Le monde s’est arrêté de tourner sous le soleil d’hiver de la Côte d’Azur. Saint-Tropez, ce petit port de pêche devenu le centre du monde grâce à elle, a rendu son dernier hommage à son icône éternelle, Brigitte Bardot. Ce mercredi, l’émotion a atteint des sommets indescriptibles lors des obsèques de celle que tout le monde appelait affectueusement « BB ». Mais au-delà de la perte d’une légende mondiale du cinéma et d’une militante acharnée pour la cause animale, c’est le drame humain d’un homme brisé qui a marqué les esprits. Bernard d’Ormale, son dernier mari, son pilier et son compagnon de route depuis plus de trente ans, n’a pas pu contenir sa détresse. L’homme, d’ordinaire si discret et protecteur, a été vu en larmes, finissant par perdre connaissance, submergé par le poids d’un chagrin que même le temps ne pourra sans doute pas effacer.

Brigitte Bardot s’est éteinte le dimanche 28 décembre, dans le calme et l’intimité de sa célèbre demeure de La Madrague. À 91 ans, après avoir lutté courageusement contre un cancer qui l’affaiblissait depuis des mois, elle a choisi de partir entourée de ce qu’elle aimait le plus : ses animaux et son époux. Bernard d’Ormale était là, à ses côtés, dans leur lit. Il a raconté avec une émotion brute que les chats étaient blottis contre elle au moment de son dernier souffle. Dans le silence de la chambre, alors qu’il somnolait d’un œil pour rester aux aguets, il a entendu Brigitte murmurer un petit mot, un surnom secret qu’ils se donnaient dans l’intimité : « Piou Piou ». Ce furent ses derniers mots, un ultime témoignage d’amour avant que le silence ne devienne définitif.

Obsèques de Brigitte Bardot : le cercueil accueilli à l'église par son fils,  Nicolas Charrier - ICI

La cérémonie religieuse, qui s’est tenue à l’église Notre-Dame de l’Assomption à Saint-Tropez, a rassemblé les membres de sa famille et ses amis les plus proches. Bernard d’Ormale, au premier rang, semblait porter sur ses épaules toute la tristesse du monde. À ses côtés se tenait Nicolas Charrier, le fils unique de Brigitte Bardot. Ce dernier, installé depuis longtemps en Norvège, avait fait le déplacement avec sa femme, Annelise Bergeran, et ses filles, dont Taa Charrier. La présence de Nicolas a été un symbole fort de réconciliation. On sait que les relations entre la mère et le fils ont été complexes, marquées par l’absence et les malentendus d’une jeunesse passée sous les projecteurs. Pourtant, sous l’impulsion de Bernard d’Ormale, des liens avaient été retissés ces dernières années. Bernard, avec une patience infinie, avait encouragé ces retrouvailles, permettant à Brigitte de connaître ses petites-filles et ses arrière-petits-enfants avant de partir.

L’atmosphère dans l’église était lourde de recueillement. La voix de Mireille Mathieu a résonné sous les voûtes, interprétant avec une solennité poignante le « Panis Angelicus » de César Franck. Chaque note semblait une prière pour l’âme de celle qui avait tant donné pour les bêtes et si peu demandé pour elle-même. Les mots du Père Jean-Paul Gourin ont rappelé le parcours exceptionnel de cette femme qui, après avoir conquis le monde par sa beauté, avait décidé de consacrer sa vie aux sans-voix.

C’est à la sortie de l’église que le moment le plus déchirant s’est produit. Alors que le cercueil, recouvert de fleurs, entamait son chemin vers le cimetière marin de la ville, la musique de « Toutes les bêtes sont à aimer », enregistrée par Brigitte en 1982, a retenti. C’était un rappel puissant de son combat de vie, un cri du cœur pour la protection des animaux qui l’animait jusqu’à ses dernières heures. Bernard d’Ormale et Nicolas Charrier marchaient côte à côte derrière la dépouille, unis dans une même douleur. C’est à cet instant précis que le mari de la star a flanché. Le choc de la réalité, la vue de ce cercueil qui emportait trente ans de sa vie, a été trop fort. Sous les yeux des fidèles et des badauds respectueux, il s’est effondré, nécessitant l’aide immédiate de ses proches.

Ce malaise n’est que le reflet d’une dévotion totale. Depuis leur rencontre au début des années 1990, Bernard et Brigitte ne s’étaient plus quittés. Il était celui qui gérait le quotidien, qui protégeait sa tranquillité à La Madrague, qui l’épaulait dans ses prises de position parfois virulentes pour la défense des animaux. Pour lui, apprendre à vivre sans « BB » semble aujourd’hui une épreuve insurmontable. Il l’avait dit récemment : il avait du mal à croire qu’un jour viendrait où il devrait continuer le chemin seul.Aux obsèques de Brigitte Bardot, l'émotion de Bernard d'Ormale, son dernier  mari

Brigitte Bardot repose désormais au cimetière marin de Saint-Tropez, aux côtés de ses parents, face à cette mer Méditerranée qu’elle aimait tant contempler. Elle laisse derrière elle un héritage immense, non seulement cinématographique, mais surtout moral. Son combat pour les animaux continuera de vivre à travers sa fondation, mais pour Bernard d’Ormale, Nicolas Charrier et tous ceux qui l’ont aimée personnellement, c’est une lumière qui s’éteint. Saint-Tropez a perdu son âme, mais les vagues de La Madrague continueront de porter l’écho de ce « Piou Piou » final, preuve que l’amour était, jusqu’au bout, la seule chose qui comptait vraiment pour la plus grande star de France.

Cette journée restera gravée comme celle où la France a dit adieu à une partie de son histoire. Les larmes de Bernard d’Ormale ne sont pas seulement les larmes d’un veuf, elles sont celles d’un témoin privilégié d’une existence hors du commun. En s’évanouissant sous le poids du chagrin, il a montré au monde entier que derrière l’icône de papier glacé se trouvait une femme aimée passionnément, une femme dont le départ laisse un vide abyssal que seule la mémoire pourra tenter de combler.