Le philosophe Michel Onfray, connu pour sa liberté de ton et son analyse sans concession de la société contemporaine, a une nouvelle fois jeté un pavé dans la mare lors de son récent passage médiatique. Dans un contexte de tensions sociales extrêmes en France et d’un conflit qui s’enlise en Europe de l’Est, le fondateur de l’Université populaire de Caen livre une critique acerbe de la gouvernance d’Emmanuel Macron et de l’alignement géopolitique de la France.

Une France fracturée : Le mépris du peuple comme moteur

Pour Michel Onfray, la situation actuelle de la France, marquée par la contestation massive contre la réforme des retraites, n’est que le symptôme d’un mal beaucoup plus profond : le mépris de l’élite dirigeante envers le peuple. « Emmanuel Macron n’a pas appris à aimer le peuple », affirme-t-il avec force. Selon le philosophe, le président de la République gère le pays comme une entreprise ou, pire, comme une pièce sur un échiquier mondial, ignorant les réalités quotidiennes de ceux qu’il appelle les « gens modestes ».

Onfray souligne l’injustice flagrante de la politique actuelle avec une formule percutante : « Fort avec les faibles et faible avec les forts ». Il illustre ses propos en opposant la rapidité avec laquelle des fonds sont débloqués pour l’armement en Ukraine à l’impossibilité de garantir un repas à un euro pour tous les étudiants français. Pour lui, voir des étudiants contraints de livrer des pizzas ou de travailler comme caissières pour survivre pendant que l’État finance un conflit extérieur est le signe d’une déconnexion totale de la réalité nationale.

La réforme des retraites : La goutte d’eau qui fait déborder le vase

Sur le dossier des retraites, Onfray analyse le rejet des Français non pas comme un simple refus de travailler plus, mais comme l’expression d’un ras-le-bol accumulé depuis le référendum de 2005. Le sentiment d’avoir été « floué » par le traité de Lisbonne, qui a contourné le vote populaire, reste une blessure ouverte. Pour lui, la rue se radicalise car elle sent que le dialogue démocratique est rompu. L’Assemblée nationale, qu’il compare à la Quatrième République en raison de son impuissance et de son chahut permanent, ne semble plus être le lieu de la décision souveraine.

Le conflit ukrainien : Une « guerre fabriquée » ?

C’est sur le terrain de la politique étrangère que Michel Onfray porte les coups les plus durs. Il ne craint pas d’affirmer que la guerre en Ukraine a été « fabriquée » et que les Européens sont « tombés dans le panneau ». Loin de nier l’agression russe, il replace le conflit dans une perspective historique de dix ans, dénonçant l’échec de la diplomatie occidentale et l’influence du complexe militaro-industriel américain.

Il s’interroge sur l’intérêt réel des Français dans cette « cobelligérance » qui ne dit pas son nom. « Pourquoi choisissons-nous nos guerres ? », demande-t-il, soulignant que la France semble suivre aveuglément les directives d’Ursula von der Leyen et des intérêts américains. Pour Onfray, l’économie américaine est la seule véritable bénéficiaire de ce chaos, vendant son gaz de schiste à prix d’or à une Europe qui a sabordé sa propre indépendance énergétique.

Vers une reconquête de la souveraineté

Michel Onfray s'explique sur son refus de participer à l'Emission politique  (VIDEO) - Télé 2 Semaines

Le cri du cœur de Michel Onfray est un appel à la paix et au retour de la souveraineté française. Il refuse la simplification binaire qui consisterait à être soit « pro-Poutine », soit « belliciste ». « Ce que je préfère dans la guerre, c’est la paix », martèle-t-il. Il plaide pour une diplomatie française autonome, capable de parler à toutes les parties et de défendre les intérêts de ses propres citoyens avant ceux des puissances mondiales.

Il déplore la destruction programmée de la diplomatie française par les gouvernements successifs, transformant un outil d’influence mondial en un instrument de copinage politique. Pour le philosophe, il est temps de « remettre l’église au cœur du village » et de redonner à la France sa capacité à décider de ses alliances et de son destin.

Conclusion : Un réveil nécessaire

Le message de Michel Onfray est clair : la France traverse une crise d’identité et de souveraineté majeure. Entre un pouvoir qui semble mépriser les souffrances populaires et un alignement international qui nous entraîne dans un conflit aux conséquences économiques désastreuses, le pays est à la croisée des chemins. Cet article invite à une réflexion profonde sur ce que signifie être une nation souveraine au XXIe siècle et pose la question essentielle : jusqu’à quand le peuple français acceptera-t-il de payer le prix de décisions prises loin de ses préoccupations quotidiennes ?

À travers ses derniers ouvrages, La Nef des fous 3 et Dieu, le philosophe et le rabbin, Michel Onfray continue d’explorer ces thématiques, incitant ses lecteurs à ne pas se laisser aveugler par le spectacle médiatique et à retrouver le chemin de la pensée critique.

Michel Onfray : « Tu n'es qu'un sale gueux ! », nouveau record d'audience  pour CNews | Toutelatele