L’autre visage de Lionel Messi : Entre génie silencieux, trahisons amères et rancunes éternelles

FC Barcelone : Lionel Messi rend hommage à sa grand-mère quand il marque -  Téléfoot | TF1+

À 36 ans, Lionel Messi demeure l’une des figures les plus respectées et admirées de la planète sport. Pourtant, derrière cette image de génie imperturbable, de père de famille modèle et de capitaine exemplaire, se cache un homme qui a parfois été poussé dans ses derniers retranchements. Le monde entier connaît ses dribbles, mais peu connaissent ses cicatrices.

Tout commence par une scène de tension pure sur une pelouse sud-américaine. Un adversaire le provoque, le défie physiquement, et lui lance un froid “Tu veux te battre ?”. Ce jour-là, pour l’une des rares fois de sa carrière, le monde a entrevu un Messie prêt à exploser. C’est cet autre côté du mythe que nous explorons aujourd’hui : celui des confrontations glaciales, des blessures silencieuses et des batailles étouffées que l’Argentin a menées loin des projecteurs.

Né en 1987 à Rosario, le destin de Lionel Andrés Messi semblait pourtant fragile. À 11 ans, le diagnostic tombe : un déficit en hormone de croissance. Cette épreuve physique initiale a forgé une détermination d’acier. Quand l’Argentine n’a plus pu financer son traitement, le FC Barcelone a tendu la main, à condition qu’il s’exile en Espagne. À la Masia, le jeune Messi a appris la solitude. Son accent argentin et son mutisme naturel le rendaient presque invisible. Mais dès qu’il touchait le ballon, il devenait un roi.

En seize saisons au Barça, il a tout raflé : 10 championnats, 4 Ligues des Champions et un record historique de 8 Ballons d’Or. Pourtant, malgré cette gloire, une ombre a toujours plané sur sa relation avec son pays d’origine. Longtemps critiqué en Argentine pour ne pas “chanter l’hymne” ou pour être “plus catalan qu’argentin”, Messi a encaissé les humiliations en silence. Les finales perdues en 2014, 2015 et 2016 l’avaient même poussé à annoncer une retraite prématurée, avant que l’amour de son peuple ne le ramène pour finalement toucher le Graal au Qatar en 2022.

Lionel Messi prolonge son contrat avec l'Inter Miami jusqu'en décembre 2028  : r/soccer

Mais au-delà des trophées, il y a les hommes. La rivalité avec Cristiano Ronaldo, bien que respectueuse en façade, a été nourrie de piques en coulisses. On raconte que dans le vestiaire du Real Madrid, le Portugais ne se privait pas de moqueries sur la personnalité effacée de son rival. Messi, fidèle à lui-même, ne répondait jamais par les mots, mais par un besoin viscéral de dominer chaque Clasico.

Le masque a fini par se fissurer lors de moments de haute tension. En 2019, face à l’Uruguay, Edinson Cavani lui propose de “régler ça dehors”. La réponse de Messi ? Un regard de glace et un défi accepté du regard. Plus récemment, en 2023, c’est le jeune Manuel Ugarte qui subit les foudres du capitaine argentin après un geste provocateur. “Apprends à respecter”, lâche Messi. En zone mixte, il ne calme pas le jeu, pointant du doigt l’éducation reçue dans le vestiaire adverse. C’est un Messi dur, froid et cassant qui apparaît alors, loin de l’image d’Épinal du joueur humble.

Les tensions ne sont pas seulement externes. Même au sein de l’Albiceleste, certains liens se sont brisés. Leandro Paredes a avoué un froid de plusieurs mois avec la Pulga, prouvant que Messi n’oublie pas facilement les attitudes qu’il perçoit comme des trahisons. Son poids dans le vestiaire est une réalité tacite : il ne crie pas, il écarte. Il ne s’emporte pas, il ignore.

Sa vie a aussi été secouée par des tempêtes médiatiques et judiciaires. Sa condamnation pour fraude fiscale en 2016 a été un séisme. “Je signais ce qu’on me disait de signer”, s’était-il défendu, révélant un homme dépassé par un système opaque. À cela s’ajoutent des rumeurs persistantes sur sa vie privée, des accusations de propos racistes jamais prouvées, et enfin, son départ déchirant du FC Barcelone en 2021. Son passage au PSG, marqué par les sifflets d’un public qui ne l’a jamais vraiment adopté, a achevé de peindre le portrait d’un homme écorché.

Que restera-t-il de Lionel Messi ? Une image prise par un photographe argentin résume peut-être tout : Messi, seul dans un couloir de vestiaire, assis sur un banc métallique, fixant le sol, épuisé. À cet instant, il n’est plus le dieu du stade, mais un homme fatigué de porter le poids des attentes du monde entier. Sa plus grande lutte n’aura pas été contre ses adversaires, mais pour rester fidèle à lui-même dans un monde qui a sans cesse voulu le transformer en icône parfaite. Derrière chaque silence se cache une vérité : même les légendes ont leurs limites et leurs colères. Messi n’a jamais cherché à être un saint, il a simplement essayé de survivre à son propre génie.