L’atmosphère des salles de commission de l’Assemblée nationale est souvent feutrée, rythmée par le jargon administratif et la courtoisie parlementaire. Mais lors de l’audition très attendue des dirigeants de Radio France, le cadre a volé en éclats. Ce qui devait être une séance de contrôle budgétaire et éditorial classique s’est transformé en un affrontement frontal d’une violence rare entre le rapporteur de la mission et le président de la commission. Un duel de pouvoir qui a laissé les invités, dont la PDG Sibyle Veil, spectateurs d’une fracture politique profonde au cœur même de l’institution.

Le feu aux poudres a été mis par une question précise du rapporteur concernant la neutralité politique de certaines antennes du groupe public. En pointant du doigt des chroniques jugées “orientées” et une gestion des ressources humaines qu’il estime opaque, le rapporteur a déclenché une réaction immédiate et épidermique du président de séance. Ce dernier, garant de l’ordre des débats, a accusé son collègue de “sortir de son rôle” pour mener un “procès d’intention idéologique” contre le service public.

“Monsieur le rapporteur, vous n’êtes pas ici pour faire de la politique politicienne sur le dos des journalistes !”, a martelé le président, coupant le micro à son interlocuteur. La réplique ne s’est pas fait attendre. Dans un brouhaha soudain, le rapporteur a dénoncé une tentative de “censure parlementaire”, affirmant que son droit de contrôle était bafoué par une présidence qu’il juge partiale. “Si on ne peut plus poser de questions sur l’utilisation de l’argent des Français à Radio France, alors cette commission n’a plus lieu d’être !”, a-t-il lancé avec une virulence qui a glacé l’assistance.

Pendant plusieurs minutes, le débat sur le fond — à savoir l’avenir du média radio, la fusion éventuelle avec France Télévisions et les économies d’échelle — a été totalement éclipsé par ce conflit d’ego et de prérogatives. Les dirigeants de Radio France, assis au centre de l’arène, ont assisté à ce spectacle avec un mélange de gêne et de stupéfaction. Pour Sibyle Veil, cette audition “paranormale” illustre la difficulté croissante de débattre sereinement du service public dans un climat de polarisation extrême.

L’enjeu derrière ces éclats de voix est pourtant crucial. Le rapporteur, s’appuyant sur des notes internes et des témoignages de salariés, souhaitait mettre en lumière des dysfonctionnements dans la répartition des budgets entre les différentes stations du groupe (France Inter, France Culture, France Info). De son côté, le président défendait une vision d’indépendance totale, refusant que le Parlement ne s’immisce dans les choix éditoriaux des rédactions. Deux visions de la démocratie et du contrôle parlementaire se sont percutées de plein fouet.

Les échanges ont été si tendus que la séance a dû être suspendue quelques minutes pour “calmer les esprits”. À la reprise, le ton est resté sec, les regards fuyants. Le rapporteur a fini par poser ses questions, mais les réponses des dirigeants ont été parasitées par les piques que les deux députés continuaient de s’échanger à voix basse. Ce “match dans le match” a donné l’image d’une commission fracturée, incapable de mener à bien sa mission d’évaluation dans des conditions décentes.

Sur les réseaux sociaux, les extraits de ce clash ont immédiatement circulé, chaque camp politique utilisant la séquence pour dénoncer soit “l’arrogance du pouvoir”, soit “l’agressivité de l’opposition”. Cette audition de Radio France restera comme le symbole d’une institution parlementaire où le consensus est devenu une exception et la confrontation la règle.

En conclusion, si la PDG de Radio France a pu repartir avec ses dossiers sous le bras, le véritable perdant de cette journée est le débat démocratique. Quand le rapporteur et le président en viennent aux mains (verbalement) de cette façon, c’est toute la crédibilité du contrôle parlementaire qui est entachée. La “chaleur” ressentie dans l’hémicycle n’était pas celle d’un débat passionné, mais celle d’un système qui s’échauffe dangereusement sous la pression des antagonismes partisans.

Souhaitez-vous que je vous détaille les points précis du rapport sur Radio France qui ont déclenché cette colère ? Voudriez-vous connaître la réaction officielle des syndicats de journalistes suite à cette audition houleuse ?