Au moment où Marine Le Pen écope d’une condamnation retentissante, un vent de panique souffle discrètement dans les couloirs du pouvoir : les enquêtes visant LFI et le MoDem vont-elles enfin aboutir, révélant des zones d’ombre, des pratiques opaques, des irrégularités présumées et des témoignages dérangeants que les partis concernés préféreraient voir disparaître, tandis que magistrats, policiers et collaborateurs décrivent en coulisses une atmosphère électrique, où chacun redoute que les prochaines décisions judiciaires provoquent un bouleversement sans précédent au sommet de l’État.

La condamnation de Marine Le Pen a provoqué une déflagration politique dont l’écho résonne encore sur les plateaux télévisés, dans les rédactions et jusque dans les couloirs feutrés de l’Assemblée nationale. Mais au-delà du choc immédiat, une interrogation monte, insistante, presque inévitable : si le Rassemblement national est aujourd’hui au centre de la scène judiciaire, qu’en est-il des affaires visant d’autres partis, notamment La France insoumise et le MoDem ? Ces dossiers, parfois complexes, souvent opaques, ressurgissent à chaque secousse politique, comme si la justice française tentait discrètement de rappeler que personne n’est intouchable.

Du côté de LFI, plusieurs enquêtes demeurent ouvertes, certaines depuis plusieurs années. L’affaire des assistants parlementaires européens, qui avait déjà éclaboussé d’autres formations politiques, revient aujourd’hui dans la lumière. Plusieurs magistrats chargés du dossier confient, sous couvert d’anonymat, que les investigations progressent lentement mais sûrement, alimentées par de nouveaux documents et des auditions internes. Des anciens collaborateurs, parfois en rupture avec le mouvement, auraient fourni des éléments jugés « significatifs », sans que leur nature exacte ne soit rendue publique. La question des emplois réellement exercés, du financement de certaines activités militantes et du rôle des permanents politiques serait au cœur des interrogations.

En parallèle, une autre enquête, plus récente, concerne des dépenses liées à des campagnes électorales locales. Des factures, des prestations externalisées et des contrats de communication font aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. Les enquêteurs tentent de déterminer s’il y a eu surfacturation ou utilisation détournée de fonds publics, un soupçon qui, même en l’absence de certitude, suffit à alimenter les spéculations. Chez LFI, certains dénoncent une instrumentalisation politique, tandis que d’autres reconnaissent, en privé, qu’une mise au clair serait bienvenue pour éviter que les rumeurs n’enflement davantage.

Le MoDem, lui, n’est pas davantage épargné. L’affaire des assistants parlementaires européens, qui remonte à plusieurs années, demeure une plaie ouverte. Bien que plusieurs mises en examen aient déjà été prononcées, les conclusions définitives se font attendre. Selon plusieurs sources proches du dossier, le calendrier judiciaire pourrait s’accélérer dans les mois à venir, notamment après la décision visant Marine Le Pen, qui aurait créé, selon un magistrat, « un contexte de cohérence nécessaire pour l’ensemble des formations politiques impliquées dans ce type d’affaires ».

Les enquêteurs cherchent à déterminer si des assistants rémunérés par le Parlement européen travaillaient essentiellement pour le parti, et non pour les tâches parlementaires pour lesquelles ils étaient officiellement employés. Une nuance lourde de conséquences juridiques. Des anciens cadres du MoDem auraient confirmé des pratiques « floues » concernant l’organisation interne, ce qui pourrait peser lourd dans la procédure. Toutefois, certains responsables centrés affirment que les dysfonctionnements de l’époque relevaient plus de l’impréparation que d’une volonté de fraude.

À cela s’ajoute une atmosphère particulièrement tendue au sein du parti depuis plusieurs semaines. Plusieurs députés redoutent publiquement que la justice profite de la décision concernant Marine Le Pen pour montrer son impartialité en enclenchant des étapes décisives dans les dossiers visant d’autres formations. Une manière, disent-ils, de démontrer que la sévérité judiciaire n’est pas réservée au seul RN.

Mais au-delà des aspects strictement juridiques, c’est l’impact politique de ces potentiels rebondissements qui agite les états-majors. Car dans un climat où chaque condamnation, chaque mise en examen, chaque audition peut devenir une arme politique, le risque d’explosion médiatique est immense. Certains stratèges, dans les deux camps, reconnaissent redouter un effet domino : une affaire relancée en entraîne une autre, et la perception publique se transforme en quelques jours.

Ce phénomène est d’autant plus probable que l’opinion française est désormais très sensible à la question de l’intégrité politique. Après des années marquées par des scandales successifs – emplois fictifs, financement illégal de campagnes, conflits d’intérêts, favoritisme – la moindre affaire non résolue devient une bombe en attente d’explosion. Les médias, eux, sont prêts. Chaque révélation, chaque audition, chaque fuite nourrit l’emballement général.

Dans ce climat électrique, plusieurs observateurs notent que la justice semble accélérer le rythme. Non par volonté de cibler un clan ou un autre, assurent les magistrats, mais par souci de cohérence institutionnelle : rendre des décisions dans un délai raisonnable, clarifier les responsabilités et éviter les suspicions d’instrumentalisation.

La condamnation de Marine Le Pen joue ici un rôle catalyseur. Elle rappelle que les procédures avancent, parfois lentement, mais qu’elles aboutissent. Et surtout, elle place les autres affaires sous une lumière plus crue. Car si le RN est aujourd’hui sous le feu des projecteurs, LFI et le MoDem savent que leur tour pourrait venir plus vite que prévu.

Dans les prochains mois, le paysage politique pourrait donc être profondément remodelé. Entre les décisions de justice attendues, les recalibrages stratégiques et les réactions de l’opinion, chaque mouvement comptera. Certains y voient une opportunité pour assainir la vie politique française, d’autres une menace pour la stabilité institutionnelle.

Une chose est sûre : le chapitre judiciaire ne fait que commencer.