L’Ombre du Volcan : Les Révélations Poignantes de Charles Aznavour sur le Clan Hallyday

Dans le silence feutré de sa demeure de Saint-Sulpice, peu avant que le rideau ne tombe définitivement sur sa propre existence à l’âge de 94 ans, Charles Aznavour a choisi de se livrer à une ultime confidence. Ce n’est pas le grand diplomate de la chanson française qui s’exprimait alors, mais l’homme, le « frère aîné » d’un Johnny Hallyday qu’il a aimé avec une ferveur et une douleur mêlées. À travers un témoignage d’une honnêteté brutale, le « vieux lion » arménien a rompu le silence sur des sujets restés tabous pendant des décennies : la fragilité suicidaire de l’idole des jeunes, les coulisses déchirantes de sa fin de vie, et surtout, ce lien inattendu et salvateur noué avec Laeticia Hallyday.

Johnny : Un Colosse aux Pieds d’Argile

Aznavour ne peint pas une icône de papier glacé. Pour lui, Johnny était ce « phénomène unique » mais aussi un « garçon perdu » qui n’avait jamais vraiment quitté la rue de la Tour des Dames. Il évoque avec amertume le goût de Johnny pour l’autodestruction, ces excès qui dépassaient le cadre du rock’n’roll pour flirter avec le néant. Aznavour confie son immense regret : celui de ne pas avoir été plus dur, de ne pas avoir confisqué les clés de cette vie qui brûlait par les deux bouts.

Parmi les révélations les plus marquantes, Aznavour lève le voile sur une tentative de suicide de Johnny à l’âge de 20 ans, après une rupture. Un secret que le rockeur portait comme une croix, par peur d’être perçu comme un lâche. Cette rage de vivre, cette démesure sur scène, n’étaient selon Aznavour qu’une manière de défier cette mort qu’il avait déjà frôlée une fois et qu’il redoutait par-dessus tout.

Laeticia : La Gardienne du Temple et la Lumière du Crépuscule

Face aux critiques acerbes qui ont souvent visé Laeticia Hallyday, Charles Aznavour prend une position ferme et protectrice. Il décrit Laeticia comme celle qui a « tenu la main d’un volcan » jusqu’à l’épuisement. S’il admet avoir d’abord été sceptique, il témoigne avoir vu de ses propres yeux l’amour « absolu et presque maladif » qu’elle lui portait. Il raconte comment elle est devenue le dernier rempart, la seule capable de poser des limites à un homme qui courait vers le vide.

Mais le point le plus bouleversant de ce récit est sans doute la relation qui est née entre Charles et Laeticia après la disparition de Johnny en décembre 2017. Aznavour raconte comment, dans le deuil partagé, une forme de tendresse infinie s’est installée entre eux. Ils s’écrivaient, se voyaient à Saint-Sulpice avec les petites Jade et Joy. Ce n’était pas une passion de jeunesse, mais un amour « tranquille et apaisé », né des souvenirs de celui qu’ils avaient tous deux tant aimé. « Elle m’appelait mon vieux lion, je l’appelais ma petite », confie-t-il avec émotion.

Une Fin de Vie entre Gloire et Pathétique

Charles Aznavour: le tournant de sa carrière à l'Alhambra en 1960

Aznavour revient également sur les dernières années de carrière de Johnny, qu’il qualifie de « grandioses et pathétiques ». Il décrit un homme tenant debout à coup de cortisone lors de la tournée des Vieilles Canailles, refusant de s’arrêter car il ne savait pas vivre sans l’adoration du public. Les confidences nocturnes de Johnny à Aznavour, alors que le cancer le rongeait, révèlent un homme terrifié par l’oubli et hanté par ses échecs paternels, notamment avec David et Laura.

Charles Aznavour conclut ce testament émotionnel en expliquant comment la mort de Johnny a emporté une partie de sa propre jeunesse. Paradoxalement, c’est grâce à Johnny qu’il avait arrêté de fumer, ne voulant pas finir « branché à une machine ». En rompant le silence, Aznavour n’a pas seulement voulu défendre Laeticia ou raconter Johnny ; il a voulu livrer une leçon universelle sur la solitude de ceux qui brillent trop fort et sur la beauté d’un engagement qui survit même à la mort.

Ce témoignage, livré avec la sagesse d’un homme qui a traversé le siècle, reste comme l’un des hommages les plus vibrants jamais rendus au Taulier. Un récit où la vérité l’emporte enfin sur la légende, et où l’amour, sous toutes ses formes, reste le dernier mot.

Mort de Johnny : Charles Aznavour charge lourdement Laeticia Hallyday ! -  Public