Le plateau de télévision s’est transformé en une véritable arène ce soir-là. Ce qui devait être un débat classique sur l’inflation et le pouvoir d’achat a viré au lynchage médiatique — ou à la leçon de réalisme, selon le point de vue. Face à face : Louis Boyard, le jeune député de La France Insoumise (LFI), adepte des sorties fracassantes, et Mehdi Ghezzar, chef d’entreprise au franc-parler redoutable. Le résultat ? Une séquence devenue virale où l’idéologie s’est fracassée contre le mur de la réalité économique.

L’Attaque sur les Milliardaires : Le Disque Rayé de LFI ?

Tout commence lorsque Louis Boyard, fidèle à la ligne de son parti, brandit les chiffres des grandes fortunes françaises. Bernard Arnaud, la famille Bettencourt, les profits de Total… Pour le député du Val-de-Marne, l’argent est là, il suffit de le prendre. Il dénonce avec fougue l’augmentation de la fortune des plus riches pendant que les Français “se serrent la ceinture”. Son argumentation est rodée, presque millimétrée : passer de 60 à 180 milliards de capitalisation pour LVMH pendant que le prix de l’essence explose, voilà le scandale qu’il veut dénoncer.

Mais face à lui, Mehdi Ghezzar bout. Pour le chef d’entreprise, le discours de Boyard n’est qu’une répétition servile des éléments de langage de Jean-Luc Mélenchon. “Vous récitez un texte !”, lance-t-il, accusant le député d’apprendre ses fiches par cœur sans en comprendre les mécanismes profonds.

La Question qui Tue : “Sommes-nous dans un pays communiste ?”

Le point de rupture intervient lorsque Ghezzar pose une question simple, directe, presque brutale : “Monsieur le député, sommes-nous dans un pays communiste ?” Le silence qui suit, entrecoupé des tentatives de Boyard de détourner la question en parlant de “République”, est révélateur du malaise sur le plateau. Ghezzar ne lâche pas sa proie. Il dénonce une vision économique qu’il juge “infaisable” et “intenable”.

Pour l’entrepreneur, taxer les capitaux et les profits à l’extrême, comme le suggère LFI, n’est pas une solution viable dans une économie de marché. Il défend le système économique français et accuse Boyard de méconnaître la réalité des PME et TPE qui, selon lui, seraient les premières victimes d’une politique de taxation généralisée.

Réalité du Terrain contre Idéologie de Salon

Le clash prend une tournure plus personnelle lorsque la question du terrain est abordée. Kauter Ben Mohamed, également présente, rappelle au député que les problématiques des Français — se loger, se nourrir, se chauffer — ne se règlent pas à coups de slogans. Elle cite l’exemple de Marseille, où elle accuse Jean-Luc Mélenchon d’avoir été un “député fantôme”, absent lors des drames comme l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne ou l’affaire Zineb Redouane.

Louis Boyard tente de riposter en évoquant le soutien de “300 économistes” au programme de LFI. Il essaie de ramener le débat sur le partage des richesses et la survie des petits commerçants face à la grande distribution. Mais le mal est fait. L’image du député “acteur”, récitant son texte sans conviction apparente, est celle qui restera gravée dans l’esprit des téléspectateurs.

Portrait de Louis Boyard, l'élément perturbateur de l'Assemblée nationale

Un Séisme Politique sur les Réseaux Sociaux

Ce clash n’est pas qu’une simple dispute de plateau. Il illustre la fracture profonde entre une partie de la jeunesse politique, portée par des idéaux de redistribution radicale, et ceux qui vivent l’économie au quotidien. Mehdi Ghezzar, en “éteignant” Louis Boyard, a donné une voix à ceux qui estiment que la politique ne peut se résumer à des calculs de capitalisation boursière sur un coin de table.

Louis Boyard est-il déconnecté de la réalité ? Ou est-il le seul à oser dire la vérité sur les inégalités criantes de notre pays ? Le débat reste ouvert, mais une chose est certaine : ce soir-là, le jeune député est reparti avec une leçon de vie qu’il n’avait sans doute pas prévue dans ses fiches. Un moment de télévision brute qui nous rappelle que, derrière les chiffres et les slogans, il y a une réalité économique que personne ne peut ignorer indéfiniment.

Mehdi Ghezzar tacle le gouvernement contre l'augmentation du prix de  l'essence