Une tempête politique et sociale gronde sur la France, et deux voix s’élèvent avec une vigueur particulière pour dénoncer ce qui s’apparente, selon elles, à une trahison nationale. Sarah Knafo, figure politique montante, et Éric Tegnié, observateur avisé de la vie publique, ont récemment pris la parole pour défendre corps et âme une profession en danger de mort : celle de nos agriculteurs. Dans un contexte tendu où les tracteurs convergent vers Paris et où la colère des campagnes se fait entendre jusque sous les ors de la République, leurs interventions résonnent comme un puissant rappel à l’ordre face à une classe dirigeante accusée de déconnexion et de cynisme.

L’urgence est palpable. Sarah Knafo, présente aux côtés des agriculteurs mobilisés dans la capitale, a tenu à clarifier la nature de leur mouvement face à un dispositif policier impressionnant. Loin de l’image de casseurs que certains voudraient leur coller, elle décrit des hommes et des femmes “venus en paix”, non pas pour détruire, mais pour “survivre”. Ce terme, lourd de sens, est au cœur de son plaidoyer. Il ne s’agit plus de simples revendications corporatistes, mais d’une lutte existentielle pour une profession qui nourrit la nation. La députée européenne souligne avec force que la survie des agriculteurs concerne chaque citoyen, chaque enfant de ce pays. Elle dresse un tableau sombre de l’avenir si rien n’est fait : une France où les générations futures, nos enfants et petits-enfants, pourraient ne jamais connaître le goût de la viande française, remplacée par des produits importés aux standards bien différents.

Le coupable désigné de cette hécatombe annoncée porte un nom : le Mercosur. Ce traité de libre-échange, négocié âprement entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud, cristallise toutes les peurs et toutes les colères. Sarah Knafo n’hésite pas à qualifier la situation de “sacrifice”. Selon elle, l’agriculture française est délibérément offerte en pâture pour satisfaire d’autres intérêts, bien éloignés de nos terroirs. Elle pointe du doigt une négociation faite “en catimini” par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qu’elle accuse d’avoir agi dans “le seul intérêt de l’industrie automobile allemande”. Le marché serait cynique mais simple : permettre à l’Allemagne d’exporter ses voitures de l’autre côté de l’Atlantique, et en échange, accepter d’inonder le marché européen de produits agricoles sud-américains.

L’argument des “quotas” et des “clauses miroirs”, souvent avancé par les promoteurs du traité pour rassurer les éleveurs, est balayé d’un revers de main par Sarah Knafo. Pour elle, c’est un leurre, une technique de “pied dans la porte” bien connue des négociations internationales. On commence par des chiffres bas pour faire accepter le principe, et une fois le traité ratifié, il ne suffit plus que d’une simple modification technique pour ouvrir les vannes. Le risque est alors celui d’une concurrence déloyale et mortelle pour nos producteurs, incapables de rivaliser avec les coûts de production brésiliens ou argentins qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales et sanitaires drastiques imposées en Europe.

Au-delà des clivages partisans, Sarah Knafo insiste sur le caractère transpartisan de cette lutte. L’agriculteur à ses côtés, dit-elle, n’a pas de conviction de droite ou de gauche lorsqu’il défend son outil de travail ; il veut simplement sauver son métier. Elle élève le débat en comparant l’importance stratégique de l’agriculture à celle du secteur nucléaire. La souveraineté alimentaire est, à ses yeux, un pilier aussi vital pour la nation que son indépendance énergétique ou sa défense. C’est une question de sécurité nationale, de capacité à nourrir sa population sans dépendre du bon vouloir de puissances étrangères.

Take away his checkbook!" Sarah Knafo slams Macron...

De son côté, Éric Tegnié abonde dans ce sens avec une virulence non dissimulée envers l’exécutif français. Il met en lumière une contradiction insupportable aux yeux de beaucoup : la France, qui se targue d’être une grande puissance mondiale et militaire, capable d’envoyer des troupes et de l’armement pour soutenir l’Ukraine ou protéger ses voisins européens, semble impuissante, voire indifférente, lorsqu’il s’agit de protéger ses propres paysans. “Garantir une sécurité, mettre à disposition notre arme nucléaire… il n’y a pas de problème”, ironise-t-il amèrement, “en revanche, sauver nos agriculteurs, eh bien jamais”. Cette asymétrie dans l’engagement de l’État révolte.

Éric Tegnié s’attaque également à la figure du Président de la République, Emmanuel Macron, qu’il accuse d’inconsistance et d’opportunisme. Il rappelle un passé pas si lointain où le candidat Macron, en 2016 et 2017, faisait campagne en faveur du Mercosur, soutenant la ligne libérale de Bruxelles. Il rappelle que c’est le Président français qui a poussé pour la nomination d’Ursula von der Leyen, celle-là même qui incarne aujourd’hui cette politique commerciale décriée et le “Green Deal” tant critiqué par le monde rural. L’accusation de “démagogie” est lancée. Pour Tegnié, les revirements actuels de l’exécutif, qui tente de freiner le traité face à la fronde populaire, arrivent trop tard. C’est le syndrome de “l’incendie après avoir craqué l’allumette”. Il compare cette gestion à celle du dossier nucléaire, où après avoir fermé Fessenheim et affaibli la filière, le gouvernement tente désespérément de faire machine arrière.

Le sentiment de trahison est profond. Philippe de Villiers, cité par Éric Tegnié, alertait depuis vingt ans sur ces dangers, subissant moqueries et accusations de complotisme. Aujourd’hui, la réalité semble lui donner raison, mais le mal est fait. Les Français, selon les intervenants, en ont “ras-le-bol” de ne pas se sentir représentés. Il y a un fossé grandissant entre une volonté populaire massivement favorable aux agriculteurs – “tout le monde est derrière nos agriculteurs” – et une “minorité” technocratique qui décide seule, servant des intérêts qui ne sont pas ceux de la France.

Cette séquence médiatique met en lumière une fracture béante. D’un côté, une élite européenne et nationale accusée de brader l’agriculture au nom du libre-échange et de l’industrie allemande ; de l’autre, un peuple et ses paysans qui réclament le droit de vivre et de produire dignement sur leur sol. Le virage inattendu dont parle la vidéo est peut-être celui d’une prise de conscience généralisée : celle que l’agriculture n’est pas une variable d’ajustement économique, mais le cœur battant d’une nation qui refuse de s’éteindre. La bataille du Mercosur est devenue le symbole d’une lutte plus large pour la souveraineté et le respect de ceux qui nous nourrissent.