L’obscurité commençait à envelopper les structures imposantes du stade alors que les dernières clameurs de la foule s’estompaient lentement. En sortant des tribunes VIP lors du deuxième match de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, Zinedine Zidane pensait sans doute pouvoir quitter l’enceinte avec la discrétion qui le caractérise depuis toujours. Pourtant, ce soir-là, le destin en a décidé autrement. Un jeune journaliste, l’œil vif et la caméra déjà braquée sur l’idole de toute une génération, l’interpelle sans détour. Les questions fusent, directes, portant sur le Maroc, l’organisation du tournoi et le contexte particulier de cette compétition. En une fraction de seconde, l’atmosphère change radicalement. Autour de lui, les entourages se figent, les agents de sécurité retiennent leur souffle et le temps semble suspendu. Tout le monde s’attend à une réponse banale, une de ces phrases toutes faites destinées à protéger l’image de la star, ou peut-être même à un silence poli mais ferme. Mais Zidane s’arrête. Il écoute vraiment, avec cette attention rare qu’il accorde à ceux qui osent l’approcher avec sincérité. Puis, contre toute attente, il choisit de briser le protocole et d’évoquer la situation, et par extension la vision portée par le sommet de l’État marocain, d’une manière que personne n’avait prévue. À cet instant précis, plus personne ne parle. Le stade vient tout juste de se vider, mais les chants résonnent encore dans les couloirs étouffés par les murs de béton, comme un écho qui refuse de disparaître totalement.

L’agitation commençait à retomber dans les loges prestigieuses alors que les dernières silhouettes ajustaient leurs vestes avant de s’éclipser. Zidane était là, discret, presque en retrait tout au long de la rencontre. Il n’avait rien cherché à attirer, regardant le match en silence, attentif et concentré, comme s’il était encore sur un banc de touche, investi d’une responsabilité qui le dépasse. En se levant pour partir, il salue poliment les quelques personnes qui le reconnaissent, serrant des mains sans aucune démonstration superflue. Il avance vers la sortie réservée, accompagné d’un responsable de l’organisation, s’engouffrant dans un couloir étroit où les lumières blanches accentuent la solennité du moment. L’air est encore chargé de la tension du match et de l’excitation d’un tournoi qui se joue sous les yeux du monde entier. À l’extérieur, la nuit marocaine est douce, presque apaisante après le vacarme assourdissant des tribunes. C’est là que le cercle de journalistes l’attend. Zidane marche sans accélérer, conscient que les sollicitations sont inévitables. Lorsqu’il s’arrête face au jeune reporter, il ne le fait pas par obligation, mais par un choix délibéré. Les premières questions sur l’intensité du jeu reçoivent des réponses brèves et posées. Mais très vite, l’échange bascule. Le journaliste évoque l’organisation, l’accueil des supporters algériens et la stabilité du pays hôte. L’allusion au rôle des autorités est à peine voilée. Zidane comprend immédiatement que l’on ne parle plus seulement de sport. Il baisse légèrement la tête, inspire profondément, pesant chaque mot. Il sait qu’il se trouve à la croisée des chemins, entre sa réserve habituelle et la nécessité de dire une vérité qu’il juge essentielle.

Il aurait pu esquiver, rester sur le terrain sûr du football technique. Personne ne lui en aurait tenu rigueur. Le protocole traditionnel de la communication de crise ou de la diplomatie sportive l’aurait même encouragé à la prudence. Pourtant, Zidane relève la tête. Son regard est calme, mais d’une détermination qui impose le silence. Il commence par rappeler que la réussite d’un tel événement ne repose pas uniquement sur la qualité des pelouses ou la beauté des stades. Elle repose sur une vision, sur une volonté politique d’accueillir l’autre sans distinction, de créer un espace de sérénité même lorsque les rivalités régionales sont à leur comble. Il parle du Maroc qu’il voit sous ses yeux, de ce respect mutuel qu’il observe entre les peuples. Le silence autour de lui devient total. Même les agents de sécurité semblent s’être transformés en statues de sel. Zidane ne cherche pas l’effet de manche ni à rassurer pour la forme. Il pose ses mots comme des pierres destinées à durer. Il affirme que dans cette région du monde, le football est indissociable du quotidien des gens et que les stades ne sont pas des bulles fermées, mais le reflet d’une réalité sociale et politique bien plus vaste. Quand le journaliste lui demande si cette CAN n’est pas une simple vitrine politique, Zidane ne se crispe pas. Il admet avec une franchise désarmante qu’un événement de cette ampleur comporte toujours plusieurs lectures, mais qu’il serait injuste et naïf de le réduire à une simple opération de communication. Il insiste sur ce qu’il a vu : des familles, des bénévoles dévoués et surtout, cette image puissante de supporters marocains et algériens assis côte à côte, partageant la même passion.

Les caméras se rapprochent, captant chaque nuance de son visage. Zidane continue, expliquant qu’il connaît bien ce pays pour l’avoir vu évoluer au fil des décennies, avec ses défis mais aussi avec une constance impressionnante. Le mot « respect » revient comme un leitmotiv dans son discours. Le respect des invités, le respect du jeu, le respect des symboles. Lorsque le journaliste évoque frontalement le rôle du Roi et la volonté politique forte nécessaire à un tel climat de stabilité, Zidane ne détourne pas le regard. Il précise d’abord qu’il n’est pas un acteur politique et qu’il ne le sera jamais, mais il ajoute qu’il est impossible d’ignorer l’impact d’une direction claire. Il parle de continuité, de choix assumés et du fait que rien de ce qui est accompli aujourd’hui n’est le fruit du hasard. Pour lui, le football, lorsqu’il est soutenu par une vision à long terme, devient un outil d’apaisement exceptionnel. Interrogé sur le risque de sortir de son rôle, il esquisse un sourire très léger, presque mélancolique. Il confie avoir appris avec le temps que se taire par simple confort n’a jamais protégé personne et que le silence peut parfois laisser place à des récits falsifiés ou à des caricatures qui divisent les peuples. Il refuse de laisser d’autres raconter à sa place ce qu’il observe de ses propres yeux. Cette intervention n’est pas celle d’un défenseur d’un pouvoir, mais celle d’un homme qui réclame de l’honnêteté dans le regard que l’on porte sur les efforts accomplis.

Un Journaliste Demande à Zidane Ce Qu’Il Pense de Mohammed VI – Sa Réponse  Fait Parler

La tension ne retombe pas, elle se transforme en une attente solennelle. Zidane reste là, immobile, bien qu’il puisse partir à tout moment. Un journaliste plus âgé prend alors le relais, évoquant la méfiance européenne et les critiques permanentes entourant les grands événements organisés dans le monde arabe. Zidane hoche lentement la tête, conscient de la manière dont chaque phrase peut être découpée et sortie de son contexte. Pourtant, il persiste. Il martèle que la peur de l’interprétation ne doit pas devenir une règle de conduite universelle. Il préfère le concret à l’abstrait : il voit des jeunes engagés, une sécurité présente mais bienveillante et une ferveur populaire qui transcende les clivages. Lorsqu’on l’interroge sur sa responsabilité en tant que figure tutélaire pour la jeunesse, il secoue doucement la tête. Il ne s’est jamais vu comme un modèle imposé, mais il reconnaît qu’en étant écouté, il a le devoir de transmettre quelque chose de cohérent. Sa ligne est simple : ne pas humilier, ne pas mépriser, ne pas réduire. Il rappelle que les plus grandes victoires sont souvent silencieuses et que les défaites les plus amères naissent parfois de mots inutiles ou mal pesés. Il insiste sur le fait que cette CAN 2025, bien que perfectible comme toute organisation humaine, est une réponse posée par les faits aux préjugés les plus tenaces.

En conclusion de cet échange improvisé, Zidane exprime un souhait profond : que l’on se souvienne moins des polémiques stériles que des images de fraternité et des rêves d’enfants dans les tribunes. Avant de s’éloigner, une dernière question, presque intime, lui est posée sur ce qu’il espère vraiment en continuant à prendre la parole. Après un silence respectueux, il confie espérer simplement que les gens repartent un peu plus apaisés. Pour lui, ce n’est pas une ambition mesurable ou spectaculaire, mais c’est l’essence même de son engagement. Il refuse que les paroles deviennent des murs. En rejoignant sa voiture, il croise un groupe de bénévoles impressionnés auxquels il rend un sourire sincère. Ce moment, bien que discret et dépourvu de mise en scène officielle, restera comme un acte de dignité pure. Zidane n’a pas cherché le clash ou le slogan viral. Il a choisi de répondre sans attaquer, de rappeler les fondamentaux du respect sans donner de leçons de morale. Ce soir-là, en brisant le protocole, il n’a pas créé un scandale, il est simplement resté fidèle à lui-même. C’est précisément pour cette raison que ses paroles continueront de résonner bien après que les projecteurs du stade se seront éteints, prouvant que le calme et la sincérité possèdent une force de frappe bien supérieure à n’importe quelle provocation.