Vitaa : Entre gloire et blessures, la vérité sur son “cauchemar” avec Slimane et l’annonce déchirante de son retrait

L’image était celle d’une perfection absolue. Un duo fusionnel, des voix qui s’entrelacent jusqu’à l’évidence, et un succès commercial qui a balayé tout sur son passage. “VersuS”, l’alliance entre Vitaa et Slimane, restera dans les annales de la variété française comme un phénomène sans précédent. Pourtant, aujourd’hui, le voile se déchire. Vitaa, l’icône à la voix d’or, a choisi de briser le silence pour révéler une réalité bien plus sombre, loin des projecteurs et des sourires de façade. Ce qu’elle décrit ressemble à une lente descente aux enfers, un “cauchemar” psychologique né d’une pression insidieuse.

Tout a commencé par une synergie que le public ressentait presque physiquement. Mais dans les coulisses, là où la lumière ne pénètre jamais, quelque chose s’était fissuré. Avec une sincérité déconcertante, Vitaa raconte que ce succès démesuré a créé une attente constante, une injonction permanente à l’excellence. La peur de décevoir, la peur d’abîmer ce monument qu’ils avaient construit ensemble a fini par générer une fatigue mentale épuisante. “J’étais entourée de monde, mais j’ai rarement été aussi seule”, confie-t-elle. Cette phrase, simple mais terrible, résume le malaise d’une artiste prisonnière de son propre triomphe.

La relation avec Slimane, bien que d’une intensité rare, est devenue au fil du temps un miroir parfois trop brutal de ses propres failles. Elle évoque ces soirées après les concerts où le silence régnait, chacun perdu dans ses pensées, trop proches pour ne pas se blesser involontairement. Le glissement a été subtil : la complicité est devenue pression, l’admiration s’est heurtée aux cicatrices personnelles. Lorsque les polémiques ont commencé à entourer son partenaire de scène, Vitaa s’est retrouvée face à un dilemme intime : protéger l’ami ou préserver son propre espace vital. Elle a choisi le silence, puis la nuance, mais le mal était fait. Ce tourbillon émotionnel l’a conduite à une conclusion inévitable : elle n’est plus prête à affronter ces déchirures intérieures.

Le point de rupture a été atteint lors d’un concert mémorable à Lyon. Ce soir-là, le public a assisté à bien plus qu’une performance musicale. Il a été le témoin d’un adieu. Les mains tremblantes, la gorge nouée, Vitaa a laissé tomber les défenses qu’elle maintenait depuis des mois. Elle a avoué ne plus savoir combien de temps elle pourrait encore tenir. “C’est vrai que je vais repartir dans l’ombre, c’est bien aussi de faire un break”, a-t-elle lancé à une foule pétrifiée. Ce mot, “break”, a sonné comme une libération. Elle n’était plus seulement fatiguée ; elle était arrivée au bout d’un chemin qu’elle parcourait depuis plus de 20 ans.

Derrière cette décision de se retirer, il y a la volonté farouche de redevenir Charlotte, la femme derrière l’icône. Avec huit albums studio, trois millions d’exemplaires vendus et une fortune estimée à 95 millions d’euros, Vitaa possède tout ce dont on peut rêver. Pourtant, elle aspire à ce qui ne s’achète pas : la paix, la sérénité et le temps. Mère de trois enfants, elle refuse désormais de sacrifier les moments simples — les devoirs, les anniversaires, les matins sans répétition — sur l’autel de la gloire. Elle a compris que la créativité exige parfois des hivers pour pouvoir refleurir.

Cette pause n’est pas une fuite, mais un acte de survie émotionnelle. Elle assume pleinement ce choix de la lenteur et du recul. Elle sait que la scène ne disparaîtra pas et que son public fidèle l’attendra. En annonçant la fin imminente de sa tournée “Charlotte” avec trois ultimes dates à la Seine Musicale en novembre, elle referme un chapitre avec une sagesse admirable. Elle nous offre une leçon universelle : il n’existe aucun triomphe durable sans paix intérieure. Vitaa ne fait pas un pas en arrière ; elle fait enfin un pas vers elle-même, choisissant de se reconstruire dans le silence pour mieux revenir, un jour, plus entière et plus vraie. C’est le portrait d’une femme qui a appris à s’aimer assez pour dire “stop” avant de se perdre définitivement.