À la villa La Madrague, sur la presqu’île de Saint-Tropez, là où les vagues de la Méditerranée viennent lécher les rochers, une légende prépare son ultime départ. Mais contrairement à d’autres stars qui soigneraient leur postérité artistique, Brigitte Bardot – l’icône absolue de la beauté française – a choisi une voie qui stupéfie le monde entier. À plus de 80 ans, elle a signé un testament scellant le sort d’une fortune estimée à 45 millions d’euros, un document qui contient bien plus que des chiffres : c’est un aveu de vie, teinté de désillusions et de convictions farouches.

Le rejet de la gloire et la cicatrice maternelle

Le point le plus frappant de ce testament est la décision de l’actrice d’écarter son fils unique, Nicolas Charrier, de la majeure partie de sa succession. Si la loi française garantit à Nicolas une réserve héréditaire (environ 7 millions d’euros), le reste – l’immense majorité du patrimoine – sera intégralement versé à la Fondation Brigitte Bardot pour la protection animale.

Interrogée sur ce choix radical, Brigitte Bardot s’est exprimée avec une voix ferme mais empreinte d’une profonde mélancolie. Elle reconnaît que le lien avec son fils est rompu depuis longtemps, depuis cette époque où, à 26 ans, elle se sentait incapable d’être mère, dévorée par l’industrie d’Hollywood. « J’ai échoué avec mon fils dès le début », admet-elle. Pour elle, les humains ont toujours aimé l’image de « Brigitte Bardot la star » plutôt que sa personne, tandis que les animaux lui ont offert un amour inconditionnel, dépourvu de tout jugement.

Un véritable héritage qui ne se trouve pas sur pellicule

Pour le monde entier, Brigitte Bardot est l’incarnation de la liberté et de la sensualité depuis Et Dieu… créa la femme. Pour elle, cette période fut une « prison », une performance de 40 ans qui a failli détruire son identité profonde. Son testament est explicite : pas de musée, pas de statue, pas de cérémonie commémorative pour sa carrière cinématographique. Même sa célèbre villa, La Madrague, estimée à 10 millions d’euros, devra devenir un refuge permanent ou être vendue pour financer des sauvetages.

Elle l’affirme haut et fort : « Mon véritable héritage n’est pas fait de vieux films qui finiront par être oubliés, mais des lois que nous avons changées, des refuges que nous avons construits et des milliers de vies animales que nous avons sauvées. » À ses yeux, sa vie n’a réellement commencé qu’à 50 ans, lorsqu’elle a quitté les projecteurs pour se dévouer à ceux qui n’ont pas de voix.

Dernières volontés : “Ne célébrez pas ma beauté, célébrez ma bonté”

Brigitte Bardot : "Il a dormi deux ou trois nuits de suite sur la  balancelle du jardin", un homme s'est introduit à plusieurs reprises à La  Madrague - lindependant.fr

Dans un codicille ajouté en 2023, Brigitte Bardot exige des obsèques de la plus grande simplicité : aucune cérémonie officielle, aucune photo de presse, et une incinération privée. Ses cendres devront être dispersées dans le jardin de La Madrague, aux côtés de ses animaux disparus. Son ultime message au public est clair : « Si les gens veulent m’honorer, qu’ils adoptent un animal de refuge ou qu’ils fassent changer une loi cruelle. Ne me célébrez pas parce que j’ai été belle, célébrez-moi parce que j’ai essayé d’être bonne. »

Le testament de Brigitte Bardot n’est pas qu’une simple répartition de biens ; c’est un dernier acte de liberté. C’est l’histoire d’une femme qui a tout perdu pour se trouver elle-même et qui, à la fin, donne tout à ceux qui ont sauvé son âme lorsqu’elle était la plus égarée. Ces 45 millions d’euros ne serviront pas à ériger des monuments à sa gloire, mais à protéger la vie. C’est ainsi que Brigitte Bardot veut qu’on se souvienne d’elle : non pas comme une actrice, mais comme une femme dont l’amour pour la nature était plus fort que les liens du sang.