Une ex-compagne de Jean Imbert porte plainte contre lui après l’avoir défendu
Le chef français Jean Imbert pose lors d’une séance portrait en marge de la 77e édition du Festival de Cannes à l’hôtel Martinez à Cannes, dans le sud de la France, le 20 mai 2024. © AFP or licensors / AFP

Elle l’avait d’abord défendu, puis finalement, elle a porté plainte contre lui. Ce dimanche 5 octobre, une ancienne compagne de Jean Imbert s’est confiée à la « Tribune du dimanche », détaillant les violences subies.

« Je ne réalisais pas ce dont j’avais été victime », tel est l’aveu de Lucie (le nom a été changé), une jeune femme d’aujourd’hui 34 ans qui a décidé de porter plainte contre Jean Imbert, son ancien compagnon. Un revirement inattendu qui ne va pas plaider en faveur du cuisinier. Dans les pages du dernier numéro de la « Tribune du dimanche », Lucie a raconté l’histoire. De l’amour à la violence, jusqu’aux mensonges et à la manipulation.

Jean et Lucie se sont rencontrés en 2010, elle a 19 ans et se fait engager comme serveuse à l’Acajou, le premier restaurant de Jean Imbert. « Il avait dix ans de plus que moi, je l’admirais, il cuisinait si bien, il était ambitieux, il me comblait d’attentions. » Mais au fil des mois, les premières tensions sont apparues : « Il me rabaissait. Ses mots étaient durs. »

Puisque les mères ont cet instinct, celle de Lucie l’avait senti : « Elle était comme une petite fille à côté de lui, il avait un ascendant. » De même pour sa sœur, loin d’être charmée par Jean : « Je la sentais changer, elle était de moins en moins enjouée. » Seule Marie, une amie de la jeune femme, va recueillir une confidence à cette époque : « J’ai peur quand il s’énerve. »

« Je lui trouvais des excuses »

En 2012, une vive dispute éclate entre les deux : « Je le soupçonnais d’être infidèle. Lui me parlait mal. Pour le provoquer, car il m’interdisait de fumer, j’ai allumé une cigarette. Il me l’a prise des mains et l’a écrasé sur mon épaule, à trois reprises. » Après cette violente altercation, en proie à cette relation en dent de scie, Lucie s’est risquée à un mail : « J’aimerais que tu réussisses à garder ton calme avec moi. […] J’ai envie de pouvoir te dire des choses que je pense sans me faire insulter. »

De retour en larmes auprès de Marie, cette dernière est sans appel : « Je lui ai dit qu’elle devait le quitter. Mais elle n’écoutait pas. Nous avions 20 ans, porter plainte, nous n’y pensions pas. » Les violences se sont poursuivies, se sont intensifiées, et Lucie n’est pas partie : « Je lui trouvais des excuses. » Finalement, en été 2012, ils se sont séparés.

La manipulation de Jean Imbert

Les années sont passées, Lucie s’est mariée avec Jérémy (le nom a été changé) et Jean refait parfois apparition pour lui offrir des cadeaux en signe de reconnaissance. En 2012, c’est elle qui l’a inscrit à l’émission « Top Chef », la première marche vers le succès de sa carrière. En 2025, un beau jour et sans prévenir, le chef a téléphoné à Lucie :

« Il pleurait au téléphone, il semblait paniqué. Il m’a expliqué qu’une ex cherchait à lui nuire. À aucun moment, il n’a mentionné l’article de Elle. Il m’a demandé d’écrire un texte attestant qu’il n’avait jamais été violent avec moi, pour pouvoir se défendre » au cas où « son ex tenterait quelque chose contre lui. J’ai hésité. Il avait peur de tout perdre. Il m’a fait de la peine, j’ai fini par accepter. Par téléphone, il m’a dicté les points sur lesquels insister. »

La réalisation et les regrets

Lucie a accepté cette demande et lui a envoyé : « J’affirme que nous avons eu une relation amoureuse tout à fait normale, avec des hauts et des bas […]. J’affirme également qu’il n’a jamais exercé de violences avec moi, qu’elles soient physiques ou sexuelle […]. » Le texte a ensuite été modifié par les équipes du chef où des mentions telles que « Jean était très apprécié par les membres de ma famille » ou « ce que je retiens de cette relation : deux personnes qui se tirent vers le haut. »

En avril dernier, lorsque le magazine « Elle » a publié les témoignages des quatre anciennes compagnes, Lucie s’est effondrée : « En lisant, je réalise que je me suis menti, que j’aurais pu tenir exactement les mêmes propos que ces femmes. Je suis dévastée. » Finalement, le 23 septembre dernier, Lucie est allée porter plainte.