Zinedine Zidan accepte ce soir-là un entretien rare, sans intention particulière, sans volonté de provoquer jusqu’au moment où une question sur l’islam s’invite dans la discussion et refuse de disparaître. Zidane tente d’esquiver comme il l’a toujours fait, mais le journaliste insiste, reformule, pousse et ce qui devait rester une simple parenthèse devient progressivement un échange profond, tendu et inconfortable pour certains qui oblige le plateau à aller bien plus loin que prévu.

L’émission est annoncée depuis plusieurs jours, pas comme un événement spectaculaire mais comme un moment rare. Zinedine Zidane accepte peu d’invitations de ce genre. encore moins en plateau, en direct face à plusieurs interlocuteurs. Rien n’est improvisé mais rien n’est verrouillé non plus. C’est précisément ce qui intrigue.

Le décor est sobre, le ton annoncé est calme. Un entretien sans montage excessif. Zidane arrive sans chercher à occuper l’espace. Il s’installe, il écoute. Les premières minutes se déroulent comme prévu. On parle de son parcours, de son rapport au silence, de son choix de ne pas commenter l’actualité.

Il répond simplement, sans formule. Il ne se protège pas mais il ne s’expose pas inutilement. Puis progressivement, l’angle se déplace. Un journaliste évoque la manière dont Zidane est perçu aujourd’hui. Pas seulement comme un ancien joueur, comme une figure. Quelqu’un sur qui beaucoup projettent des choses, des attentes, des interprétations.

Zidane a quiè s’en développer. Il connaît ce terrainlà. Il sait qu’il est glissant. La discussion se poursuit. On parle de discrétion, de retenu, du fait qu’il ne s’exprime presque jamais sur les sujets de société. Le journaliste soulligne que ce silence intrigue autant qu’il rassure. Zidane sourit légèrement. Il dit qu’il n’a jamais ressenti le besoin de commenter ce qui ne lui appartient pas.

C’est à ce moment précis que la question arrive. Pas brutale, pas agressive, presque naturelle. Le journaliste évoque les débats récurrents autour de l’islam en France. les peurs, les crispations, les incompréhensions. Il ne cite pas Zidane directement, pas encore. Il parle du climat général. Zidane reste immobile, il écoute, il ne détourne pas le regard.

Quand on lui demande s’il souhaite réagir, il répond calmement que ce n’est pas un sujet sur lequel il s’exprime habituellement. Il précise qu’il a toujours tenu à garder ces choses-là dans la sphère privée. Le journaliste acquisse puis relance. La relance est plus précise, plus personnelle et cette fois elle vise directement Zidane.

Le plateau se fige légèrement. Les autres invités sentent que quelque chose est en train de basculer. Zidane aussi. Il marque un silence, pas un silence gêné, un silence de décision. Il sait que ce qui va suivre ne pourra plus être refermé aussi facilement. Le journaliste reprend la parole avec prudence, mais il ne recule pas.

Zidane Défend l'Islam en Direct - Sa RéponseFait Trembler Toute la Salle

Il précise qu’il ne cherche pas à forcer Zidane à se confier. Il parle d’un malaise français plus large d’un sujet qui revient sans cesse dans le débat public. Il explique que beaucoup se demandent comment des figures aussi visibles que Zidane vivent ce climat même quand elles choisissent le silence. Zidane répond doucement. Il dit que le silence n’est pas une stratégie, c’est un choix personnel.

Il rappelle qu’il a grandi dans un pays où l’on pouvait être plusieurs choses à la fois sans avoir à les hiérarchiser en permanence. Il ajoute que parler de religion à la télévision transforme souvent une expérience intime en objet de débat et que ce n’est pas quelque chose qu’il recherche. Le journaliste écoute puis insiste à nouveau.

Il soulligne que ce silence est parfois interprété comme une fuite ou comme un refus de prendre position. Il demande à Zidane s’il comprend que certains attendent de lui une parole justement parce qu’il est respecté et qu’il n’a jamais été dans l’excès. Cette fois, Zidane ne répond pas immédiatement. Il inspire.

Il regarde le journaliste puis les autres invités. Il dit qu’il comprend ses attentes mais qu’il ne se reconnaît pas dans l’idée d’une parole obligatoire. Il explique qu’il n’a jamais pensé qu’une foi devait être défendu sur un plateau télé. Il dit aussi qu’il n’a jamais aimé parler au nom des autres.

Un autre invité intervient. Il parle du climat de suspicion, du fait que qu’on le veuille ou non, l’islam est devenu un sujet politique en France. Il demande à Zidane s’il n’est pas parfois blessé par certaines paroles, certains amalgames. Zidane répond sans se rédir. Il dit que bien sûr certaines choses touchent, qu’il serait malhonnête de prétendre le contraire.

Mais il ajoute qu’il a appris très tôt à ne pasrépondre à chaque provocation. Il explique que sa relation à la fois n’a jamais été construite dans l’opposition ni dans la revendication. Le journaliste revient alors sur un point précis. Il dit que Zidane a toujours refusé d’être catalogué mais que la société elle colle des étiquettes.

Il lui demande si à force d’éviter le sujet il n’a pas laissé d’autres parler à sa place. Cette question-là change l’équilibre. Elle n’est plus abstraite, elle est directe. On sent que le journaliste ne cherche plus seulement une opinion, mais un sans positionnement. Le plateau devient plus attentif, les phrases se font plus rares.

Chaque mot compte davantage. Zidane reste calme. Il dit simplement qu’il n’a jamais laissé personne parler à sa place. Il a juste choisi de parler ailleurs, autrement dans ses actes, dans son comportement, dans la manière dont il se tient, même quand on l’observe sans cesse. Puis il ajoute une phrase sans phase qui marque un premier tournant.

Il dit que s’il devait parler de sa religion un jour, ce serait pour expliquer ce qu’elle lui apprend à faire, pas pour répondre à ce qu’on lui reproche. Le silence qui suit n’est plus le même qu’au début de l’émission. Il est plus dense, plus engagé. Le journaliste ne laisse pas le silence s’installer trop longtemps.