Star du grand écran mais aussi chanteuse, Brigitte Bardot morte ce dimanche à l’âge de 91 ans. Elle a signé une discographie riche de plus de 70 morceaux composés par les plus grands: Sacha Distel, Nino Ferrer, Gilbert Bécaud et bien sûr Serge Gainsbourg.
De la sulfureuse chanson Je t’aime, moi non plus écrite et composée par Serge Gainsbourg puis réenregistrée pour Jane Birkin au titre ensoleillé La Madrague en passant par Harley Davidson, retour sur la carrière musicale de “BB” à travers cinq de ses chansons les plus emblématiques.

• Sidonie (1961)

C’est au début des années 1960 que Brigitte Bardot pense sérieusement à se lancer dans la chanson. Déjà une star du cinéma, la comédienne signe son premier tube, Sidonie, pour la bande originale du film Vie privée de Louis Malle.

Écrite par le parolier grec Yannis Spanos lors d’un séjour à Paris et composée par Jean-Max Rivière, la chanson au texte jugé provocant à l’époque (“Sidonie a plus d’un amant”) reprend le poème Les Triolets fantaisistes écrit par Charles Cros en 1860.

• La Madrague (1963)

Devant le succès de Sidonie, Brigitte Bardot signe en 1963 un contrat avec Philips pour sortir son tout premier album: Brigitte Bardot.

Première chanson de la face B de ce 33 tours, La Madrague a été écrite par Jean-Max Rivière et composée par Gérard Bourgeois. Ce titre est inspiré de la propriété achetée par Brigitte Bardot à Saint-Tropez en 1958, qu’elle n’a jamais quittée.

“Jean-Max Rivière a eu l’idée merveilleuse de mettre en musique les sentiments simples, joyeux et nostalgiques que le lieu lui inspirait à travers moi”, racontait Brigitte Bardot au Journal du Dimanche en 2017.

Véritable hymne de l’été de l’époque, dont les paroles – “Sur la plage abandonnée / Coquillages et crustacés” – sont désormais cultes, cette chanson est la préférée de Brigitte Bardot. Depuis sa sortie en 1963, La Madrague a été reprise par de nombreux artistes tels que Gwen Stefani, Santana, Bonnie Tyler, Loana ou encore Angèle.

• Harley Davidson (1967)

La carrière musicale de Brigitte Bardot prend vraiment de l’ampleur lorsqu’elle rencontre Serge Gainsbourg en 1959, sur le tournage du film Voulez-vous danser avec moi? de Michel Boisrond.

Si Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg n’osent pas s’aborder respectivement à l’époque, il faudra attendre 1967 pour que les deux artistes collaborent sur la chanson qui fera naître leur amour: Harley Davidson, en hommage à la célèbre marque de moto.”Je lui ai proposé d’écouter ‘Harley Davidson’. Chez elle, nous étions comme deux chats, en observation, presque en confrontation. Dévorés par une timidité totale, nous étions pétris de trac”, confiait Serge Gainsbourg à Paris Match en 1972.

“Lorsqu’elle chanta ‘Que m’importe de mourir en Harley Davidson’, j’ai pris ces mots en pleine gueule, c’était d’une sensualité inouïe. Le soir de l’enregistrement, nos existences allaient devenir un courant continu que rien ne pouvait dissocier. Le flash était aveuglant et notre passion magnifique”, poursuivait Gainsbourg lors de cet entretien.

• Je t’aime… moi non plus (1967)

En 1967, Brigitte Bardot, mariée à l’homme d’affaires allemand Gunter Sachs, et Serge Gainsbourg décident de sceller la complexité de leur relation en musique. “Au cœur de la nuit, rue de Verneuil, elle me demanda de lui écrire ‘sa’ chanson d’amour. Ce fut ‘Je t’aime moi non plus’”, se souvenait Serge Gainsbourg auprès de Paris Match en 1972.

Mais le titre diffusé sur la radio Europe 1 au lendemain de son enregistrement à Paris, n’est pas au goût de Gunter Sachs qui fait interdire la diffusion du titre sous peine de poursuites judiciaires. Le morceau est alors suspendu des ondes et sa sortie finalement annulée.

“J’ai ordonné à Philips de retirer le titre de l’album qui devait partir incessamment vers la gravure. Les voix de Brigitte et la mienne, en fusion érotique et amoureuse, s’endormirent dans un tiroir de Phonogram”, déclarait Serge Gainsbourg en 1972.

Frustré par cette interdiction, “l’homme à la tête de chou” réenregistre la chanson une octave plus haut en 1969 avec sa nouvelle muse: Jane Birkin. Censuré au Vatican et interdit aux moins de 21 ans, le tube se classera notamment numéro 1 des ventes au Royaume-Uni.“J’ai blessé Brigitte en livrant à une autre ces paroles écrites pour elle. J’ai blessé Jane en lui révélant que cette chanson avait été écrite pour Bardot. Je le regrette”, ajoutait Gainsbourg.

Regrettant de ne pas avoir publié sa version du morceau, Brigitte Bardot donnera son accord en 1986 pour que son Je t’aime, moi non plus sorte en vinyle, avec pour seule condition que les bénéfices des ventes soient reversés à sa fondation pour la protection des animaux.

• Bonnie and Clyde (1968)

Composée la même nuit que Je t’aime, moi non plus, Bonnie and Clyde, nouveau duo entre Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot, évoque le mythique couple de criminels américains des années 30 Bonnie Parker et Clyde Barrow.

Écrit par Serge Gainsbourg après la sortie du film hollywoodien à succès Bonnie and Clyde en 1967, qu’il parvient à se procurer avant sa diffusion en France, ce morceau débute par une traduction de la première strophe d’un poème écrit par Bonnie Parker, intitulé The End of the Line (Le Bout du Chemin).La chanson est jouée pour la première fois en direct lors du Bardot Show, diffusé le 31 décembre 1967. Dans une étable de western, créée pour l’émission, Brigitte Bardot et son amant incarne à l’écran le célèbre couple de bandits, armes à feu à la main.

Véritable succès, Bonnie and Clyde, présent sur l’album Initials BB de Serge Gainsbourg atteint dès sa sortie la première place du hit-parade cette année-là.