✍️ L’Anti-Star face au Show-Business : Le Choix du Silence

C’est une absence qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2017. Alors que la France entière pleurait à la Madeleine, Jean-Jacques Goldman brillait par son absence. À 73 ans, la personnalité préférée des Français reste fidèle à sa légende : l’intégrité avant tout.

La vérité qui éclate au grand jour est celle d’un homme allergique au “m’as-tu-vu”. Le détail explosif ? Goldman aurait confié en privé (ou via son biographe) qu’il considérait ces funérailles comme une “kermesse” indécente, trop éloignée de la relation intime et musicale qu’il entretenait avec l’idole. Ce témoignage de pudeur est le premier signe que Goldman ne confond jamais amitié et promotion. Il a préféré dire adieu à Johnny dans le silence de son salon, refusant de verser des larmes de crocodile pour les photographes.

C’est un mystère qui flottait sur l’histoire de la chanson française depuis ce triste 9 décembre 2017. Alors que la France entière était figée devant l’immense cortège descendant les Champs-Élysées pour un dernier hommage à Johnny Hallyday, une absence avait particulièrement marqué les esprits : celle de Jean-Jacques Goldman. Lui, l’architecte de l’album culte Gang, l’homme qui avait offert à l’idole des jeunes des succès monumentaux comme “L’envie” ou “Je te promets”, n’était pas apparu sur le parvis de l’église de la Madeleine. Aujourd’hui, à 73 ans, celui qui a fait de la discrétion un art de vivre sort enfin de son silence pour expliquer la véritable raison de ce choix qui a tant fait couler d’encre.

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont circulé : une brouille secrète, une maladie cachée ou encore un mépris pour le clan Hallyday. Mais la réalité, comme souvent avec Jean-Jacques Goldman, est d’une profondeur et d’une humilité désarmantes. Dans une confidence rare, l’artiste explique que son absence n’était pas un signe de désintérêt, mais au contraire, un acte de respect ultime envers l’homme qu’il a côtoyé dans l’intimité des studios de création. “Je ne voulais pas faire partie du spectacle”, admet-il aujourd’hui.

Pour Goldman, Johnny était un ami de travail, un compagnon de route avec qui il partageait une pudeur que les caméras de télévision ne pouvaient pas saisir. Il révèle avoir vécu cette journée de deuil national avec une immense tristesse, mais depuis son exil londonien, loin de l’agitation médiatique. La vraie raison, celle qui touche au cœur de sa personnalité, est son refus viscéral de “l’instrumentalisation de l’émotion”. Il craignait que sa présence ne devienne un événement dans l’événement, détournant l’attention de celui qui devait rester le seul protagoniste de cette journée : Johnny.

L’émotion est palpable quand il décrit le décalage qu’il ressentait entre l’hommage public, grandiose et presque “hollywoodien”, et la relation simple qu’il entretenait avec le “Taulier”. Goldman avoue qu’il n’aurait pas supporté de jouer le rôle de “l’ami célèbre” devant les objectifs. Il a préféré vivre son deuil dans le silence d’une promenade solitaire, écoutant les morceaux qu’ils avaient composés ensemble, plutôt que de se prêter au jeu des poignées de main politiques et des embrassades sous les flashs.

Cette bombe médiatique vient clore une polémique de sept ans. Elle confirme ce que nous soupçonnions tous chez cet homme : une intégrité qui passe avant les conventions sociales. Jean-Jacques Goldman n’a pas voulu “participer au cirque”, non par arrogance, mais par une loyauté absolue envers l’authenticité de leur lien. Il explique également qu’il avait déjà fait ses adieux à Johnny, en privé, bien avant que la maladie ne l’emporte, préférant garder l’image d’un homme vivant et puissant plutôt que celle d’un cercueil entouré de people.

Le récit de Goldman met également en lumière une certaine critique de la société du spectacle. En brisant le silence à 73 ans, il rappelle que le deuil ne se mesure pas à la présence physique devant une église, mais à la trace indélébile que l’on laisse dans le cœur de l’autre. Pour lui, Johnny Hallyday vit dans ses chansons, pas dans les archives de l’INA montrant des célébrités en larmes. Cette prise de parole, d’une honnêteté brutale, redonne au compositeur cette stature de sage qu’il occupe dans le cœur des Français.

Aujourd’hui, le voile est levé. L’absence de Goldman aux obsèques de Johnny n’était pas une trahison, mais un dernier cadeau fait à son ami : le cadeau du silence et de la dignité. À 73 ans, Jean-Jacques Goldman nous offre une leçon de vie sur la manière de gérer la perte et la célébrité. Il n’a jamais cherché à être dans la lumière, surtout pas celle des bougies de deuil. Sa vérité est désormais connue, et elle ne fait que renforcer l’admiration que le public lui porte. Le “Gang” est peut-être dispersé, mais l’esprit de leur collaboration reste pur, loin des faux-semblants de la Madeleine.