Ce mercredi 7 janvier 2026, la presqu’île de Saint-Tropez s’est réveillée sous un voile de tristesse, figée dans un recueillement solennel. La ville, habituellement vibrante et lumineuse, semblait retenir son souffle pour accompagner sa plus célèbre résidente vers sa dernière demeure. Les obsèques de Brigitte Bardot, légende absolue et éternelle du cinéma français, se sont déroulées en l’église Notre-Dame de l’Assomption, ce lieu emblématique au cœur de la cité corsaire où l’icône avait choisi de vivre, d’aimer passionnément et, finalement, de se retirer du monde pour mener ses propres combats. Décédée le 28 décembre 2025 à l’âge vénérable de 91 ans des suites d’une longue maladie, Brigitte Bardot a été accompagnée pour son ultime voyage par sa famille, ses proches les plus intimes et une foule de personnalités venues rendre hommage à celle qui fut bien plus qu’une actrice.

La cérémonie, à l’image de la star dans sa seconde vie, fut sobre, forte et profondément émouvante. Dès l’arrivée du cortège, un détail a immédiatement frappé les esprits et marqué les mémoires : le cercueil. Loin des pompes funèbres traditionnelles ou du luxe ostentatoire, Brigitte Bardot reposait dans un cercueil recouvert de rotin. Ce choix, d’une simplicité désarmante, résonnait comme un symbole puissant de sa liberté farouche, de son amour inconditionnel pour la nature et de son rejet des artifices mondains. Devant ce cercueil singulier, une foule silencieuse et bouleversée s’est massée, les visages marqués par le chagrin. Dans la nef de l’église, l’émotion était palpable, presque physique.

Parmi les visages aperçus au premier rang, on retrouvait le cercle intime, ceux qui ont partagé les joies et les peines de la star jusqu’au bout. Son mari, Bernard d’Ormale, digne dans la douleur, se tenait aux côtés de Nicolas Charrier, le fils unique de Brigitte, et de sa petite-fille Thea. Mais au-delà de la famille de sang, d’autres figures du paysage médiatique et politique français avaient tenu à faire le déplacement, fidèles à leur amitié ou à leur respect pour la femme de convictions qu’elle était. On a pu voir l’animateur Bernard Montiel, proche de la star, Jean-Luc Reichmann, l’humoriste Chantal Ladesou, ou encore Marine Le Pen, qui avait promis d’être là et qui est restée fidèle à sa parole. Autant de figures venues saluer une femme qui a marqué le XXe siècle de son empreinte indélébile.

Cependant, au cœur de cette cérémonie chargée de symboles, c’est Mireille Mathieu qui a offert l’instant le plus marquant, le plus suspendu. La chanteuse de 79 ans, visiblement dévastée par la perte de son amie, s’est avancée pour un hommage musical qui restera dans les annales. Sans orchestre, sans artifice, elle a interprété a cappella le “Panis Angelicus”. Sa voix, pure, puissante et cristalline, a résonné sous les voûtes de l’église Notre-Dame de l’Assomption, enveloppant l’assemblée d’une grâce quasi mystique. Dans l’assistance, un silence total s’est fait, lourd et respectueux, bientôt brisé par des frissons et des larmes. C’était un hommage rare, sincère, un moment hors du temps où la douleur se muait en beauté.

À la sortie de l’église, encore très émue, Mireille Mathieu a accepté de confier quelques mots aux médias présents. Au micro de BFMTV, la voix tremblante mais le regard empreint d’une tendresse infinie, elle a déclaré : “Elle avait cette beauté du cœur et cette beauté physique. Aujourd’hui, je vais l’accompagner pour lui dire au revoir. Je suis très émue. On parlait surtout des animaux, je le fais encore maintenant pour elle.” Pour la Demoiselle d’Avignon, Brigitte Bardot incarnait la liberté absolue, la beauté française et l’âme d’une nation à l’international. Mais après l’émotion pure, la tristesse a rapidement laissé place à un autre sentiment, plus vif, plus tranchant : la colère.

C’est dans les colonnes du journal Le Parisien que Mireille Mathieu a choisi de ne pas mâcher ses mots, déclenchant ce qui ressemble déjà à une polémique nationale. Son indignation tient en une phrase, lourde de sens et d’amertume : “Où étaient les gens du cinéma ?” Pour la chanteuse, le constat est sans appel et douloureux : trop peu de figures du 7ème art ont fait le déplacement pour honorer celle qui fut pourtant leur plus grande ambassadrice. Elle poursuit son coup de gueule, pointant du doigt une ingratitude flagrante : “Alors qu’elle a tant représenté le cinéma français dans le monde, où étaient les gens du cinéma ? À part Pierre Arditi, personne…”

Ce constat amer dressé par Mireille Mathieu soulève une question qui dérange. Comment expliquer une telle absence ? La chanteuse n’ignore pas les controverses qui ont jalonné la vie de Bardot, ses prises de position parfois radicales qui ont pu diviser. Mais pour elle, cela ne justifie en rien le vide laissé dans les rangs de l’église. “On peut ne pas être d’accord avec certaines choses qu’elle a dites, mais elle était hors du commun”, insiste-t-elle. Pour Mireille, le talent, l’aura et l’impact de Brigitte Bardot sur l’histoire du cinéma auraient dû transcender les clivages et les rancœurs. Cette déception, Mireille Mathieu l’assume pleinement. Elle la porte comme un dernier acte de loyauté envers son amie.

Avec sa voix sublime qui a fait pleurer l’assemblée, puis avec ses mots durs qui secouent désormais le monde de la culture, Mireille Mathieu a rendu ce mercredi un double hommage à Brigitte Bardot. Un hommage artistique, céleste, à la hauteur de la légende, et un hommage de vérité, terrestre et brut. Car au-delà des polémiques, des absences et des silences gênés, BB reste une figure majeure, incontournable et gigantesque du patrimoine français. Qu’on l’admire pour sa beauté et ses films, ou qu’on la conteste pour ses idées, elle ne laisse personne indifférent. Et c’est peut-être là le message ultime de Mireille Mathieu : on ne tourne pas le dos à une légende, surtout quand elle s’éteint. Une interrogation demeure désormais sur toutes les lèvres, relayée par la colère de la chanteuse : le monde du cinéma a-t-il manqué son dernier rendez-vous avec son icône ?