Icône de la beauté et du cinéma français, devenue défenseuse de la cause animale, l’actrice s’est éteinte à l’âge de 91 ans. Les hommages pleuvent dans la presse étrangère, ce dimanche 28 décembre.

L’actrice française Brigitte Bardot, défenseuse de la cause animale, participe à une exposition en l’honneur des félins à Saint-Tropez, le 4 juin 1977. -/AFP
“Dans les années 1950, avant la révolution sexuelle, avant la Nouvelle Vague, avant le féminisme, il y avait Bardot : elle était le sexe, elle était la jeunesse, et, par-dessus tout, Bardot était la modernité”, se souvient The Guardian, quotidien de Londres, qui a appris, ce dimanche 28 décembre, le décès de l’actrice française. Elle avait 91 ans.
“Il existe d’innombrables manières de se souvenir de Brigitte Bardot, retrace El Mundo. Elle fut l’image la plus exportable de la France, et ce pendant près de cinq décennies. Pour le meilleur et pour le pire. […] Ses initiales (BB) sont devenues une marque pour tout un pays et, à la fois, un prétexte pathétique aux plaisanteries les plus grotesques − comme lorsqu’on l’a appelé BB-phoque pour se moquer de son engagement en faveur de la cause animale”, développe le journal espagnol.
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Bardot incarnait en quelque sorte “les Beatles à la française, une icône de la liberté, délicieusement effrontée”, renchérit le Guardian. “Elle était tout”, poursuit El Mundo :
“Un phénomène culturel, une représentation de l’objectification de la femme, un nouveau totem de la libération féministe et sexuelle, la première grande victime du harcèlement de la presse à scandale et le dernier emblème de la France éternelle, cette France qui, jour après jour, semble se désagréger irrémédiablement.”
Et Dieu… créa BB
À Milan, le quotidien Corriere della Sera estime qu’elle a été “la femme la plus désirée du monde pendant au moins deux décennies”. Et plonge dans le grand récit de la vie de cette Parisienne née dans le XVIᵉ arrondissement, en 1934. Selon The Times, autre journal londonien, ses parents ne lui ont “guère témoigné d’amour” et “lui ont clairement fait comprendre qu’ils attendaient d’elle qu’elle réussisse dans la vie”.
Après avoir suivi des cours de danse, “on l’encourage à devenir mannequin”, indique le Times. Elle tape dans l’œil du cinéaste Marc Allégret, qui voit une photo d’elle dans le magazine français Elle. Il envoie “son jeune protégé, Roger Vadim”, à la rencontre de Bardot. Vadim est alors âgé de 22 ans, et il “est immédiatement séduit par la fougue de la jeune fille de 15 ans”, rapporte le Times. Bardot devient sa muse et “devra attendre ses 18 ans pour l’épouser”, en 1952, note le Corriere. Le père de Brigitte, Louis Bardot, accepte “à contrecœur”, souffle le Times.
L’“explosion” de BB sur grand écran intervient en 1956, dans Et Dieu… créa la femme, réalisé par Vadim, “le portrait d’une jeune femme qui découvre le charme qu’elle exerce sur les hommes”, résume sobrement le Corriere. C’est un “échec” commercial en France − “il a coûté 140 millions de francs de budget et n’en a rapporté que 60”, précise le journal italien −, mais il est “acclamé outre-Atlantique”.

Bardot devient une “star internationale” sous le regard du public américain, relate le quotidien The New York Times. Elle n’a pourtant “jamais travaillé aux États-Unis”, constate le grand journal de la côte est américaine, mais sa “moue boudeuse” et sa chevelure blonde ont redéfini “le sex-symbol au cinéma au milieu du XXᵉ siècle”.
Tout le monde copiait Bardot
“Soudain”, relance El Mundo, les réalisateurs de la Nouvelle Vague déferlent sur le “mythe” BB. Elle tourne pour Louis Malle dans Une vie privée (1962), qui “l’a dépeint comme une jeune femme propulsée au rang de star et qui lutte pour échapper à la fureur des médias. Le film devient ainsi un documentaire fascinant sur la propre vie de Bardot”, analyse le journal madrilène.
Jean-Luc Godard, “grand homme et père de toutes les révolutions cinéphiles”, l’a fait ensuite poser nue dans Le Mépris (1963), raconte El Mundo. “Il va sans dire que nous assistons, une nouvelle fois, à une réflexion sur la signification même de Bardot, […], sur la façon dont le regard masculin (celui de Godard et celui des autres) se laisse submerger par le mythe”, critique le quotidien conservateur, qui reproche au réalisateur français l’attitude “aussi misogyne et cynique que le machisme qu’il est censé dénoncer” dans ce film.
“Au sommet de sa gloire, presque tout chez Bardot était copié : sa coiffure délibérément ébouriffée, son maquillage prononcé autour des yeux et ses choix vestimentaires, qui comprenaient des hauts moulants en tricot, des pantalons skinny, des chemisiers à motif vichy et des jupes à volants mettant en valeur ses jambes nues et bronzées”, détaille The New York Times.
Retraite à 39 ans
“Plus tard, dans les années 1960, elle tourne une palanquée de films dont la plupart sont médiocres”, tonne El Mundo. La fin des années 1960 et le début des années 1970 ressemblent à une série “d’épreuves” pour Bardot, contextualise le Times. “Ses crises existentielles” succèdent à “ses romances” (avec le chanteur-compositeur Serge Gainsbourg, entre autres), “ses mariages” (quatre, au total) et “ses nombreuses tentatives de suicide”.
Auparavant, Bardot était tombée enceinte “à son grand désarroi” lorsqu’elle était mariée à l’acteur Jacques Charrier. Elle voulait avorter, rappelle le Times, ne s’estimant “pas faite pour être mère” et “pas assez adulte pour [s]’occuper d’un enfant”. Le bébé, Nicolas-Jacques Charrier, naît en janvier 1960.
“À l’aube de ses quarante ans”, après avoir chanté quelques tubes devenus cultes (Harley Davidson, Je t’aime… moi non plus, Bonnie and Clyde…) et tourné dans une cinquantaine de films, Bardot se retire du cinéma afin de se consacrer à la cause animale, enchaîne le Times. El Mundo se souvient l’avoir entendu déclarer, en français dans le texte :
“J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux.”
La Fondation Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux, voit le jour en 1986.
Habituée des “propos désobligeants”
“Élevée dans la tradition gaulliste, Bardot n’a cessé de basculer vers la droite en vieillissant”, relève le Times. En témoigne son dernier mariage, en 1992, avec l’homme d’affaires Bernard d’Ormale, “ami proche de Jean-Marie Le Pen”.
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“La controverse ne l’a pas quittée”, poursuit le Corriere della Sera. À mesure qu’elle intervenait publiquement pour défendre les animaux, BB a multiplié “les propos désobligeants à l’encontre de plusieurs groupes”, dont la population musulmane − elle a été condamnée plusieurs fois pour “incitation à la haine raciale” −, mais aussi les chasseurs qui “détruisent des vies” ou le mouvement #MeToo, “qualifiant les accusations de harcèlement portées par les actrices d’‘hypocrites, ridicules et sans intérêt’”, écrivent, tour à tour, le New York Times et le Corriere.
“De toute évidence, conclut le quotidien italien, le mythe BB ne pourra pas disparaître.”
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