La disparition de Brigitte Bardot, survenue à l’aube du dimanche 28 décembre 2025, marque la fin d’une ère pour le cinéma mondial et la cause animale. Mais au-delà de l’icône, c’est une affaire de famille complexe et douloureuse qui refait surface avec l’ouverture de son testament. Nicolas Charrier, son fils unique, se retrouve aujourd’hui face aux dernières volontés d’une mère avec qui les liens n’ont jamais été que de fragiles fils tendus au-dessus d’un abîme de malentendus.

Un enfant né sous le signe du désamour

L’histoire entre Brigitte Bardot et son fils est l’une des plus singulières de la mythologie des célébrités. Né en janvier 1960 de son union avec l’acteur Jacques Charrier, Nicolas est arrivé au moment où la gloire de “B.B.” était à son apogée. Pourtant, loin de la joie maternelle classique, l’actrice a vécu cette grossesse comme un calvaire. Dans ses mémoires, elle n’avait pas hésité à utiliser des mots d’une violence inouïe, qualifiant son fils d’“objet de son malheur” et allant jusqu’à déclarer qu’elle aurait “préféré accoucher d’un petit chien”.

Ce manque d’instinct maternel a conduit à une séparation précoce. Jacques Charrier, décédé en septembre 2025, a élevé Nicolas loin des projecteurs de Saint-Tropez. Cette fracture a mené à des poursuites judiciaires mémorables pour violation de la vie privée et “atteinte à l’intimité intra-utérine”, pour lesquelles l’actrice fut condamnée. Si les rapports s’étaient légèrement apaisés ces dernières années, avec une visite annuelle de Nicolas depuis la Norvège où il réside, le poids du passé pèse lourdement sur la succession.

La Madrague et la Fondation : Un patrimoine pour les animaux

La question qui brûle toutes les lèvres est celle de la répartition du patrimoine colossal de la star. En France, la loi est stricte : on ne peut pas déshériter totalement ses enfants. Nicolas Charrier recevra donc obligatoirement une part de l’héritage de ses parents. Cependant, Brigitte Bardot avait pris les devants pour protéger son œuvre de vie : sa lutte pour les animaux.

La mythique villa de La Madrague, à Saint-Tropez, véritable sanctuaire pour la star, a déjà été intégrée au capital de la Fondation Brigitte Bardot. En faisant don de ses propriétés et de ses biens à sa fondation, l’actrice s’est assurée que la majeure partie de sa fortune continue de servir la cause animale plutôt que d’enrichir une lignée avec laquelle elle se sentait peu d’atomes crochus.

Le sort des animaux de la star

Une interrogation demeure : que deviendront les nombreux animaux qui partageaient le quotidien de l’actrice à sa mort ? Selon le droit français, les animaux sont considérés comme des “êtres vivants doués de sensibilité” mais restent soumis au régime des biens. Brigitte Bardot, prévoyante, a stipulé dans son testament le devenir de ses compagnons à quatre pattes. Ils devraient être pris en charge par sa fondation, avec des fonds spécifiquement alloués pour leurs soins et leur fin de vie.

À défaut de dispositions contraires, ce serait à Nicolas et à ses filles (les petites-filles de B.B. avec qui elle entretenait également des rapports distants) de décider de leur sort. Mais connaissant l’engagement viscéral de l’actrice, il est certain qu’elle a verrouillé chaque détail pour que son décès ne signifie pas l’abandon de ses protégés.

Un héritage moral plus que matériel

Pour Nicolas Charrier, le choc de ce testament n’est peut-être pas financier, mais symbolique. Recevoir les dernières volontés d’une mère qui a toujours préféré les chiens aux humains est une épreuve émotionnelle ultime. Entre le droit à la réserve héréditaire et la volonté farouche d’une femme de consacrer son héritage à une cause plutôt qu’à son sang, cette succession s’annonce comme l’un des feuilletons juridiques et médiatiques les plus suivis de 2026.

Au final, Brigitte Bardot reste fidèle à elle-même jusqu’après la mort : rebelle, entière, et résolument tournée vers ses “amis les bêtes”, laissant à son fils unique le soin de naviguer dans les eaux troubles d’un héritage marqué par l’ombre d’une mère hors du commun.