budget 2025. Ce qui devait être une séance de questions-réponses classique s’est transformé en un réquisitoire implacable, laissant la Ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, dans une position de vulnérabilité extrême.

Le ton a été donné dès les premières secondes. Avec une froideur chirurgicale, Jean-Philippe Tanguy a pointé du doigt ce qu’il appelle “une véritable boucherie fiscale pour les classes moyennes”. Pour le député de la Somme, les chiffres présentés par le gouvernement ne sont pas seulement faux, ils sont le résultat d’une stratégie délibérée de dissimulation. “Monsieur le Premier ministre, vous avez menti !”, a-t-il lancé, provoquant un tollé sur les bancs de la majorité, avant de se tourner vers la Ministre pour dénoncer une “gestion pathétique de la caste macroniste”.

L’argumentaire de Tanguy repose sur un constat sombre : la France est en ruine. Il accuse l’exécutif d’avoir laissé filer le déficit tout en multipliant les taxes qui asphyxient les familles et les entreprises. Lors de cet échange, il a utilisé des termes d’une rare dureté, parlant de “flagrant délit de faillite frauduleuse”. Selon lui, le gouvernement savait dès le départ que les prévisions de croissance étaient “bidon” et que les impôts de 2026 seraient encore plus lourds pour compenser les erreurs passées.

La Ministre, tentant de répondre avec le calme et la méthode qu’on lui connaît, a été systématiquement coupée par la précision des rappels au règlement et les chiffres avancés par le député RN. Amélie de Montchalin a tenté de défendre la rigueur du gouvernement et la baisse du déficit à 5,4 %, mais la réplique de Tanguy a été immédiate : “C’est un monde parallèle ! Pendant que vous discutez de quelques millions pour les métropoles, le patron de Michelin, celui d’Arcelor et des milliers de PME nous disent que l’économie s’écroule.”

L’humiliation est devenue palpable lorsque Jean-Philippe Tanguy a évoqué la “diversion permanente”. Il a reproché au gouvernement d’agiter des peurs — notamment sur la fermeture des hôpitaux ou des maisons de retraite — pour forcer le passage d’un budget qu’il juge illégitime. “Nos anticorps démocratiques fonctionnent mal”, a-t-il martelé, dénonçant une alliance de circonstance entre les LR, les socialistes et les macronistes pour faire passer des hausses d’impôts “en douce”, alors que le pays réclame une rupture.

Ce face-à-face symbolise le blocage total de la vie politique française en 2025. D’un côté, un pouvoir qui tente de maintenir à flot un budget contesté par le biais de “lois de fin de gestion” et de manœuvres parlementaires ; de l’autre, une opposition RN qui se pose en dernier rempart contre ce qu’elle appelle le “tonneau des Danaïdes de la dépense publique”. Jean-Philippe Tanguy, par son style agressif mais extrêmement documenté, s’impose désormais comme le cauchemar technique de Bercy.

L’opinion publique, très réactive sur les réseaux sociaux, semble avoir déjà choisi son camp. Les extraits de cette audition où la Ministre semble chercher ses mots face aux attaques répétées de Tanguy cumulent des millions de vues. Pour les partisans du RN, c’est la preuve que le “parti unique” n’a plus de réponse face à la réalité économique. Pour les défenseurs du gouvernement, c’est une mise en scène populiste qui empêche tout débat constructif.

Quoi qu’il en soit, cette séance marquera un tournant. Elle illustre la fin d’une certaine forme de courtoisie parlementaire au profit d’un affrontement de blocs irréconciliables. Jean-Philippe Tanguy a réussi son pari médiatique : transformer un débat technique sur le PLFSS en un procès politique pour “haute trahison économique”. La menace de censure plane plus que jamais sur le gouvernement, alors que les Français, spectateurs de ce duel violent, attendent toujours des solutions concrètes pour leur pouvoir d’achat.

Souhaitez-vous que je revienne sur les 60 milliards d’économies proposés par le RN pour éviter ces hausses d’impôts ? Voulez-vous que je vous détaille les chiffres précis du déficit 2025 contestés par Jean-Philippe Tanguy ?