Le lundi 5 janvier 2026 restera gravé comme une date charnière dans la lutte contre le cyberharcèlement en France. Ce jour-là, sous les ors froids du tribunal correctionnel de Paris, une atmosphère électrique régnait. Après des mois d’attente, de débats houleux et de révélations sordides, la justice a enfin rendu son verdict dans l’affaire des rumeurs transphobes visant Brigitte Macron. Mais au-delà des peines prononcées, c’est la réaction épidermique, presque viscérale, de sa fille Tiphaine Auzière qui a capturé l’attention du pays entier. En deux mots postés sur Instagram, elle a résumé cinq années de combat, de douleur contenue et de résilience : “Et Boum”.

La fin d’une campagne de haine

Pour comprendre la portée de cette déflagration numérique, il faut revenir sur l’enfer vécu par la Première Dame. Depuis plusieurs années, Brigitte Macron était la cible d’une campagne de diffamation d’une violence inouïe. Des accusations absurdes, relayées par des complotistes et des agitateurs sur les réseaux sociaux, prétendaient qu’elle était née homme sous le nom de Jean-Michel Trogneux. Ce qui n’était au départ qu’une rumeur grotesque a enflé pour devenir un harcèlement systémique, nourri par des montages photo humiliants et des insultes quotidiennes.

Longtemps, l’épouse du chef de l’État a choisi le silence. Une dignité de marbre face à la boue. Mais en août 2024, consciente que se taire revenait à laisser le mensonge gagner du terrain, elle a pris la décision historique de porter l’affaire devant les tribunaux. Ce n’était plus seulement son honneur qu’elle défendait, mais celui de toutes les victimes de la haine en ligne.

Le procès, qui s’est tenu à l’automne dernier, a vu défiler à la barre des prévenus aux profils variés, unis par une même volonté de nuire. Parmi eux, des figures du complotisme en ligne dont les noms ont été cités à l’audience. Le verdict du 5 janvier a sonné le glas de leur impunité : tous ont été reconnus coupables. Les peines vont de stages de citoyenneté à de la prison avec sursis, la sanction la plus lourde — 8 mois avec sursis — ayant été prononcée contre le blogueur Aurélien Poirson, alias Zoé Sagan, jugé comme l’un des moteurs les plus virulents de cette cabale.

“Et Boum” : le cri de victoire d’une fille

Si Brigitte Macron a accueilli la nouvelle avec la réserve qui sied à sa fonction, sa fille cadette, Tiphaine Auzière, a choisi une voie plus directe. Avocate de profession, mais avant tout fille protectrice, Tiphaine a vécu ces attaques dans sa chair. Voir sa mère traînée dans la boue, son identité niée, son intimité violée par des anonymes haineux a été une épreuve de chaque instant.

Dès l’annonce du verdict, elle s’est emparée de son compte Instagram pour publier un message aussi bref que percutant : “Et Boum 💥”. Pas de long communiqué juridique, pas de philosophie éthérée. Juste une onomatopée, un bruit d’explosion qui symbolise à la fois l’impact du verdict sur les harceleurs et la libération d’une pression familiale gigantesque.

Ce “Et Boum” est un uppercut. Il signifie : “Vous avez perdu”. Il signifie : “On ne touche pas à ma mère”. Accompagné d’un hashtag appelant à la fin du harcèlement, ce post est instantanément devenu viral. Il humanise une affaire judiciaire complexe en rappelant qu’au cœur du dossier, il y a une famille soudée qui a fait bloc. Tiphaine Auzière ne s’est pas contentée d’être une spectatrice lors de ce procès ; elle en a été la voix émotionnelle, décrivant à la barre comment la vie de sa mère avait été bouleversée, obligée de modifier ses moindres habitudes par peur de l’agression.

Une gardienne implacable

Ce n’est pas la première fois que Tiphaine Auzière monte au créneau pour défendre le couple présidentiel, mais cette fois, l’enjeu était intime. Elle s’est imposée au fil des années comme la gardienne du temple, celle qui ne laisse rien passer. Son action dépasse le simple soutien filial. En utilisant sa notoriété et les codes des réseaux sociaux, elle transforme la victimisation de sa mère en une contre-attaque puissante.

Elle a compris une règle essentielle de l’époque actuelle : face au bruit de la haine, il faut parfois faire plus de bruit encore avec la vérité. Son “Et Boum” est une réponse au chaos par une explosion de justice. Elle envoie un message clair à tous les trolls d’Internet : l’anonymat ne vous protège plus, et la patience des victimes a des limites.

Lors de son intervention au procès, Tiphaine avait souligné les dégâts psychologiques profonds causés par ces rumeurs : les insomnies, la suspicion permanente, la peur diffuse. En obtenant condamnation, la famille Macron ne fait pas qu’effacer une ardoise, elle pose une jurisprudence morale. On ne peut pas tout dire, on ne peut pas tout inventer sans en payer le prix fort.

Un combat qui continue

Brigitte Macron insultée sur son physique au Brésil : sa fille Tiphaine  Auzière prend sa défense - Yahoo Actualités France

Si ce verdict parisien marque une étape décisive, l’affaire n’est pas totalement close. Des procédures sont encore en cours à l’international, notamment aux États-Unis où la rumeur avait trouvé un écho chez certains influenceurs d’extrême droite. Mais la victoire du 5 janvier est symboliquement la plus importante. Elle réaffirme le droit à la vérité et à la dignité sur le sol français.

Brigitte Macron, interrogée la veille du verdict au journal de 20h, avait déclaré avec une humilité combattante : “Je me bats toujours. Si je ne montre pas l’exemple, ce sera très difficile pour les autres.” Ces mots résonnent aujourd’hui avec une force particulière. En gagnant ce procès, elle ouvre la voie à tous ceux, anonymes ou célèbres, qui n’osent pas porter plainte contre le cyberharcèlement.

Quant à Tiphaine Auzière, elle sort de cette épreuve grandie. Elle incarne cette génération qui refuse la fatalité de la violence numérique. Son “Et Boum” n’est pas seulement un cri de joie, c’est un avertissement. La peur a changé de camp. Et pour ceux qui pensaient pouvoir détruire une réputation en quelques clics, la réponse est désormais claire : attendez-vous au retour de bâton. Explosif.