Karine Ferri : Grégory Lemarchal, vie privée, carrière... Ce qu'il faut  connaître

C’est une nouvelle qui a plongé le football français dans une profonde mélancolie en cette fin d’année 2025. Jean-Louis Gasset, figure emblématique, technicien hors pair et, surtout, homme d’une humanité rare, s’est éteint ce vendredi 26 décembre à l’âge de 72 ans. Si les hommages ont afflué de toutes parts — des supporters de Montpellier aux stars du Paris Saint-Germain en passant par les champions d’Afrique ivoiriens —, l’un d’eux a résonné avec une force particulière. Il ne vient pas d’un communicant rodé aux réseaux sociaux, ni d’une personnalité en quête de lumière. Il vient de l’ombre, du silence, de la discrétion absolue. Il vient de Yoann Gourcuff.

L’ancien meneur de jeu des Bleus et des Girondins de Bordeaux, retiré de la vie médiatique depuis des années, a brisé son vœu de silence pour saluer la mémoire de celui qui fut bien plus qu’un entraîneur pour lui. C’est par l’intermédiaire du compte Instagram de son épouse, l’animatrice Karine Ferri, que Yoann Gourcuff a livré ses mots. Des mots simples, poignants, chargés de cette sincérité brute qui caractérise les relations père-fils. En lisant ces lignes, on comprend que ce n’est pas seulement un technicien qui est parti, mais un guide, un confident, un pilier qui a su, un jour, transformer un jeune talent doué mais fragile en une étoile scintillante.

Le silence brisé d’un homme secret

Pour comprendre la portée de cet hommage, il faut d’abord saisir qui est Yoann Gourcuff aujourd’hui. Depuis sa retraite sportive, le “Petit Prince” du football français vit loin, très loin des caméras. Pas de compte Twitter, pas de page Facebook officielle alimentée par une agence, pas d’apparitions télévisées. Il vit en Bretagne, paisiblement, entouré de sa famille, protégeant farouchement son intimité. Que cet homme, qui a tant souffert de la surmédiatisation durant sa carrière, décide de prendre la plume publiquement est en soi un événement. Cela témoigne de la place immense qu’occupait Jean-Louis Gasset dans son cœur.

“Jean-Louis, je prends la parole aujourd’hui via les réseaux sociaux de ma femme pour te remercier profondément de tout ce que tu m’as apporté durant nos deux années communes à Bordeaux”, commence-t-il. L’entrée en matière est humble, directe. Pas de fioritures. Gourcuff s’adresse à Gasset comme s’il pouvait encore l’entendre, dans un tutoiement respectueux et affectueux. Il ne cherche pas à faire du style, il cherche à dire merci.

Bordeaux 2008-2010 : La genèse d’un lien indéfectible

Le cœur du message nous ramène à une époque dorée. Celle des Girondins de Bordeaux, saisons 2008-2010. Laurent Blanc est l’entraîneur principal, la figure d’autorité charismatique, le “Président”. Mais dans l’ombre, c’est Jean-Louis Gasset, son adjoint fidèle, qui fait tourner la machine. C’est lui qui anime les séances, lui qui parle aux joueurs, lui qui met de l’huile dans les rouages. Et c’est lui qui va prendre sous son aile le jeune Yoann Gourcuff, arrivé de l’AC Milan avec des doutes plein la tête.

“Dès mon arrivée, tu m’as accordé ta confiance, et cela m’a profondément marqué”, écrit Gourcuff. Cette phrase résume tout. À l’époque, Gourcuff est un diamant brut qui a besoin d’être poli avec douceur. Gasset le comprend instantanément. Là où d’autres auraient pu le brusquer, Gasset l’écoute, le rassure, le valorise.

L’ancien numéro 8 bordelais poursuit en évoquant des détails qui feront sourire les nostalgiques et pleurer les passionnés : “Tes causeries étaient un véritable régal. Je garde en mémoire tant de beaux souvenirs de toi, partagés avec les joueurs, le staff et tout le personnel du Haillan.” On imagine alors ces scènes de vestiaire, l’accent chantant de Montpellier, les mots justes, l’humour pince-sans-rire de Gasset qui détend l’atmosphère avant un match décisif de Ligue des Champions.

“Tu m’as aidé à croire en moi”

C’est sans doute le passage le plus touchant de la lettre. Yoann Gourcuff, avec une humilité désarmante, confesse ses propres fragilités passées et attribue sa réussite à la bienveillance de son mentor. “Tu m’as aidé à croire en moi, à croire que j’étais capable de marquer des buts, même de la tête, et surtout à prendre confiance sur le terrain.”

Cette mention du jeu de tête n’est pas anodine. Elle rappelle à quel point Gasset connaissait le football et ses joueurs. Il savait appuyer là où il fallait pour les faire progresser, pour les désinhiber. Sous la houlette du duo Blanc-Gasset, Gourcuff a marché sur l’eau. Il a été élu meilleur joueur de Ligue 1, il a marqué ce but légendaire contre le PSG avec cette roulette magique, il est devenu l’idole de tout un peuple. Ce message nous rappelle aujourd’hui que derrière ces exploits techniques, il y avait la psychologie fine d’un homme à la casquette vissée sur la tête.

“Tu es sans aucun doute l’entraîneur avec qui j’ai eu la plus belle relation, faite de confiance et de bienveillance”, assène Gourcuff. C’est un aveu puissant. Gourcuff a connu Ancelotti, Maldini, Blanc, et bien d’autres grands noms. Mais c’est Gasset, l’homme de l’ombre, l’éternel adjoint devenu numéro un sur le tard, qui a la première place dans son cœur d’homme.

Jean-Louis Gasset : Le père de tous

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L’hommage de Yoann Gourcuff n’est pas isolé, mais il est le symbole parfait de ce qu’était Jean-Louis Gasset : un père spirituel pour ses joueurs. Si Gourcuff parle de confiance, d’autres, comme Yann M’Vila, parlent carrément d’amour filial. Le milieu de terrain, lui aussi très ému, a publié un message où il appelle Gasset “Papa”. Il raconte comment le coach l’a relevé alors qu’il était en pleine dépression, comment il lui a redonné le goût de vivre et de jouer au football.

C’était ça, la “méthode Gasset”. Pas de grands tableaux noirs incompréhensibles, pas de statistiques froides. De l’humain, d’abord et toujours. Il aimait ses joueurs, et ses joueurs l’aimaient en retour. Il savait parler aux “artistes” écorchés vifs comme Gourcuff, aux rebelles incompris comme M’Vila, aux stars planétaires comme Zlatan Ibrahimovic ou aux guerriers ivoiriens de la CAN. Il avait ce don universel de l’empathie.

Gourcuff le souligne magnifiquement : “Tu as su me mettre à l’aise dès le premier jour et m’intégrer naturellement au sein de l’équipe.” Dans un milieu souvent décrit comme individualiste et impitoyable, Gasset créait des familles. Le Bordeaux de 2009 n’était pas juste une équipe de foot, c’était une bande de copains prêts à mourir les uns pour les autres, guidés par un “oncle” bienveillant.

Une perte immense pour le football

La disparition de Jean-Louis Gasset laisse un vide béant. Il incarnait un football à l’ancienne, dans le sens le plus noble du terme. Un football où la parole donnée a de la valeur, où une tape sur l’épaule vaut mieux qu’un long contrat, où l’on se parle les yeux dans les yeux. Sa carrière, riche et variée, l’a mené de son Montpellier natal aux sommets de la Ligue 1 avec Bordeaux et le PSG, jusqu’à l’émotion intense de l’Olympique de Marseille et l’aventure folle de la Côte d’Ivoire.

Partout où il est passé, il a laissé des traces indélébiles. Mais c’est sans doute à travers les mots de ceux qu’il a fait grandir que son héritage brillera le plus longtemps. En lisant Yoann Gourcuff, on ne voit plus le joueur star intouchable ; on voit un homme qui pleure un ami. “Merci pour tout. Mes pensées vont à ta famille et à tes proches”, conclut-il sobrement.

Cet hommage inattendu restera gravé comme l’un des moments forts de cette triste semaine. Il nous rappelle que le football, au-delà des résultats, de l’argent et des polémiques, reste une aventure humaine. Et Jean-Louis Gasset en était l’un des plus beaux aventuriers.

L’émotion de Karine Ferri

Il ne faut pas oublier le rôle de Karine Ferri dans cette transmission. En prêtant sa voix numérique à son mari, elle participe à cet élan de solidarité et de mémoire. Le couple, qui protège si férocement sa vie privée, a ouvert une brèche pour la bonne cause : honorer un grand homme. Cela donne encore plus de poids au message. C’est une démarche réfléchie, nécessaire, vitale pour Yoann Gourcuff qui ne pouvait pas laisser partir son mentor sans un dernier geste.

Les commentaires sous la publication sont unanimes. Des milliers de messages de soutien, de cœurs brisés, de remerciements. Les fans de football, toutes générations confondues, se retrouvent dans cette tristesse partagée. On se souvient du duo Gourcuff-Chamakh, des passes millimétrées, du titre de champion de France… et on réalise que tout cela était orchestré par la bienveillance de Gasset.

Adieu l’artiste, adieu le coach

Jean-Louis Gasset est parti rejoindre les légendes du football là-haut. Il laisse derrière lui des trophées, certes, mais surtout des hommes qu’il a construits, réparés, aimés. Yoann Gourcuff est l’un d’eux, peut-être le plus emblématique de cette réussite humaine.

“Tu es l’entraîneur avec qui j’ai eu la plus belle relation.” Cette phrase résonnera longtemps. Elle est la plus belle médaille que Jean-Louis Gasset pouvait emporter avec lui. Elle vaut toutes les Coupes de France et tous les championnats. Car elle signifie qu’il a réussi sa mission d’éducateur et d’homme.

Aujourd’hui, le monde du football pleure. Yoann Gourcuff pleure. Et nous, témoins de cette histoire, nous ne pouvons qu’admirer la beauté de ce lien qui unit un entraîneur à son joueur, par-delà la mort. Repose en paix, Jean-Louis. Et merci, Yoann, pour ces mots qui font du bien à l’âme.