
C’est une nouvelle qui a l’effet d’un coup de poignard dans le cœur d’une nation passionnée, une de ces annonces redoutées qui figent le temps et suspendent les souffles. En ce vendredi 26 décembre, alors que les lumières des fêtes scintillent encore dans les foyers, une ombre immense vient de s’abattre sur le paysage sportif hexagonal. Jean-Louis Gasset, figure tutélaire, tacticien de génie et homme d’une humanité débordante, s’est éteint à l’âge de 72 ans. Le football français ne perd pas seulement un technicien ou un ancien entraîneur ; il perd une part de son âme, un repère, un “oncle” bienveillant dont la casquette vissée sur la tête et le regard malicieux faisaient partie du décor familier de nos dimanches soir.
L’annonce de sa disparition a provoqué une onde de choc immédiate, traversant les frontières, les générations et les rivalités de clubs. De Bordeaux à Paris, de Montpellier à Marseille, le deuil est national. Car Jean-Louis Gasset n’appartenait à aucune écurie en particulier, il appartenait au football, ce jeu qu’il a chéri, disséqué et servi avec une dévotion quasi religieuse pendant plus de quatre décennies. Né dans une famille où le ballon rond était plus qu’un loisir, une véritable religion insufflée par un père cofondateur de club, Jean-Louis avait le football dans le sang, inscrit dans son code génétique. D’abord joueur honnête, il a très vite compris que son véritable destin se jouerait sur le banc, dans l’art complexe de diriger les hommes, de les comprendre et de les sublimer.
Ce qui frappe aujourd’hui, au-delà du palmarès et des statistiques, c’est l’unanimité des hommages. Dans un milieu souvent rongé par les égos et les querelles, Gasset faisait consensus. Il était l’anti-star par excellence, l’homme de l’ombre qui permettait aux autres de briller. Longtemps catalogué comme le “bras droit” indispensable de Laurent Blanc, avec qui il a formé un duo mythique aux Girondins de Bordeaux, en équipe de France et au Paris Saint-Germain, il a prouvé, lorsqu’il a pris seul les rênes, qu’il était un numéro un de tout premier plan. Mais qu’il soit adjoint ou entraîneur principal, sa méthode restait la même : une rigueur tactique implacable enveloppée dans une chaleur humaine irrésistible.
Les témoignages qui affluent depuis l’annonce de son décès dessinent le portrait d’un homme exceptionnel. Luis Fernandez, son compagnon de route, son ami intime, est dévasté. Ses mots, chargés de sanglots, résonnent comme un cri de douleur : “C’est très triste. Jean-Louis, tu n’étais pas seulement mon adjoint, tu étais mon frère d’armes. Nous avons partagé tant de choses, tant de souvenirs magnifiques.” Cette fraternité, forgée dans la sueur des entraînements et la pression des matchs, est le socle de la vie de Gasset. Il ne concevait pas le football sans amitié, sans loyauté. Pour lui, une équipe était avant tout une famille, et il en était le patriarche protecteur.
L’un des hommages les plus marquants, et sans doute les plus révélateurs de la grandeur de Gasset, nous vient du passé, réactivé par la tristesse du présent. Zlatan Ibrahimovic, le géant suédois connu pour son exigence féroce et son avarice en compliments, n’avait pas tari d’éloges sur le technicien français. “Laurent Blanc imposait très peu de restrictions et il avait un adjoint extraordinaire”, disait-il. “Ensemble, ils ont créé un style de jeu que j’ai rarement expérimenté au niveau des clubs, un style qui me rappelait Barcelone.” Que Zlatan compare le PSG de Gasset au grand Barça est l’ultime reconnaissance de son génie tactique. Gasset avait cette capacité rare de faire cohabiter les stars, de gérer les égos surdimensionnés avec une simplicité déconcertante, prouvant que l’autorité n’a pas besoin d’être hurlée pour être respectée.
La maladie, ce fléau silencieux, n’a jamais entamé sa passion. Charles Biétry, figure historique de Canal+, lui-même en lutte contre la maladie de Charcot, a tenu à saluer la mémoire de son ami : “Jean-Louis Gasset nous a quittés. Nous garderons en mémoire sa gentillesse, son sourire, ses analyses profondes et son professionnalisme. Le football perd une partie de son cœur.” Ces mots, “une partie de son cœur”, résument tout. Gasset n’était pas un technocrate du football, il en était le muscle cardiaque, celui qui pompait l’enthousiasme et la vie dans les veines des clubs qu’il traversait.

La fragilité de l’existence nous saute au visage à travers le témoignage bouleversant de Margot Dumont, journaliste respectée. Elle l’avait rencontré quelques jours seulement avant le drame. “Nous rions encore ensemble il y a une semaine”, confie-t-elle, encore sous le choc. “La vie est si fragile.” Cette proximité, cette capacité à rire, à échanger simplement avec les journalistes comme avec les stars, était la marque de fabrique de Jean-Louis. Il ne jouait pas un rôle. Il était authentique, brut, sans filtre. Pierre Ménès, célèbre pour son franc-parler, a exprimé sa “stupéfaction” et sa “douleur extrême”, décrivant un homme “drôle et affectueux, amoureux du football jusqu’à son dernier souffle”.
Et cet amour du jeu, il le traduisait par des actes concrets, loin des caméras. L’anecdote racontée par Mehdi Benatia, ancien international marocain et directeur sportif de l’OM, est une perle d’humanité qui mérite d’être gravée dans les manuels d’entraîneurs. Benatia raconte avoir contacté Gasset pour une demande. La réaction de l’entraîneur ? Il est monté dans sa voiture et a roulé pour venir répondre immédiatement, en personne. “Seule une personne passionnée et totalement dévouée comme lui pouvait agir ainsi”, témoigne Benatia. Qui fait ça aujourd’hui ? Dans un monde de communication verrouillée, d’agents et d’intermédiaires, Gasset prenait sa voiture pour aller parler d’homme à homme. C’était cela, le style Gasset : la disponibilité absolue pour ceux qui partagent sa passion.
Son influence dépassait largement nos frontières. Georges Mikautadze, talentueux attaquant, l’a souligné avec justesse : “Certaines personnes laissent une empreinte dans le football bien au-delà du terrain. Monsieur Gasset en faisait partie.” On ne parle pas ici de trophées, bien qu’il en ait gagné. On parle d’empreinte, de trace indélébile laissée dans les consciences. Il a formé des générations de joueurs, mais surtout, il a formé des hommes. Il leur a appris que le respect de l’adversaire, la rigueur dans le travail et l’humilité dans la victoire ou la défaite étaient des valeurs non négociables.
Vanessa Le Moigne, de BeIN Sports, partage cet émoi collectif, illustrant à quel point Gasset avait su gagner le respect de toute la profession médiatique. Il n’était pas un “client” pour les journalistes, il était un partenaire de discussion, un sage que l’on écoutait avec déférence. Ses analyses n’étaient jamais méchantes, toujours constructives. Il voyait le jeu plus vite que les autres, comprenait les failles et les forces avant tout le monde, mais il le formulait toujours avec cette pédagogie bienveillante qui le caractérisait.
L’héritage de Jean-Louis Gasset est colossal. Il laisse derrière lui une vision du football qui tend à disparaître : celle d’un sport à visage humain. À l’heure du “foot-business”, des datas et des algorithmes, Gasset rappelait que rien ne remplace l’intuition, le regard, la main posée sur l’épaule d’un joueur en doute. Il savait “sentir” un vestiaire. Il savait quand il fallait gueuler et quand il fallait se taire. Il était un psychologue sans diplôme, un père de substitution pour des gamins déracinés devenus millionnaires trop vite. Il les remettait dans le droit chemin, non pas par la contrainte, mais par l’affection exigeante.
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Aujourd’hui, les supporters sont orphelins. Sur les réseaux sociaux, c’est un déferlement de tristesse. Chacun y va de son souvenir : un match gagné in extremis grâce à un changement tactique génial, une conférence de presse où il avait fait rire l’assistance avec son accent chantant et ses expressions imagées, ou simplement l’image de cet homme sur son banc, vivant le match avec une intensité viscérale. Il a donné sa vie au football, littéralement. Jusqu’au bout, il a respiré, mangé, dormi football. C’était sa raison d’être, son oxygène.
Son passage à l’Olympique de Marseille, dans une mission commando pour sauver une saison mal embarquée, restera comme l’un de ses derniers grands faits d’armes. Il est arrivé dans un volcan, avec son calme olympien, et a réussi à ramener de la sérénité là où régnait le chaos. C’était sa spécialité : réparer les pots cassés, redonner confiance, “remettre l’église au milieu du village”. Il ne cherchait pas la gloire pour lui-même, il cherchait à ce que le club, l’institution, brille. C’était un serviteur, au sens noble du terme.
Alors que nous lui disons adieu, il faut imaginer Jean-Louis Gasset là-haut, retrouvant peut-être d’autres légendes, s’asseyant sur un banc céleste pour observer les matchs d’en bas, une cigarette sans doute pas très loin, analysant le repli défensif des anges. Il laisse un vide que personne ne pourra combler, car il était unique. Unique par son parcours, de l’ombre à la lumière. Unique par son caractère, mélange de rudesse apparente et de tendresse infinie. Unique par son talent.
Le football français doit maintenant honorer sa mémoire. Non pas seulement par des minutes de silence qui, connaissant l’homme, l’auraient sans doute gêné, mais en perpétuant ses valeurs. En remettant l’humain au centre du jeu. En rappelant aux jeunes éducateurs que la tactique n’est rien sans la psychologie. En montrant aux joueurs que l’on peut être une star mondiale et écouter les conseils d’un vieux sage à casquette.
Jean-Louis Gasset est parti, mais la leçon qu’il nous laisse est éternelle. C’est la leçon d’une vie consacrée à une passion, vécue avec intégrité et générosité. “Adieu l’ami”, semblent murmurer en chœur les pelouses de France. Merci pour les frissons, merci pour la science, merci pour l’humanité. Tu as bien mérité ton repos, Coach. Ton nom restera gravé dans le marbre de nos stades et dans la chair de notre histoire commune. Tu étais, et tu resteras, un géant. Que la terre te soit légère, toi qui as tant porté le poids des espoirs des autres.
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