Le paysage audiovisuel français est en pleine ébullition, et au cœur de cette tempête se trouve l’un des visages les plus prometteurs mais aussi les plus exposés de France Télévisions : Théo Curin. Depuis le 9 septembre 2024, le jeune athlète paralympique de 24 ans a relevé un défi colossal en succédant à l’inamovible Cyril Féraud à la présentation de “Slam” sur France 3. Mais après seulement quelques mois d’exercice, l’heure est au premier bilan, et celui-ci s’avère pour le moins contrasté, entre une stratégie de chaîne impitoyable et des chiffres qui peinent à égaler ceux de son prédécesseur.

Une succession sous haute surveillance

Le départ de Cyril Féraud pour “Tout le monde veut prendre sa place” sur France 2 avait laissé un vide immense. Pour marquer cette nouvelle ère, la production de “Slam” n’a pas lésiné sur les moyens : nouveau logo, décor modernisé, et surtout, une évolution majeure des règles permettant désormais au champion de rester en lice jusqu’à une semaine entière. Théo Curin, avec son énergie communicative et son parcours inspirant, semblait être le candidat idéal pour incarner ce renouveau.

Pourtant, le verdict des audiences est tombé. Entre le 9 septembre et le 25 novembre 2024, “Slam” a réuni en moyenne 1,05 million de téléspectateurs, soit 12,9 % de part de marché. Si ces résultats restent honorables, ils marquent un recul significatif par rapport à l’année précédente. Sur un an, l’émission accuse une perte de 112 000 fidèles et une baisse de 1,1 point de part d’audience. Théo Curin se retrouve ainsi dans une position délicate, moins “puissant” que son prédécesseur, alors même que l’émission voisine, “Duel en famille”, affiche une santé insolente.

L’ombre des déprogrammations : un coup d’arrêt brutal ?

Comme si la pression des audiences ne suffisait pas, Théo Curin doit faire face à une série de déprogrammations qui viennent casser la dynamique de l’émission. Ce samedi 30 novembre 2024, “Slam” est purement et simplement évincé de l’antenne au profit du Téléton, parrainé cette année par le chanteur Mika. Si cette cause est noble et annuelle, elle n’est que le début d’un véritable tunnel d’absences pour l’animateur.

Le calendrier sportif de décembre vient en effet jouer les trouble-fête. Le 7 décembre, c’est le rugby avec l’affiche Toulon contre son adversaire du jour qui prendra la place des jeux habituels de France 3. Le 15 décembre, rebelote : le match opposant Toulouse aux Glasgow Rangers privera une nouvelle fois les fans de mots croisés de leur rendez-vous quotidien. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une suppression “définitive” au sens strict du terme, cette multiplication d’interruptions inquiète les observateurs. En télévision, l’habitude est reine, et de telles absences risquent d’éroder encore davantage le socle de fidèles de l’émission.

Quel avenir pour Théo Curin sur France 3 ?

Face à ces vents contraires, Théo Curin garde le cap avec la détermination qu’on lui connaît. À 24 ans, il apprend le métier d’animateur sous le regard parfois sévère d’un public nostalgique de l’ère Féraud. La stratégie de France 3 semble être celle de la patience, mais dans un univers où chaque point de part de marché compte, la marge de manœuvre est étroite.

Le jeune animateur doit non seulement apprivoiser une mécanique de jeu complexe mais aussi imposer son style propre pour transformer l’essai. Les semaines à venir seront décisives. Si “Slam” reste à retrouver quotidiennement à 17h25 sur France 3 (hors jours de déprogrammation), le défi pour Théo Curin sera de reconquérir le cœur des téléspectateurs et de prouver qu’il est bien l’homme de la situation, malgré les aléas de la grille de programmation. La route est encore longue, mais pour celui qui a l’habitude de défier les pronostics sportifs, la partie est loin d’être perdue.