Mort de Brigitte Bardot : Emmanuel Macron rend hommage à l'actrice, une «  légende du siècle » qui « incarnait de vie de liberté » - Le Parisien

C’est une nouvelle que l’on redoutait autant qu’on la savait inéluctable, mais qui, maintenant qu’elle est là, laisse la France entière dans un état de sidération et de tristesse profonde. Ce dimanche 28 décembre 2025, Brigitte Bardot, l’icône intemporelle, la star qui a fait rayonner l’Hexagone bien au-delà de ses frontières, est décédée à l’âge de 91 ans. L’information, révélée en début d’après-midi, a immédiatement provoqué une onde de choc médiatique et émotionnelle sans précédent. C’est à La Madrague, sa propriété mythique de Saint-Tropez devenue au fil des décennies son refuge forteresse, que “BB” a rendu son dernier souffle, entourée de l’affection de son mari Bernard d’Ormale et de ses fidèles compagnons à quatre pattes. Avec elle, c’est tout un pan de l’histoire culturelle du XXe siècle qui disparaît, emportant le souvenir d’une époque où la liberté s’écrivait en lettres capitales et où une jeune femme aux pieds nus pouvait, d’un simple déhanchement, changer le cours des mœurs occidentales.

Dès l’annonce officielle de sa disparition, les réactions ont commencé à affluer en continu, témoignant de la place centrale qu’occupait cette personnalité hors norme dans le cœur des Français et dans l’imaginaire mondial. Le monde politique, artistique et associatif est unanime pour saluer la mémoire d’une femme qui n’a jamais triché. Le Président de la République a été l’un des premiers à réagir, évoquant une “passion française” et saluant “celle qui fut le visage de la France, de la liberté et de l’engagement absolu”. Il a souligné que Brigitte Bardot avait su incarner, à travers ses films comme à travers ses combats, une forme de radicalité et de sincérité qui force le respect. “Elle a quitté les écrans pour ne plus jamais jouer la comédie, préférant la vérité du combat pour la vie”, a ajouté l’Élysée dans un communiqué empreint de solennité.

Du côté du monde du cinéma, l’émotion est palpable. Bien qu’elle ait quitté les plateaux de tournage il y a plus de cinquante ans, son ombre n’a jamais cessé de planer sur le septième art. Les chaînes de télévision, bouleversant leurs programmes en urgence, diffusent en boucle les images de “Et Dieu… créa la femme”, “Le Mépris” ou “La Vérité”. Les réalisateurs et acteurs d’aujourd’hui, qui ont grandi avec le mythe BB, expriment leur chagrin sur les réseaux sociaux. Certains parlent de la fin d’une ère, celle des monstres sacrés, celle où le cinéma français dictait sa loi au monde entier grâce à l’audace de la Nouvelle Vague. Brigitte Bardot n’était pas seulement une actrice, elle était une muse, inspirant les plus grands créateurs, de Godard à Gainsbourg, et devenant l’allégorie vivante d’une féminité libérée, sauvage et indomptable.

Mais c’est sans doute du côté des défenseurs des animaux que la perte est la plus cruellement ressentie. La Fondation Brigitte Bardot, œuvre de sa vie, a publié un message déchirant, pleurant “sa mère, sa fondatrice, son âme”. Les militants de la cause animale, qu’elle a éveillés par millions à travers le monde, sont en deuil. Ils se souviennent de cette femme qui, au sommet de sa gloire et de sa beauté, a tout plaqué pour aller sur la banquise canadienne serrer des bébés phoques dans ses bras, affrontant le froid et l’hostilité pour dénoncer un massacre. Ce geste fondateur, qui a marqué la naissance du militantisme médiatique moderne, reste gravé dans toutes les mémoires. Les associations de protection animale saluent “la pionnière”, celle qui a prêté sa voix à ceux qui n’en ont pas, celle qui n’a jamais eu peur de choquer, de déranger, d’interpeller les puissants pour sauver une vie, qu’il s’agisse d’un chien, d’un éléphant ou d’un loup.

À Saint-Tropez, l’atmosphère est lourde. La ville, indissociable de l’image de la star, semble s’être arrêtée. Devant le portail de La Madrague, des anonymes affluent déjà par centaines. Ils viennent déposer des fleurs, des bougies, des photos, ou simplement se recueillir quelques instants devant les murs de cette maison qui abritait le mythe. Certains sont venus avec leurs animaux, en hommage silencieux à celle qui les aimait tant. On entend des murmures, des souvenirs échangés entre fans de la première heure et jeunes admirateurs fascinés par cette figure rebelle. La police municipale a dû mettre en place un périmètre de sécurité pour canaliser cette foule spontanée, mue par le besoin de dire un dernier adieu à leur voisine la plus célèbre. Le maire de la ville a annoncé que les drapeaux seraient mis en berne, parlant de Brigitte Bardot comme de “l’âme de Saint-Tropez”, celle qui a fait connaître ce petit port de pêche au monde entier avant de le défendre bec et ongles contre les excès du bétonnage et du tourisme de masse.

Ce direct que nous consacrons à sa disparition permet de mesurer l’ampleur de son héritage. Au-delà des polémiques qui ont pu émailler ses dernières années, notamment en raison de ses prises de position politiques tranchées et parfois virulentes, c’est l’image de la liberté qui prédomine aujourd’hui. Brigitte Bardot était une femme libre. Libre de son corps, libre de ses amours, libre de ses paroles. Elle a payé cette liberté au prix fort, celui de la solitude, de l’incompréhension, parfois de la haine. Elle a été traquée, jugée, vilipendée, mais elle n’a jamais plié. Elle a assumé ses rides, son vieillissement, refusant les artifices de la chirurgie esthétique pour rester fidèle à elle-même, une “vieille dame indigne” et magnifique qui préférait la compagnie de ses bêtes à celle des hommes.

Emmanuel Macron, Jordan Bardella, Julien Courbet... Les personnalités  publiques rendent hommage à Brigitte Bardot

Les réactions internationales confirment le statut planétaire de la Française. La presse américaine, britannique, italienne ou allemande consacre ses unes à la “French Icon”. Le New York Times évoque la disparition de “la femme la plus célèbre du monde après la reine d’Angleterre dans les années 60”. En Italie, on se souvient de ses tournages à Capri. En Angleterre, les associations animalistes rendent hommage à son combat pionnier. C’est une figure universelle qui s’en va, une femme qui a su transcender les cultures et les époques. Son influence sur la mode, la photographie et l’art de vivre reste immense. Le vichy, la choucroute blonde, les ballerines, la moue boudeuse… tout cela fait partie de notre patrimoine visuel commun.

Alors que la nuit tombe sur ce dimanche de deuil, les témoignages continuent d’arriver à la rédaction. Des écrivains saluent son style épistolaire unique, fait de coups de gueule manuscrits et de points d’exclamation. Des chanteurs rappellent sa voix singulière, fragile et sensuelle, qui a donné des tubes inoubliables comme “Harley Davidson” ou “La Madrague”, cette chanson mélancolique qui résonne aujourd’hui comme une prophétie : “Le soleil est rentré… on n’a plus qu’à s’habiller”. Mais aujourd’hui, le soleil ne rentrera plus tout à fait de la même manière à Saint-Tropez. Il manquera cette présence invisible mais rassurante, cette conscience vigilante qui veillait sur le vivant depuis sa presqu’île.

Bernard d’Ormale, son époux, a fait savoir qu’il souhaitait que l’intimité de la famille soit respectée en ces moments douloureux. Il a précisé que les obsèques se dérouleraient dans la plus stricte intimité, conformément aux vœux de Brigitte Bardot qui avait toujours exprimé le désir de reposer chez elle, à La Madrague, près de ses animaux, loin du tumulte médiatique qu’elle avait fui toute la seconde moitié de sa vie. Cependant, il est certain que les Français trouveront le moyen de lui rendre l’hommage qu’elle mérite, car le lien qui unissait le peuple à sa star était d’une nature particulière, fait d’admiration, d’agacement parfois, mais toujours d’une profonde affection. Elle était de la famille. Elle était notre Marianne.

En parcourant le fil de sa vie à travers les archives que nous republions, on est frappé par la densité de son existence. En à peine vingt ans de carrière cinématographique, elle a tourné près de 50 films, enregistré des dizaines de chansons, et bouleversé les codes de la féminité. Puis, pendant cinquante ans, elle a mené un combat acharné, obsessionnel, pour la cause animale, obtenant des avancées législatives et sociétales majeures. Elle a vécu plusieurs vies, toutes intenses, toutes brûlantes. Elle disait souvent qu’elle avait donné sa jeunesse et sa beauté aux hommes, et qu’elle donnait sa sagesse et son expérience aux animaux. Elle aura tenu parole jusqu’au bout.

La disparition de Brigitte Bardot nous laisse face à un vide immense. C’est la fin de l’insouciance, la fin d’une certaine idée de la France, romantique et rebelle. Mais c’est aussi le début de la légende définitive. Désormais, BB est éternelle. Elle continuera de danser sur les plages de nos souvenirs, de chanter dans nos têtes, et de nous interpeller sur notre rapport au vivant. Les hommages qui se succèdent en ce moment même montrent à quel point elle avait raison : on ne meurt jamais vraiment quand on a autant aimé, et autant lutté. Adieu Brigitte, et merci pour tout. La France pleure, mais elle n’oubliera jamais.