💥 RÉVÉLATION CHOC 😱 : « Je retrouve le plaisir de vivre » 🌙 Clarisse, cachée dans un faux plafond pendant l’attentat au Bataclan, raconte pour la première fois son incroyable survie 💔 Entre peur extrême, souvenirs traumatisants et reconstruction bouleversante, son témoignage intime dévoile des détails jamais entendus 🎬 Coincidence ou miracle ? Chaque mot frappe le cœur et rappelle l’horreur de cette nuit, tout en montrant la force exceptionnelle de l’esprit humain 🔥 👉 Découvrez tous les détails dans le premier commentaire 👇👇

Rescapée des attentats du 13 novembre 2015, Clarisse Faure était l’une des premières à savoir que la mort arrivait au Bataclan et l’une des dernières à sortir de la salle, cachée pendant près de quatre heures dans un faux plafond. Dix ans après, la Lorientaise raconte les étapes de sa reconstruction.
Nous l’avions interviewée au lendemain de l’attentat du 13 novembre 2015. Elle ne s’en souvient pas. « J’ai plein de trous de mémoire de cette période ». Alors âgée de 24 ans, elle était au concert d’Eagles of Death Metal au Bataclan avec des amis lorientais. « À peine sortie de la salle, je me disais, c’est terminé. Mais tout ne faisait que commencer. L’attentat est terrible. L’après est très difficile. Comme pour un deuil, il y a plusieurs étapes à traverser. »

« Le concert d’Eagles of Death Metal venait de commencer. Avec mon pote Thibault on a voulu sortir de la salle pour retirer de l’argent et commander des bières. Au moment où le videur allait nous mettre un tampon dans le sas d’entrée, des coups de feu ont retenti dans la rue. J’ai alors vu la mort dans les yeux du videur. Thibault m’a pris le bras violemment, pour me tirer vers l’intérieur. On est retourné dans la salle. Thibault est parti tout droit et a trouvé une sortie en 5 minutes ; il a été le premier à sortir du Bataclan. Moi je suis allée dans la fosse, peut-être pour retrouver notre copine Marie-Jeanne. J’ai poussé plein de gens, je criais « ça tire ! » Puis j’ai entendu les coups de feu dans la salle. Quand j’ai vu le chanteur balancer sa guitare, ça a confirmé ma peur. Les terroristes tiraient vers la fosse. On s’est tous couchés à plat ventre. C’est le souvenir le plus insupportable. Je me suis dit « si tu restes, tu vas mourir à 24 ans pour un concert de redneck. »

Puis je n’ai pas pu imaginer ma famille en deuil. Ça m’a donné la force de me lever. Et j’ai repensé à James Bond, dont je suis fan. J’ai scanné autour de moi, attendu une accalmie. À droite de la scène, il y avait une petite porte. Des gens se sont levés en même temps que moi. »

Dans un faux plafond

« On s’est engouffré dans un escalier, moi en tête de file. On a monté deux étages, pour se retrouver dans une loge de 10 m² où on s’est enfermé. Puis, je suis montée sur les toilettes, au fond. J’ai défoncé le faux plafond avec l’aide d’un gars costaud, qui m’a ensuite poussée dans le plafond. J’ai rampé, ça faisait 50 cm de haut. On a enlevé la laine de verre, les fils électriques. Tout le monde s’est aidé à monter. On était une cinquantaine. On entendait les tirs en bas. Puis, il y a eu la prise d’otage dans le couloir juste en dessous. J’étais au-dessus de l’assaut de la BRI. Quand les terroristes ont explosé, mon corps s’est soulevé. J’avais peur que ça s’effondre. À aucun moment tu te dis que tu vas survivre. Après le vacarme, le silence. On a appelé les flics pour qu’ils viennent nous chercher. Quand on a vu les hommes de la BRI, j’ai eu peur qu’ils pensent que j’étais une terroriste car je ne pleurais pas. Tellement sous le choc, je n’avais pas d’émotion. Quand on est repassé dans la fosse, Patrick, qui était avec moi là-haut, m’a caché les yeux. J’ai aperçu les horreurs, mais pas dans la longueur. On a été les derniers à être évacués, après 1 h du matin. »

« On a tous été rassemblés à la mairie du XIe, où j’ai retrouvé Marie-Jeanne vivante. J’ai pris un taxi pour rentrer chez moi et retrouver mon copain. Je me cachais, persuadée que les terroristes allaient me finir. J’ai dormi deux heures. Au réveil, je pensais que c’était un cauchemar. Puis j’ai senti la laine de verre en avalant ma salive. Le lendemain, je suis revenue à Lorient, en voiture avec le père de Thibault. »

Les jours d’après

« Au début, les gens prennent soin de toi. Tu racontes ton histoire. Tu vis en pilote automatique. Même à Lorient, j’étais en hypervigilance. J’avais l’impression que j’allais me faire tirer dessus. Quand j’arrivais dans un café, je vérifiais les plafonds et issues de secours. Pendant trois mois, chez mes parents, je regardais des vidéos, je voulais comprendre. Grâce à l’association de victimes des attentats Life for Paris, j’ai pu retrouver des gens qui étaient avec moi dans les toilettes, recomposer le puzzle. Et sur ses conseils, j’ai fait des séances d’EMDR pour traiter le stress post-traumatique. Ça m’a permis de vomir les émotions, l’horreur. Je dormais bien, mais j’ai fait beaucoup de cauchemars : les terroristes me trouvaient dans le plafond et me tuaient. »

La fuite au Canada

« En janvier 2016, je suis partie vivre au Canada, avec mon compagnon. Il fallait que je m’éloigne physiquement. La France était devenue un danger. Mais c’est le début de la descente aux enfers. Je travaillais dans un centre d’appels. Je me suis séparée de mon compagnon, qui avait aussi été traumatisé à sa manière. Je l’aimais mais je voulais le préserver. Je suis restée à Vancouver, jusqu’à la première commémoration. Après, je me sentais prête à me reconstruire à Lorient. »

Boire pour sortir

« Mais c’est une nouvelle descente aux enfers qui commence. Diplômée de communication, j’avais prévu de bosser à Paris. Mais, là, c’était hors de question. Pour moi, Paris, c’était la mort. En Bretagne, je n’ai essuyé que des refus. Au chômage, perdant mes repères, j’écumais les bars, la nuit, du mardi au samedi. À Lorient, je me sentais plutôt en sécurité. Mais j’avais besoin de boire pour sortir, aller à des concerts. »

« J’ai redémarré une nouvelle vie, à Nantes, en septembre 2017, en commençant une formation de code informatique. Le déclic a été un reportage à la télé sur ce métier. Petite, j’aimais bricoler des sites internet. À Nantes, je me suis passionnée pour le stoner (un sous-genre psyché du rock et du metal) à la salle Michelet où je me suis fait des amis. Être dans un concert, entourée de gens qui vivent la même passion, ça fait partie des moments où je me sens le mieux. Eagles of Death Metal étant un groupe de niche, j’ai recroisé des personnes qui étaient au Bataclan dans des festivals. Certains sont devenus des amis. Et avec Thibault, un lien spécial nous unit à tout jamais. Puis, pour devenir designer web, j’ai trouvé une alternance à Paris. J’ai pris sur moi. Voilà sept ans que je travaille dans cette entreprise en CDI. J’ai un employeur en or qui m’a permis de faire 100 % de télétravail à Lorient. Ils sont au courant de mon histoire. Ce travail m’a remise dans la vie normale. J’étais devenue nihiliste, négative. Aujourd’hui, j’ai retrouvé l’amour, j’ai un bébé, un travail qui me passionne. Ça va beaucoup mieux. Je retrouve le plaisir de vivre. »


Clarisse assistait à des concerts rock jeudi 6 novembre, lors du festival Les IndisciplinéEs à Lorient, avec des amies. (Photo : THIERRY CREUX/ OUEST-FRANCE)
Lors du procès des responsables de l’attentat, le 6 octobre 2021, Clarisse a témoigné à la barre. Elle s’est adressée aux accusés « Vous m’avez volé le plaisir des soirées insouciantes. Le plaisir d’aller au ciné, de marcher dans la rue sans paniquer. De vivre sans angoisse. Tout simplement. » Le président de la Cour d’assises spéciale l’a qualifiée d’ « héroïne ». « Vous avez sauvé des vies. » « En ouvrant cette porte, je me suis sauvée, moi, des gens ont suivi », dit-elle simplement aujourd’hui.

Clarisse sera aux commémorations à Paris. « Des rescapés qui d’habitude ne viennent pas feront le déplacement, comme Thibault. Je n’en ai pas loupé une. En 2016, je voulais rencontrer des personnes qui me comprenaient. C’était thérapeutique. C’est le seul moment où je peux parler librement, sans avoir peur de choquer, de bouleverser. Mais à chaque fois, c’est le même stress. Je fais un cauchemar la veille. Et je me sens très vulnérable dans le train et le métro. Je dissocie, musique dans les oreilles, et j’attends que ça passe. Ma peur de mourir à Paris est omniprésente. Mais c’est important d’y être. On termine à chaque fois dans un bar avec les rescapés pour célébrer la vie, le rock. Je ne suis en revanche jamais retourné au Bataclan voir un concert. J’y suis retournée une fois pour visiter les lieux et refaire mon tracé. Pour moi, c’est un tombeau. Ça me heurte que des scènes de la série Des vivants y ont été tournées. Mais je trouve qu’elle raconte bien les étapes de l’après. Ça me réconforte qu’on continue de parler de nous. »