Privatisation, gaspillage et vérités qui fâchent : Le duel magistral de Sarah Knafo face aux journalistes du service public

C’est une séquence qui restera sans doute dans les annales du débat politique français. Invitée sur les antennes du service public, Sarah Knafo, figure montante de la droite nationale et eurodéputée, s’est retrouvée dans ce que beaucoup appellent « la fosse aux lions ». Le sujet ? La privatisation de l’audiovisuel public. Ce qui devait être une interview classique s’est transformé en un duel de haute voltige, où l’élue a méthodiquement déconstruit les arguments de ses contradicteurs, offrant un moment de télévision d’une rare intensité. Dans un exercice de style où elle a fait preuve d’une froideur implacable et d’une maîtrise technique parfaite, Sarah Knafo a remis en question l’existence même d’un système qu’elle juge obsolète et ruineux pour les Français.

Le débat a commencé sous haute tension lorsque les deux journalistes ont tenté de coincer Sarah Knafo sur les conséquences économiques d’une éventuelle privatisation. L’argument avancé était simple : les groupes privés ne souhaiteraient pas cette concurrence supplémentaire sur le marché publicitaire. La réponse de Knafo a été immédiate et cinglante : « Je ne suis pas la représentante des groupes privés, mais de l’intérêt général. » En une phrase, elle a balayé l’angle d’attaque de ses interlocuteurs, se positionnant non pas comme une lobbyiste, mais comme la défenseuse du contribuable. Elle a rappelé avec force qu’elle a été élue par les Français pour protéger leur portefeuille, et non pour se soucier des revenus publicitaires de grands patrons comme Martin Bouygues ou Vincent Bolloré.

Le cœur du problème, selon Sarah Knafo, réside dans un chiffre qui donne le tournis : 4 milliards d’euros. C’est la somme astronomique que coûte chaque année l’audiovisuel public aux Français. Avec une pédagogie redoutable, elle a interpellé les journalistes sur la légitimité d’imposer ce qu’elle appelle un « abonnement forcé » de 130 euros par an à chaque citoyen, quel que soit son usage ou ses préférences. Pour elle, le système actuel maintient les Français dans une position d’abonnés captifs, finançant malgré eux une machine dont l’utilité réelle est de plus en plus contestée. Elle a d’ailleurs fustigé l’utilisation du mot « plébiscite » par les journalistes pour qualifier un sondage d’opinion, rappelant que les chiffres étaient bien plus nuancés une fois lus dans leur intégralité.

Les 4 vérités - Sarah Knafo

Mais le moment le plus électrique de l’échange a sans doute été celui concernant l’impartialité et la neutralité. Lorsque la journaliste a tenté de défendre la probité du service public en affirmant que France Télévisions n’avait jamais été condamnée pour manquement à la neutralité, Sarah Knafo a opéré un recadrage cinglant. Citant les propres mots du président de l’Arcom, elle a pointé du doigt les « manques de rigueur » répétés, notamment sur France Info. Elle a pris pour exemple les sondages dont les échelles de graphiques sont parfois « trafiquées », provoquant l’indignation sur le plateau. « Soit personne ne sait faire des échelles ici, et c’est malheureux de payer avec nos impôts pour un tel manque de rigueur, soit c’est fait à dessein, et c’est scandaleux », a-t-elle martelé.

L’eurodéputée ne s’est pas arrêtée là. Elle a également mis en lumière les conditions de travail privilégiées au sein de France Télévisions, mentionnant des salaires moyens dépassant les 70 000 euros par an et des congés pouvant atteindre 14 semaines pour certains. Ces révélations, mises en perspective avec la précarité de nombreux Français, ont résonné comme un plaidoyer pour une gestion plus saine et plus juste de l’argent public. Pour Sarah Knafo, la concurrence n’est pas une menace, mais un moteur de baisse des prix et de qualité, comme l’a prouvé l’histoire de la TNT.

En sortant de ce plateau, Sarah Knafo a non seulement tenu tête à ses détracteurs, mais elle a aussi réussi à imposer son calendrier et ses thématiques. Ce n’était plus elle qui était jugée sur ses propositions, mais le service public qui était mis face à ses propres contradictions. Ce duel symbolise la fracture entre une élite médiatique installée et une nouvelle génération politique qui refuse les tabous financiers. À travers ce recadrage, Sarah Knafo envoie un message clair : aucun bastion, même celui de l’audiovisuel d’État, n’est intouchable lorsque l’intérêt supérieur des Français et la transparence budgétaire sont en jeu.