“Muslim, Muslim…” : Manon Aubry brise le silence sur le traitement des musulmans et dénonce les amalgames médiatiques lors d’un débat sous haute tension

Sur un plateau très exposé, une prise de parole a marqué les esprits. Invitée sur CNews, Manon Aubry a tenu à dénoncer ce qu’elle considère comme un amalgame injuste et répétitif visant les musulmans. Dès les premières minutes du débat, le ton est monté. Face à Mathieu Bock-Côté, la députée européenne a exprimé son malaise face à une manière de parler de l’immigration qu’elle juge réductrice. Selon elle, certains discours médiatiques ramènent trop souvent cette question à une seule dimension religieuse, comme si immigration et Islam ne faisaient qu’un. Manon Aubry a alors insisté sur un point essentiel : en France, de très nombreux musulmans sont des citoyens à part entière, nés dans le pays, engagés dans la société et totalement étrangers au débat migratoire.

Pour elle, rappeler cette réalité est indispensable pour rétablir une vision juste et apaisée de la société française. Elle a aussi souligné que l’Islam fait partie du paysage français depuis longtemps. Le réduire à un sujet de tension ou à un enjeu migratoire revient, selon ses mots, à ignorer la diversité et la richesse des parcours des musulmans en France. Une simplification qui, selon la députée européenne, alimente des peurs inutiles et éloigne durablement du vivre-ensemble. Au fil de l’échange, particulièrement scruté par les observateurs politiques, Manon Aubry a élargi son propos pour pointer du doigt une responsabilité collective, et notamment celle des médias de masse.

Elle a mis en cause une certaine ligne éditoriale qui, à force de raccourcis, finit par présenter les musulmans comme un groupe uniforme, une masse monolithique dépourvue de nuances individuelles. Une vision qu’elle juge profondément injuste et qui a pour effet pervers d’invisibiliser des millions de Français vivant leur foi ou leur culture dans la discrétion et le respect absolu des lois de la République. À travers cet échange tendu, Manon Aubry a voulu lancer un message clair : défendre les musulmans contre la stigmatisation, c’est aussi défendre une société plus juste, plus fidèle à la réalité quotidienne et moins prisonnière des clichés électoralistes.

Cette prise de parole forte invite à réfléchir autrement. Elle appelle à une écoute plus nuancée des problématiques sociales, loin de l’agitation permanente des plateaux de télévision qui privilégient souvent le clash à la compréhension. Manon Aubry a rappelé que la citoyenneté ne devrait jamais être remise en question par l’appartenance religieuse. Son intervention sur CNews a résonné comme un plaidoyer pour la dignité et la reconnaissance de tous les enfants de France, quelle que soit leur origine ou leur confession. Dans un climat politique souvent saturé par les polémiques identitaires, elle a choisi la voie de la confrontation directe pour briser les cercles vicieux des discours d’exclusion.

Le face-à-face avec Mathieu Bock-Côté a mis en lumière deux visions diamétralement opposées de la France contemporaine. D’un côté, une vision qui s’inquiète des changements culturels et les lie systématiquement à la religion musulmane ; de l’autre, celle de Manon Aubry qui prône l’inclusion et le respect de la liberté de culte comme pilier de la démocratie. La députée a martelé que la République est une et indivisible, et que le fait de pointer du doigt une partie de la population en raison de sa foi affaiblit le contrat social qui nous lie tous. Elle a dénoncé l’usage répété du mot “musulman” comme un outil de différenciation systématique sur certains plateaux, une pratique qu’elle juge délétère pour la cohésion nationale.

En conclusion de son intervention, Manon Aubry a réitéré son appel à la lucidité. Elle a exhorté les responsables politiques et médiatiques à cesser d’instrumentaliser les religions pour masquer les échecs des politiques sociales et économiques. Pour elle, le vrai débat devrait porter sur les conditions de vie, l’accès aux services publics et l’égalité réelle des chances, plutôt que sur des obsessions identitaires qui ne font que creuser des fossés entre les citoyens. Ce discours, par sa fermeté et sa clarté, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, prouvant une fois de plus que la question du traitement de l’Islam en France reste l’un des sujets les plus brûlants de notre époque. Manon Aubry a choisi son camp : celui d’une France qui embrasse sa diversité au lieu de la craindre.