Dix jours. Il aura fallu dix longs jours après l’annonce qui a secoué le monde entier pour que Saint-Tropez, la ville qui l’a adoptée et qu’elle a tant aimée, puisse enfin dire un dernier au revoir à sa légende. Ce mercredi 7 janvier restera gravé dans les mémoires comme le jour où Brigitte Bardot, figure majeure et éternelle du cinéma français, a entamé son ultime voyage. L’événement, à la fois grandiose et intimiste, a rassemblé une foule immense et disparate, mêlant anonymes bouleversés et personnalités de premier plan, tous unis par la même émotion face à la perte d’une icône qui a traversé le siècle avec fracas et passion.

La journée a débuté sous le signe du recueillement en l’église Notre-Dame de l’Assomption. C’est là, au cœur de ce lieu sacré, qu’une messe a été célébrée pour saluer la mémoire de “BB”. Si les caméras ont capté l’arrivée des officiels, l’atmosphère à l’intérieur était empreinte d’une gravité que les images peinent souvent à retranscrire. De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement, témoignant de l’impact immense de l’actrice sur la société française. On a pu apercevoir la chanteuse Mireille Mathieu, fidèle amie, dissimulant sa peine derrière ses lunettes noires, mais aussi des figures politiques comme la députée Marine Le Pen et la ministre Aurore Bergé, venues rendre hommage à la femme d’influence qu’était aussi Bardot. Le monde de la télévision et des médias était également représenté par l’animateur Jean-Luc Reichmann, visiblement ému, ainsi que Bernard Montiel.

Mais au-delà de ce parterre de célébrités, c’est vers la famille que tous les cœurs se sont tournés. Bernard d’Ormale, l’époux de Brigitte Bardot, est apparu très éprouvé, le visage marqué par la douleur de la séparation, soutenu à bout de bras par l’entourage. Cependant, l’image la plus forte, celle qui a sans doute le plus bouleversé l’assistance, est celle de Nicolas Charrier. Le fils unique de la star, qui vit depuis des décennies en Norvège loin du tumulte médiatique de sa mère, était là. Ce retour sur les terres de son enfance, dans des circonstances aussi tragiques, avait quelque chose de profondément poignant. Nicolas n’était pas seul pour affronter cette épreuve : il a pu compter sur la présence solide et réconfortante de ses filles, Thea et Anna, ainsi que de ses petites-filles. Voir cette famille, souvent décrite comme éclatée ou distante par la presse à scandale, réunie dans le chagrin et la dignité, a offert un démenti silencieux mais puissant aux rumeurs passées.

À l’issue de la cérémonie religieuse, le cortège a pris la direction du cimetière marin de Saint-Tropez, ce lieu emblématique face à la Méditerranée qu’elle chérissait tant. C’est là, dans la plus stricte intimité familiale, loin des foules et des objectifs curieux, que Brigitte Bardot a été inhumée. Elle repose désormais auprès de ses parents et, détail symbolique fort, non loin de son ancien compagnon et mentor, le cinéaste Roger Vadim. Ce moment de l’inhumation a été décrit par les rares témoins comme d’une intensité rare. La famille s’est recueillie dans un profond silence, seulement troublé par le bruit du vent et des vagues en contrebas. Chacun a déposé des fleurs sur la tombe, un geste simple pour un adieu définitif. Nicolas Charrier, selon plusieurs témoignages, est apparu particulièrement bouleversé, s’effondrant presque sous le poids de l’émotion, entouré par la bienveillance de son épouse et de sa descendance. C’était l’adieu d’un fils à sa mère, dépouillé de tout artifice.

Les salariés de la Fondation Brigitte Bardot, ceux qui ont mené le combat de sa vie à ses côtés, étaient également présents pour ce moment de recueillement sacré. En hommage à son amour pour la nature et la lumière, chacun d’eux a déposé un tournesol sur la tombe, illuminant le marbre froid de ces touches de jaune solaire. Pour accompagner cet instant suspendu hors du temps, une scène musicale improvisée et sublime a eu lieu : Chico, célèbre membre fondateur des Gipsy Kings, a pris sa guitare. Il a interprété un “Ave Maria” arrangé dans un esprit gitan, une mélodie déchirante et pleine d’âme qui s’est élevée vers le ciel, enveloppant l’assistance d’une émotion pure. Ce fut un hommage vibrant, à l’image de la passion qui animait Brigitte.

Obsèques de Brigitte Bardot: arrivée du convoi funéraire | AFP Images

Mais l’adieu ne s’est pas arrêté aux portes du cimetière. Après l’inhumation, un hommage populaire a été organisé auprès des pêcheurs, non loin de là. C’était la volonté de Bardot d’être proche des gens simples, de ceux qui vivent de la mer. De nombreux admirateurs, des fans de la première heure comme des plus jeunes, se sont rassemblés pour écouter des discours et partager leurs souvenirs. Selon les autorités, près de 2500 personnes étaient présentes pour ce dernier salut. Plusieurs personnalités, déjà aperçues plus tôt dans la journée, ont rejoint ce rassemblement populaire. On a vu Paul Belmondo, Raphaël Mezrahi, ou encore le militant écologiste Paul Watson, compagnon de lutte de Brigitte pour la défense des océans, se mêler à la foule.

Dans une atmosphère à la fois solennelle et profondément populaire, Brigitte Bardot a été accompagnée pour son dernier voyage comme elle l’aurait sans doute souhaité : entourée de sa famille, de ses amis fidèles, de ses combattants de la cause animale et de ce public qui ne l’a jamais oubliée. Cette journée restera marquée par l’émotion brute, la mémoire vive et l’hommage national rendu à une femme dont l’empreinte, qu’elle soit cinématographique ou militante, restera profondément et à jamais ancrée dans l’histoire culturelle française. Elle a vécu libre, elle repose désormais en paix, bercée par le chant de la mer et le souvenir éternel de ceux qui l’ont aimée.