Le secret déchirant que le père de Zidane a caché pendant 50 ans : La nuit glaciale où tout a basculé et fait pleurer Zinédine 

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Pendant un demi-siècle, Smaïl Zidane, le patriarche discret du clan le plus célèbre du football français, a gardé le silence. Il n’a rien dit à sa femme Malika, rien à ses cinq enfants, et surtout rien à Yazid, ce fils prodige que le monde entier connaît sous le nom de Zinédine Zidane. Cinquante ans de mutisme absolu, cinquante ans à porter seul le fardeau d’un secret brûlant qui lui rongeait l’âme. Ce silence a duré jusqu’à un matin de février 2017, une date qui restera gravée à jamais dans la mémoire de l’ancien numéro 10 des Bleus.

Ce jour-là, Zinédine est à Madrid, au sommet de sa gloire d’entraîneur du Real, admiré par la planète entière. Mais un appel de son frère Noureddine va tout arrêter : “Yazid, il faut que tu viennes. Papa veut te parler. Il dit que c’est urgent, qu’il est temps.” Chez les Zidane, quand Smaïl parle, on écoute. C’est la règle immuable, le respect sacré dû au père. Le soir même, Zinédine est à Marseille, dans l’appartement familial de La Castellane, face à cet homme aux mains usées par des décennies de travail sur les chantiers. Smaïl semble porter le poids de plusieurs vies. Devant lui, sur la table, trône son autobiographie à paraître, “Sur les chemins de pierres”. Mais ce n’est pas pour faire la promotion d’un livre qu’il a convoqué son fils. “Il y a des choses que je n’ai jamais racontées à personne”, commence-t-il d’une voix tremblante. “Je veux que tu comprennes pourquoi je n’ai jamais parlé.”

Pourquoi le père de Zidane n'a pas assisté à la finale en 1998

Ce qui suit va ébranler Zinédine comme aucun match, aucune défaite, aucune victoire ne l’a jamais fait. Smaïl ferme les yeux et remonte le temps, jusqu’en 1953. Il a alors 17 ans, il est berger à Aguemoune dans les montagnes de Kabylie. Il n’a rien, pas même un ballon, jouant pieds nus avec des chiffons. Poussé par la misère, il décide de partir pour la France, promettant à sa mère en larmes de revenir vite, juste le temps de gagner un peu d’argent. Il ne savait pas alors qu’il ne la reverrait que des années plus tard. Arrivé à Paris, il trouve du travail sur les chantiers de la porte de Clignancourt, là-même où, ironie du destin, son fils soulèverait la Coupe du Monde 45 ans plus tard. Mais sans argent pour un hôtel, Smaïl dort sur le chantier, dans des bâtiments en construction, sans fenêtres, sans chauffage, exposé aux vents glaciaux.

Puis arrive l’hiver 1954. L’hiver de l’Abbé Pierre. Le plus froid depuis des décennies. Paris est saisi par des températures de -10, -13 degrés. La Seine gèle. C’est là, dans cette nuit polaire de février, que le drame se noue. Smaïl raconte à son fils l’indicible : “Une nuit, j’ai cru que j’allais mourir. Je grelotais tellement que je ne sentais plus mes mains.” Seul, terrifié à l’idée de mourir loin de sa mère sans qu’elle ne sache jamais ce qu’il est devenu, il trouve la force de se lever. La pensée de sa mère le sauve. Il marche toute la nuit pour ne pas geler et trouve refuge dans une bouche de métro où s’entassent d’autres infortunés : Algériens, Portugais, Italiens, unis dans la même misère.

C’est à cet instant précis du récit que la voix de Smaïl se brise et qu’il libère son secret. “Cette nuit-là, un homme est mort à côté de moi.” Il s’appelait Mohand. C’était un Kabyle comme lui, un voisin de village, âgé de seulement 22 ans. Au petit matin, Mohand ne s’est pas réveillé. Son corps était froid comme la pierre. Smaïl, survivant rongé par la culpabilité, a porté ce drame seul. Plus tard, retourné au village, il a croisé la mère de Mohand qui lui demandait des nouvelles de son fils. “J’ai menti, Yazid”, avoue-t-il en baissant la tête. “J’ai dit non. Je ne savais pas comment lui dire que son fils était mort de froid, seul, sur une bouche de métro.”

Dans le salon de La Castellane, le silence est total. Zinédine Zidane, l’homme de marbre, s’effondre en larmes. Il pleure pour ce père qui a caché cette douleur pendant un demi-siècle, pour cet homme qui a traversé l’enfer pour offrir un avenir à ses enfants. Smaïl sort alors de sa poche une vieille photo jaunie, gardée précieusement pendant 60 ans. On y voit deux jeunes hommes souriants : Smaïl et Mohand, trois jours avant la tragédie. Mohand n’a jamais pu envoyer cette photo à sa famille.

Cette nuit de confession a changé Zinédine à jamais. Il a compris d’où venait la force tranquille de son père, cette dignité inébranlable. La promesse que Smaïl s’était faite cette nuit de 1954 – “Si je survis, je ferai en sorte que mes enfants n’aient jamais froid, jamais faim, jamais peur” – a guidé toute son existence. C’est elle qui a forgé le destin des Zidane.

Quelques semaines plus tard, dans la préface du livre de son père, Zinédine écrira : “Mon père est parti de son village pieds nus, il n’avait rien. Il a traversé la mer pour nous donner tout.” Mais au-delà des mots, c’est dans ses actes que Zinédine a changé. De retour à Madrid, il ne regarde plus les sans-abris de la même manière. Il voit en eux le visage de Mohand, ce jeune Kabyle mort de froid pour avoir cherché une vie meilleure.

Quand on demande aujourd’hui à Zidane pourquoi il reste si humble malgré sa légende, il répond avec les mots hérités de cette nuit de vérité : “Les vrais héros ne sont pas ceux qui marquent des buts en finale de Coupe du Monde. Les vrais héros sont ceux qui survivent à l’hiver 1954, ceux qui portent leur secret en silence, ceux qui construisent une vie à partir de rien. Les vrais héros, ce sont les pères.”