À 91 ans, Brigitte Bardot n’est pas une vieille dame indigne qui tricote des souvenirs au coin du feu. Elle est un volcan toujours en activité, une force de la nature qui refuse de s’éteindre, et surtout, une guerrière qui manie les mots comme des poignards. Loin de l’image de la “poupée” docile des années 60, celle qui fut l’idole de toute une génération s’est forgé, au fil des décennies, une réputation de justicière implacable. Sa cause ? Les animaux. Ses ennemis ? Tous ceux, célèbres ou puissants, qui osent se mettre en travers de son chemin ou incarner ce qu’elle déteste le plus : la cruauté, la vanité, l’hypocrisie. Derrière les murs de La Madrague, Bardot ne se repose pas ; elle veille, elle juge, et quand elle frappe, elle ne rate jamais sa cible.

Une vidéo récente et explosive, intitulée “Brigitte Bardot à 91 ans : La vérité sur ces 6 femmes qu’elle a osé critiquer”, lève le voile sur une “liste noire” fascinante. Ce ne sont pas de simples querelles de stars, mais des affrontements symboliques, violents, viscéraux, qui racontent l’histoire d’une femme intransigeante. De Sophia Loren à Brigitte Macron, en passant par Catherine Deneuve, chaque nom sur cette liste représente une bataille, une blessure ou une trahison aux yeux de B.B.

Le premier nom à tomber sous le couperet de Bardot est celui d’une autre déesse du cinéma : Sophia Loren. En 1994, l’actrice italienne commet l’irréparable aux yeux de la Française : elle prête son image à une marque de fourrure. Pour le monde, c’est du glamour ; pour Bardot, c’est un crime. La lettre ouverte qu’elle rédige alors est restée dans les annales : “Porter de la fourrure, c’est porter un cimetière sur ses épaules.” La phrase claque comme une gifle. Bardot ne s’attaque pas à l’actrice, elle s’attaque à la femme qui accepte de “maquiller l’agonie des bêtes sous des couches de luxe”. Sophia Loren, drapée dans sa dignité royale, n’a jamais répondu, mais le coup était porté. Avec cette attaque, Bardot signifiait au monde qu’aucune amitié, aucun statut de star ne valait plus que la vie d’un animal.

Puis vient Jane Birkin. Ici, la blessure est plus intime, plus charnelle. Birkin n’est pas seulement celle qui a chanté “Je t’aime… moi non plus”, ce râle d’amour initialement enregistré par Bardot elle-même dans les bras de Gainsbourg. Elle est celle qui a pris sa place, qui a récupéré la mélodie et l’homme. Bardot s’est sentie “délestée d’une part de son âme”. Mais la rivalité ne s’est pas arrêtée là. Des années plus tard, c’est le fameux “sac Birkin” d’Hermès qui a ravivé la flamme de la colère. En peau de crocodile, cet objet de luxe ultime est pour Bardot le symbole d’une “alliance monstrueuse entre la vanité humaine et la souffrance animale”. Jane Birkin, figure de douceur, n’a jamais cherché le conflit, mais elle incarnait tout ce que Bardot avait perdu ou rejeté.

La troisième cible est un monument national : Catherine Deneuve. Le feu contre la glace. L’instinct contre la retenue. Quand Deneuve accepte de parrainer le “Lorylag”, une laine faite à partir de poils de lapin, Bardot dégaine l’une de ses formules les plus cruelles et géniales : “Léguer une peau de lapin à la mode quand on a été Peau d’Âne, c’est vraiment triste.” La pique est chirurgicale. Elle souille l’image féerique de Deneuve en la ramenant à la réalité sordide de l’élevage. Deneuve, fidèle à elle-même, a opposé un silence de marbre, mais la phrase a fait le tour de Paris, prouvant que l’esprit de Bardot est aussi acéré que ses convictions.

La liste prend ensuite un tournant inattendu avec Simone de Beauvoir. Ce n’est plus une guerre d’images, mais de mots. En 1959, dans son essai “Le syndrome Lolita”, l’intellectuelle dissèque Bardot comme un insecte sous un microscope. Elle en fait un concept sociologique, déshumanisant la jeune femme pour en faire un symptôme de son époque. Bardot a vécu cela comme une violence inouïe, se sentant “épinglée sur une planche de liège”, privée de son âme et de sa complexité. C’est le choc entre la tête et le corps, entre la raison froide et la passion brute.

Mais Bardot n’est pas toujours le bourreau. Avec Marianne Faithfull, elle devient la cible. L’égérie rock des Stones a un jour lâché, brutale : “De toute façon, nous savons tous que Bardot est une idiote.” Une insulte frontale, rare, qui visait l’intelligence même de l’icône, peut-être en réaction à ses prises de position politiques controversées. Pour une fois, Bardot n’a pas répondu. Peut-être parce que le mépris était trop grand, ou parce que la blessure était trop vive.

Enfin, la liste s’achève sur une note contemporaine et politique : Brigitte Macron. C’est la “surprise”, le nom qui fait basculer la querelle people dans l’affaire d’État. Bardot ne respecte pas le protocole. Elle attaque la Première Dame avec une familiarité déconcertante, l’accusant de fermer les yeux sur les abattoirs tout en profitant des ors de la République. Pour Bardot, l’élégance de Brigitte Macron est une forme d’hypocrisie si elle ne s’accompagne pas d’une conscience pour la cause animale. En s’en prenant à l’épouse du Président, Bardot prouve qu’elle ne craint aucun pouvoir.

Au final, que nous dit cette liste ? Que Brigitte Bardot est une femme libre, terriblement libre. Une femme qui a accepté de payer le prix fort pour ses convictions : celui de déplaire, de choquer, de s’isoler. Elle a sacrifié son image de sex-symbol pour devenir la voix des sans-voix. On peut la détester, la juger excessive, mais on ne peut lui nier cette intégrité farouche. À 91 ans, elle reste cette guerrière qui préfère la “vérité rugueuse à la politesse hypocrite”. Et dans un monde souvent trop lisse, sa colère a, qu’on le veuille ou non, la beauté sauvage de l’authenticité.