Miss Univers 2026 : Fraudes, Drames et Scandales… Récit d’une Édition Maudite qui a Plongé le Concours dans le Chaos Absolu

Rarement, sinon jamais, une édition de Miss Univers n’aura autant défrayé la chronique, non pas pour la féerie de ses robes à paillettes ou la noblesse de ses causes humanitaires, mais pour la succession ininterrompue de scandales, de drames et de polémiques qui l’ont entachée. La 74e élection, qui vient de s’achever en Thaïlande dans une atmosphère délétère, laisse un goût amer et une question brûlante sur toutes les lèvres : le concours de beauté le plus célèbre au monde est-il en train de s’effondrer sous le poids de sa propre corruption ? Ce qui devait être le sacre de l’élégance à Pak Kret, près de Bangkok, s’est transformé en une “débandade” totale, un spectacle affligeant où l’humain a été broyé par des intérêts financiers obscurs et des égos surdimensionnés.

Au cœur de la tempête, le couronnement de la nouvelle reine, Fatima Bosch, Miss Mexique. Âgée de 25 ans, diplômée en design de mode et engagée dans des œuvres de charité, la jeune femme d’1m74 aurait pu être une lauréate consensuelle. Elle succède à la Danoise Victoria Kjaer Theilvig et devient la quatrième Mexicaine à remporter le titre. Pourtant, son sacre a été immédiatement discrédité, noyé sous un flot d’accusations de fraude qui ne laissent que peu de place au doute. Les réseaux sociaux se sont enflammés, jugeant sa prestation en demi-teinte indigne de la couronne suprême, mais c’est surtout la voix discordante d’un membre du jury démissionnaire qui a mis le feu aux poudres.

Omar Harfouch, pianiste et compositeur, a choisi de claquer la porte avec fracas avant même la finale, refusant de cautionner ce qu’il qualifie de “mascarade”. Selon lui, les dés étaient pipés bien avant l’arrivée des jurés officiels. Il dénonce un “vote secret” tenu en amont pour prédéterminer le Top 30 et affirme avoir été approché par Raul Rocha, copropriétaire du concours, pour favoriser Miss Mexique. La raison invoquée ? “Ce sera bon pour nos affaires”. Des allégations gravissimes qui lient la victoire de Fatima Bosch aux activités de son père, Bernardo Bosch Hernandez, ingénieur influent ayant travaillé pour la compagnie pétrolière nationale Pemex. Si le père dément tout lien avec l’organisation, le soupçon de corruption plane désormais comme une ombre indélébile sur le règne de sa fille.

Mais le scandale financier et éthique, aussi lourd soit-il, pâlit presque face au drame humain qui s’est joué en coulisses, loin des regards, ou presque. L’histoire de Gabriel Henry, Miss Jamaïque, est celle d’une tragédie évitée de justesse, maquillée par une communication officielle honteuse. Médecin de profession, favorite du concours, elle a fait une chute terrible depuis la scène principale lors des préliminaires. Les images ont glacé le sang des spectateurs. Si le comité s’est empressé de publier des communiqués rassurants, évoquant une absence de blessure vitale et demandant des “prières positives”, la réalité était tout autre, bien plus sombre.

Le 9 décembre, la vérité éclate : la chute a entraîné une hémorragie intracrânienne, une perte de connaissance, des fractures et des lacérations au visage. Son état était critique, nécessitant une surveillance neurologique 24h/24. Comment a-t-on pu tenter de minimiser un tel accident ? Aujourd’hui, après trois semaines d’angoisse et d’hospitalisation, un rapatriement médicalisé vers la Jamaïque est enfin envisagé. L’organisation, sans doute par peur des poursuites, assure désormais couvrir tous les frais et héberger la famille, tout en démentant les rumeurs odieuses qui accusaient la victime d’être responsable de sa propre chute.

Miss Univers : accusés de fraude et de trafic d'armes, les propriétaires du  concours sont dans la tourmente - RTBF Actus

L’ambiance en coulisses n’était guère plus reluisante que sur scène. Une scène surréaliste, digne d’un mauvais film autocratique, a révélé la toxicité du management actuel. Nawat Itsaragrisil, présentateur et figure du concours, a publiquement humilié Miss Mexique lors d’une réunion de préparation. Son crime ? Ne pas avoir posté une vidéo promotionnelle sur la Thaïlande. Devant un parterre de 120 candidates médusées, il l’a traitée “d’idiote” et de “débile”, lui reprochant de suivre aveuglément les ordres de son directeur national. Mais Fatima Bosch ne s’est pas laissée faire. “Je parle, j’ai une voix”, a-t-elle lancé en se levant, provoquant l’ire du “Papa Nawat” qui a alors appelé la sécurité. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est la solidarité des autres femmes. Miss Irak, Miss Bahamas, Miss Cap-Vert et une vingtaine d’autres se sont levées pour quitter la salle avec elle, un geste de défiance inédit. Face à cette mutinerie, l’animateur a menacé de disqualification celles qui ne s’assiéraient pas, avant de finir en larmes lors d’une conférence de presse, jouant la carte de la victime “trahie”. Une comédie grotesque qui n’a trompé personne, surtout pas la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, qui a salué le courage de sa compatriote.

La liste des déconvenues ne s’arrête malheureusement pas là. Olivia Yacé, Miss Côte d’Ivoire, qui avait brillé en se classant 4e dauphine et obtenu le titre de Miss Univers Afrique et Océanie, a jeté l’éponge quelques jours après la fin du concours. Sa démission est un acte politique fort. Elle refuse de s’associer plus longtemps à une organisation dont le président, Raul Rocha, a tenu des propos jugés racistes et ignorants. Ce dernier avait affirmé qu’avec son passeport ivoirien, elle n’aurait pas pu voyager et serait restée “enfermée dans son appartement” toute l’année. Une insulte à la réalité, puisqu’Olivia Yacé possède également un passeport américain, comme l’a rappelé avec colère son amie Ophélie Mézino, Miss Guadeloupe. “Essayez-vous de trouver une excuse raciste ?”, a-t-elle interpellé publiquement. Ce mépris affiché pour les candidates africaines est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein de ressentiment.

Miss Univers : entre corruption, fraude et démission, le concours au cœur  d'une polémique sans précédent

Et comme si le tableau n’était pas assez noir, la justice s’en mêle. Les propriétaires mêmes de Miss Univers sont visés par des mandats d’arrêt. Anne Jakrajutatip, la copropriétaire thaïlandaise, est accusée de fraude massive par un chirurgien plastique et serait en fuite. Raul Rocha, quant à lui, est dans le viseur du procureur fédéral mexicain pour trafic de carburant, d’armes et de stupéfiants, en lien avec le crime organisé. Une “entreprise criminelle” au sommet d’un concours de beauté… Le contraste est saisissant et terrifiant.

Face à cette avalanche de catastrophes, les départs se sont multipliés. Claude Makélélé, juré, a prétexté des “raisons personnelles” pour fuir le navire avant le naufrage. La princesse Camilla de Bourbon des Deux-Siciles a fait de même quelques heures avant le show. Même Miss Finlande 2025, Sarah, a été destituée pour une photo jugée raciste envers la communauté asiatique, ajoutant une couche de polémique à un mille-feuille indigeste.

Cette édition 2026 restera comme celle où le vernis a craqué de toutes parts. Elle rappelle, de manière cruelle, les heures sombres de l’ère Trump, évoquées par les médias américains qui ont ressorti les vieux dossiers d’agressions sexuelles et d’intrusions dans les vestiaires. Mais aujourd’hui, le mal semble encore plus profond, systémique. Entre une gagnante contestée, une favorite à l’hôpital, des candidates humiliées et une direction en fuite, Miss Univers a perdu bien plus que sa crédibilité : son âme. Il faudra plus que des sourires figés et des discours sur la paix dans le monde pour nettoyer les écuries d’Augias d’un concours devenu, pour beaucoup, le symbole de tout ce qui ne va pas dans l’industrie du spectacle mondialisé. Une chose est sûre : les reines de beauté ont prouvé, par leur révolte, qu’elles valaient bien mieux que ceux qui prétendent les juger.