
Même si vous n’êtes pas un fervent admirateur de ce groupe, il est quasiment impossible que vous n’ayez jamais entendu une seule note de The Cranberries. “Zombie”, “Linger”, “Ode to My Family”… Autant de titres qui ont marqué au fer rouge les années 90 et fait de cette formation une véritable icône du rock alternatif. The Cranberries, c’est une signature sonore unique, un mélange subtil de rock anglo-saxon et d’envolées celtiques, porté par une voix pure et inimitable : celle de Dolores O’Riordan. Avec plus de 50 millions d’albums vendus et des tubes planétaires, ils ont inscrit leur nom dans la grande histoire du rock.
Pourtant, derrière ce succès colossal et ces mélodies entêtantes, se cache une histoire bien plus sombre et complexe. Celle d’un groupe souvent sous-estimé, coincé entre la fureur du grunge et la légèreté de la britpop. Et surtout, celle d’une chanteuse à la voix d’or, dont la vie tragique, faite de gloire et de démons intérieurs, viendra marquer à jamais le destin du groupe. Comment ont-ils conquis le monde ? Qui était vraiment Dolores O’Riordan ? Et pourquoi leur musique résonne-t-elle encore aujourd’hui avec tant de force ? Retour sur l’ascension et la chute d’une légende irlandaise.
La Genèse d’un Mythe Irlandais
Tout commence au milieu des années 80 à Limerick, en Irlande. Trois garçons, Niall Quinn, Noel Hogan et son frère Mike, ainsi que le batteur Fergal Lawler, tentent de former un groupe. Ils s’appellent d’abord “The Cranberry Saw Us” (un jeu de mots sur la sauce aux canneberges), mais le succès n’est pas au rendez-vous. Le chanteur initial quitte le navire, laissant le trio sans voix. C’est un mal pour un bien, car cette défection va provoquer la rencontre qui changera tout.
Un ami commun leur présente une jeune femme de 19 ans : Dolores O’Riordan. Dolores est un sacré personnage. Issue d’une famille modeste et nombreuse, elle grandit dans un environnement où la musique, les traditions irlandaises et la religion catholique sont omniprésentes. Elle joue de l’orgue à l’église, chante du grégorien, mais écoute aussi Elvis Presley et du heavy metal avec ses frères. C’est un mélange de douceur et de rébellion.
Lors de son audition, les garçons sont littéralement soufflés. Sa voix, tantôt murmurée, tantôt hurlée, parfois quasi liturgique, est une révélation. Ils comprennent immédiatement qu’ils tiennent un trésor. Dolores se met au travail et écrit rapidement les paroles de ce qui deviendra leur premier tube planétaire : “Linger”.
L’Explosion Mondiale et les Premiers Tubes
“Linger” est la carte de visite du groupe. Sur un fond de guitares délicates, Dolores laisse exploser toute la fragilité de sa voix. La chanson parle de sentiments amoureux, inspirée par son premier petit ami soldat. L’album “Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We?” sort en 1993. Au début, le succès est mitigé en Europe, mais une tournée aux États-Unis et le soutien de MTV vont tout changer. L’album explose, se vendant à plus de 6 millions d’exemplaires.
Puis vient “Dreams”, un autre hymne mêlant rock et pop éthérée, qui raconte la sensation grisante du premier amour. Le morceau envahit les bandes originales de films et de séries. La France tombe sous le charme. Le groupe enchaîne avec un deuxième album, “No Need to Argue”, enregistré entre New York et Londres. C’est avec ce disque que The Cranberries accède au panthéon du rock, grâce à un titre pas comme les autres : “Zombie”.
“Zombie” : Le Cri de Rage
Chanson la plus célèbre du groupe, “Zombie” est un hymne anti-guerre viscéral. Dolores y révèle une intensité nouvelle, réagissant aux violences du conflit nord-irlandais et à un attentat de l’IRA qui a tué deux enfants en 1993. Ici, fini la pop douce. Place aux guitares saturées, à une batterie martiale et à un chant habité, rageur, presque sauvage. Le clip, avec ses images fortes et Dolores peinte en or, marque les esprits. Le single devient un immense succès international, propulsant l’album à plus de 17 millions de ventes. Ils deviennent le premier groupe irlandais à cartonner autant depuis U2.
Mais le succès a un prix. Les tournées s’enchaînent, la pression monte. Dolores, devenue une star planétaire, commence à souffrir. “Ode to My Family”, un morceau plus doux, évoque son mal du pays et la difficulté de vivre loin de ses racines. Le troisième album, “To the Faithful Departed” (1996), se veut plus sombre, plus punk, abordant des thèmes comme la drogue et la guerre. Le public suit, mais la fatigue s’installe.
Les Démons de Dolores
La popularité phénoménale épuise la chanteuse. Insomnie, paranoïa, anorexie (son poids descend à 41 kg)… Dolores ne va pas bien. Elle traîne des drames personnels lourds, notamment des abus subis durant son enfance. Elle confiera plus tard avoir été dépendante aux somnifères et diagnostiquée bipolaire. Le groupe fait une pause de trois ans, durant laquelle Dolores tente de se reconstruire et devient mère.
Ils reviennent en 1999 avec “Bury the Hatchet”, revenant à un son pop-rock maîtrisé, puis “Wake Up and Smell the Coffee” en 2001. Mais la magie s’est un peu dissipée. En 2003, le groupe se met en pause pour une durée indéterminée. Dolores se lance dans une carrière solo, collabore avec d’autres artistes, mais sans retrouver l’aura des années 90.
Le Retour et la Fin Tragique
En 2009, à la surprise générale, The Cranberries se reforment. Les fans exultent. L’album “Roses” sort en 2012, suivi de tournées où la France continue de les soutenir fidèlement. On croit alors que le groupe est reparti pour de bon.
Hélas, le destin va frapper durement. Le 15 janvier 2018, une nouvelle glaciale tombe : Dolores O’Riordan est décédée brutalement à Londres, à l’âge de 46 ans. Elle était en ville pour une session d’enregistrement. L’enquête révélera une fin tragique et solitaire : elle s’est noyée dans sa baignoire, après une forte consommation d’alcool. “Une fin rock’n’roll”, diront certains, mais surtout une fin terriblement triste pour une femme qui a lutté toute sa vie contre ses démons.
Elle laisse derrière elle trois enfants, une famille, et des millions de fans inconsolables. Le monde du rock est sous le choc. L’Irlande pleure l’une de ses plus grandes voix. Les membres restants du groupe, dévastés, décident de terminer un dernier album posthume, “In the End”, sorti en 2019, à partir des démos enregistrées par Dolores avant sa mort. C’est un adieu poignant, un dernier hommage à celle qui fut l’âme des Cranberries.
Un Héritage Éternel
The Cranberries sans Dolores, ce n’est plus The Cranberries. Le groupe a cessé d’exister, mais leur musique, elle, reste immortelle. Ce qui définissait ce groupe, c’était cette alchimie unique entre des musiciens efficaces et une voix mezzo-soprano capable de vous emporter dès la première note, qu’elle soit en yodel ou en chant celtique.
Ils ont su mêler sensibilité, conscience sociale et mélodies entêtantes avec une humilité rare. Aujourd’hui, il nous reste les albums, les coffrets deluxe, et surtout ces chansons qui continuent de passer en radio. Pour ceux qui seraient passés à côté, ou pour ceux qui veulent se souvenir, la discographie des Cranberries est plus que jamais à redécouvrir. Dolores est partie, mais sa voix résonnera éternellement, comme un écho venu d’Irlande, rappelant à tous que même les étoiles les plus brillantes peuvent cacher des blessures profondes.
News
Affaire Brigitte Macron : Lionel Labosse lâche une bombe de 900 pages et dénonce “l’omerta d’État” sur le plus grand tabou de la Ve République
C’est un pavé dans la mare, ou plutôt un rocher lancé en pleine vitrine de la macronie. Dans un paysage…
Brigitte Bardot et la petite-fille invisible : Enquête sur le secret le mieux gardé d’une famille qui a choisi l’effacement
C’est une énigme qui défie les lois du “star-système”, un vide sidéral au cœur d’une galaxie médiatique pourtant saturée d’images….
Pascal Praud atomise François Hollande : Quand la “France d’en bas” règle ses comptes avec l’arrogance d’une élite faillie
C’est une séquence qui restera gravée dans les annales de la télévision et, peut-être, dans l’histoire politique de notre pays….
Nagui et Yann Barthès, la chute des idoles : Pourquoi les Français rejettent massivement les “donneurs de leçons” de la télévision
C’est un séisme médiatique, une secousse tellurique qui fait trembler les fondations mêmes du petit écran français. Le verdict du…
Nagui, le clown triste : Quand Mélanie Page révèle enfin la “tragique vérité” et les blessures secrètes de l’animateur préféré des Français
C’est une confession qui résonne comme un coup de tonnerre dans le ciel serein du paysage audiovisuel français, une de…
Brigitte Bardot et le “fils maudit” : Bernard d’Ormale révèle enfin la brutale vérité sur une maternité sacrifiée
C’est une histoire qui hante les coulisses du cinéma français depuis plus de soixante ans, une ombre tenace planant sur…
End of content
No more pages to load






