✍️ Le “SMSgate” : La Chute de la Reine de l’Europe ?

C’est le scandale qui pourrait lui coûter son poste. La justice européenne a tranché (ou le New York Times a gagné son procès) : l’opacité n’est plus une option. Ursula von der Leyen est acculée. On l’accuse d’avoir effacé ou dissimulé des messages cruciaux concernant l’achat massif de doses de vaccin Pfizer.

La vérité qui éclate au grand jour est celle d’une diplomatie parallèle hors de tout contrôle démocratique. Le détail explosif ? Les juges estiment que le public a le droit de savoir si des faveurs ont été accordées ou si le prix des doses a été négocié au détriment des contribuables via ces fameux SMS. Ce témoignage d’une gestion “en sous-marin” est le premier signe d’une crise de confiance majeure. Si ces messages prouvent un conflit d’intérêts, c’est tout l’édifice européen qui vacille.

L’Europe politique vient de connaître l’une de ses secousses les plus violentes de la décennie. Ce que beaucoup appelaient avec mépris une “théorie du complot” est devenu, par la force d’un arrêt de justice historique rendu le 14 mai 2025, une affaire d’État européenne. Le Tribunal de l’Union européenne a officiellement condamné le manque de transparence de la Commission européenne concernant les fameux SMS échangés entre sa présidente, Ursula von der Leyen, et Albert Bourla, le PDG du géant pharmaceutique Pfizer. C’est le cœur du réacteur de la gestion de la pandémie qui vient d’être exposé au grand jour.

Tout commence dans l’urgence sanitaire de 2021. Alors que le monde cherche désespérément une sortie de crise, des contrats titanesques sont signés. Le plus impressionnant d’entre eux porte sur 1,8 milliard de doses de vaccins, pour un montant astronomique de 35 milliards d’euros. Mais un détail trouble les observateurs : ce contrat n’aurait pas été négocié uniquement par les canaux officiels, mais via des échanges directs de SMS entre la cheffe de l’exécutif européen et le patron de Pfizer. Une diplomatie du “texto” qui court-circuite toutes les procédures habituelles de passation de marchés publics.

Pendant trois ans, la Commission européenne a joué la montre, opposant un refus catégorique aux journalistes, notamment ceux du New York Times, qui réclamaient l’accès à ces documents au nom du droit à l’information. La ligne de défense de Bruxelles était aussi fragile qu’audacieuse : “ces SMS n’ont pas été archivés car ils sont de nature éphémère”. En clair, ils auraient disparu. Une explication qui n’a pas convaincu les juges de Luxembourg. Le Tribunal a été cinglant : la Commission n’a fourni “aucune explication plausible” pour justifier la non-possession de ces documents.

L’émotion suscitée par cette affaire dépasse largement le cadre juridique. Elle touche au lien de confiance entre les citoyens et les institutions. Comment un contrat engageant les finances de 450 millions de citoyens a-t-il pu faire l’objet de discussions privées et secrètes ? La condamnation de la justice souligne que même au sommet de l’État européen, nul n’est au-dessus des règles de transparence. L’arrêt de la Cour renverse la présomption de non-existence de ces messages, obligeant désormais l’exécutif à faire la lumière sur ces échanges qui pourraient contenir des détails cruciaux sur le prix des doses (qui a mystérieusement augmenté) et les clauses de responsabilité.

L’onde de choc est d’autant plus forte que cette condamnation intervient dans un climat de suspicion croissante. Des plaintes au pénal, notamment en Belgique, pour “destruction de documents publics” et “corruption”, planent toujours sur ce dossier. Si les SMS sont finalement exposés, que découvrirons-nous ? Des liens d’amitié trop étroits ? Des négociations tarifaires contraires aux intérêts des contribuables européens ? La justice a ouvert la boîte de Pandore, et le contenu des messages secrets d’Ursula von der Leyen pourrait bien sceller son avenir politique.

Ce “Pfizergate” n’est plus seulement une affaire de vaccins ; c’est le procès d’une méthode de gouvernance centralisée et opaque. En refusant de rendre des comptes, la Commission a nourri les critiques les plus acerbes contre Bruxelles. Aujourd’hui, avec ce verdict, le vent tourne. La transparence n’est plus une option, mais une obligation légale confirmée par les plus hautes instances. Pour les défenseurs de la démocratie, c’est une victoire majeure contre “l’arbitraire de cabinet”.

Le combat pour la vérité ne fait que commencer. La Commission a maintenant deux mois pour décider si elle fait appel ou si elle livre enfin ces messages qui brûlent les doigts de l’administration européenne. Une chose est sûre : le silence ne sera plus accepté. Les citoyens attendent de savoir si leur santé et leur argent ont été gérés avec l’intégrité que leur fonction exige, ou si les intérêts d’une multinationale ont primé sur l’intérêt général. Le scandale Pfizer est désormais une affaire de justice, et les messages secrets de Von der Leyen sont la clé d’un dossier qui pourrait redéfinir les règles du pouvoir en Europe.