« J’étais intriguée et excitée » : ce couple pratique le candaulisme et ça a changé leur vie sexuelle

Si l’idée de regarder une autre personne avoir la « meilleure relation sexuelle de sa vie » avec votre partenaire vous intrigue, le témoignage de Chase et Scarlit auprès du « HuffPost » américain devrait vous aiguiller.

« J’adore voir la satisfaction qu’il reçoit et procure », explique Scarlit, 43 ans.
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« J’adore voir la satisfaction qu’il reçoit et procure », explique Scarlit, 43 ans.

SEXUALITÉ – Plus on est de fous, plus on rit. C’est du moins ce que pensent les adeptes du « hot husbanding », un terme anglophone récent pour décrire un fantasme assez courant (d’après un sondage récent, il serait partagé par un tiers des Français) : le candaulisme, qui consiste à être excité par le fait que son ou sa partenaire attire, et fasse l’amour avec une tierce personne.

Dans sa version 2025, le « hot husbanding » (« mari sexy-ing », pourrions-nous approximativement traduire), il s’agit pour les femmes de mettre en avant son partenaire, de parler ou d’observer le désir qu’il peut susciter chez d’autres personnes, et, pour certaines, de le « partager », qu’elles soient présentes ou non. Le tout, en respectant le consentement et les limites de chacun.

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Auprès du HuffPost US, Chase*, 48 ans et Scarlit*, 43 ans, sont revenus sur leur expérience de cette pratique. Ensemble depuis 18 mois, ils aiment explorer leur sexualité de manière libre et sans tabou.

[Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en avril 2025 sur le HuffPost américain. L’article original est à lire ici. Il a été traduit, raccourci et édité dans un souci de compréhension pour un lectorat francophone.]

« Intriguée, excitée et puissante »

L’idée de partager Chase est née après trois mois de relation, après leur premier plan à trois avec une autre femme. « Je me souviens du moment précis où je le regardais avec elle, confie Scarlit. J’adorais participer, mais il y avait quelque chose de fascinant à observer les réactions et la satisfaction sexuelle de sa partenaire. C’était comme s’il était ma star du porno personnelle et que je pouvais choisir ses partenaires. »

La quadragénaire explique s’être sentie intriguée, excitée et puissante à ce moment-là, mais aussi qu’elle avait éprouvé un sentiment de compersion, terme utilisé par les personnes polyamoureuses pour parler du plaisir que l’on tire de voir son partenaire heureux, comme l’inverse de la compassion.

Un partage purement sexuel, que Scarlit ne recherche absolument pas sur le plan personnel. « J’adore voir la satisfaction qu’il reçoit et procure, mais je ne veux pas qu’il ait de relation avec ces femmes en dehors de la chambre à coucher. Apprendre à les connaître à un niveau personnel me rebute complètement. Même l’idée d’un rendez-vous me semble très menaçante. » Pour elle, le plaisir vient surtout du pouvoir : « Mentalement, c’est comme si j’avais regardé une femme avoir la meilleure expérience sexuelle de sa vie et que je disais “Je t’ai permis de vivre ça, de rien.” »

Son partenaire, quant à lui, admet que quand Scarlit lui a parlé de le « partager », il s’est demandé si elle lui tendait un piège : on lui avait déjà fait ce genre de proposition par le passé, mais, soupçonnant ses anciennes partenaires d’être jalouses, il n’avait pas accepté. « La différence entre elles et Scarlit, c’est qu’elle a activement cherché une troisième personne pour nous », a-t-il déclaré au HuffPost. « Plus nous avons exploré cette idée, plus Scarlit est devenue enthousiaste. »

Trouver une partenaire n’a pas été simple pour le couple, aussi bien sur les réseaux sociaux que sur les applis de rencontres. « Du point de vue masculin, il est difficile de dire : “Salut, j’ai une partenaire et nous cherchons une aventure sexuelle, explique Chase au HuffPostLa plupart des femmes pensent simplement que je veux tromper ma copine. » Ils ont tout de même réussi : la semaine prochaine, il a rendez-vous avec une femme pour laquelle Scarlit a donné son feu vert il y a quelques mois, « uniquement parce qu’elle déménage à l’étranger », a-t-elle précisé.

Car malgré ses fantasmes, les craintes de Scarlit sont bien présentes. Ils ont donc mis en place des règles : ne pas avoir de relations sexuelles avec quelqu’un que Chase connaîtrait personnellement, la possibilité pour Scarlit de lire ses communications avec d’autres femmes si elle se sent jalouse, ou si une de ces partenaires tente de le revoir dans le but d’une relation à long terme. « C’est l’idée du rendez-vous qui me rend très jalouse, pas le sexe, détaille-t-elle. Mais c’est aussi une limite que je souhaite repousser pour élargir notre horizon sexuel. »

Comme l’explique Chase, « nous recherchons uniquement des partenaires pour nous, ensemble : pour moi physiquement et pour elle mentalement. »

Quelques conseils si l’expérience vous tente

Si vous avez envie de « partager » votre partenaire, Jess O’Reilly recommande tout d’abord d’avoir des conversations ouvertes et bienveillantes sur vos fantasmes. « Parlez plus généralement de ce qui vous excite et de ce qui vous rebute, et soyez curieux et ouvert à propos de vos préoccupations, de vos hésitations et de vos questions ». Soyez également réaliste quant à vos attentes, car elles ne seront pas toujours satisfaites.

Il est indispensable de prendre soin de la troisième personne impliquée, ajoute O’Reilly. Ses désirs, ses besoins et ses limites sont tout aussi importants que les vôtres.

D’après son expérience personnelle, Scarlit conseille de ne s’aventurer dans cette pratique que si vous avez une confiance totale et une communication ouverte avec leur partenaire. « Je pense qu’il faut un certain niveau d’intelligence émotionnelle chez les deux partenaires, et beaucoup de compréhension », dit-elle. « Le meilleur conseil que j’ai reçu est d’avancer au rythme de la personne la plus lente dans la relation, et jusqu’à présent, cela a fonctionné pour nous. »

Bien que novices en matière de « hot husbanding », elle et Chase ont déjà beaucoup appris sur eux-mêmes et l’un sur l’autre, ce qu’elle attribue à la transparence nécessaire à la pratique : parler de la façon dont vous voulez voir votre petit ami faire l’amour à quelqu’un d’autre a le don d’ouvrir toutes les vannes de la communication. « Je suis surprise de voir à quel point cela a changé notre dynamique et rendu les discussions sur tous les sujets si faciles », souligne-t-elle.