
C’est un silence assourdissant qui règne sur les bancs de touche européens cette saison, un vide qui en dit long sur l’état de santé du football tricolore, non pas sur le terrain, mais dans les zones techniques. Avez-vous remarqué cette anomalie statistique qui résonne comme un aveu d’échec ? Sur les 36 équipes engagées en Ligue des Champions pour cette saison 2025-2026, aucune, absolument aucune, n’est dirigée par un entraîneur français. C’est une première depuis 1993, une rupture historique qui marque la fin d’une ère et le début d’une inquiétante traversée du désert. Alors que le PSG trône sur le toit de l’Europe, que l’équipe de France reste une formidable machine à gagner et que nos talents s’exportent par centaines, nos techniciens, eux, semblent être devenus persona non grata au plus haut niveau.
Le paradoxe est saisissant. Le football français va bien, très bien même. Les clubs hexagonaux performent en coupes d’Europe, l’OL et Strasbourg brillent, et le vivier de joueurs est inépuisable. Mais du côté des stratèges, la dynamique est morose, pour ne pas dire catastrophique. L’âge d’or incarné par des figures tutélaires comme Arsène Wenger, révolutionnaire à Arsenal, ou Zinédine Zidane, triple vainqueur de la C1 avec le Real Madrid, semble avoir été balayé par une mondialisation galopante qui a laissé les coachs français sur le bord de la route. La disparition des techniciens tricolores n’est pas un épiphénomène, c’est une tendance lourde qui s’accélère et qui inquiète désormais jusqu’au sommet de la Fédération.
Pour comprendre ce déclassement, il faut regarder la réalité en face, aussi brutale soit-elle. La première explication, souvent moquée mais terriblement concrète, est linguistique. La barrière de la langue est un frein majeur. Dans un football globalisé où l’anglais est devenu la langue universelle du vestiaire, le niveau moyen des entraîneurs français est jugé insuffisant. René Girard ou Claude Puel l’ont appris à leurs dépens. Comment imposer ses idées, sa psychologie, son management, si l’on doit passer par un traducteur ou si l’on hésite sur chaque mot ? Là où les Portugais ou les Italiens manient l’anglais avec aisance, intégrant cette compétence dès leur formation universitaire, la France accuse un retard coupable. Le refus ou l’incapacité des instances à imposer des modules de langues étrangères dans les cursus de formation se paie aujourd’hui au prix fort : celui de l’invisibilité.
Mais la langue n’explique pas tout. Il y a aussi une question d’image et de modernité. Selon une enquête du journal “The Athletic”, les entraîneurs français souffrent d’une réputation peu flatteuse outre-Manche : ils sont perçus comme “vieillots”, ternes, manquant de ce charisme médiatique devenu indispensable à l’ère des réseaux sociaux. Le football moderne exige des managers qui sont aussi des communicants, des figures de proue capables d’incarner une marque. Or, face à la nouvelle vague espagnole – les Arteta, Alonso, Luis Enrique – ou italienne, nos entraîneurs semblent souvent issus d’un autre temps, prônant un football pragmatique, parfois défensif, loin des standards spectaculaires actuels. L’Espagne, avec sa pléiade de techniciens brillants qui trustent les bancs des plus grands clubs (Arsenal, City, PSG, Real, Leverkusen), a imposé une hégémonie culturelle et tactique qui relègue la “french touch” au rang de souvenir.
Le constat est tout aussi alarmant en Ligue 1, notre propre championnat. En dix ans, la part des entraîneurs français est passée de 95 % à 55 %. Les propriétaires étrangers, américains ou anglais, qui détiennent désormais une grande partie des clubs de l’élite, ne ressentent plus l’obligation culturelle de recruter local. Ils cherchent la compétence, l’ouverture internationale, la modernité, et ils la trouvent souvent ailleurs. Didier Deschamps lui-même regrette cette situation, estimant que l’on accorde trop de crédit aux étrangers par principe, au détriment des compétences locales. Mais peut-on blâmer les investisseurs quand le marché français peine à produire des profils novateurs ?
L’exemple de la Coupe d’Afrique des Nations est également révélateur de ce recul. Jadis chasse gardée des “sorciers blancs” français, la compétition voit désormais triompher les sélectionneurs locaux. Les fédérations africaines font confiance à leurs propres techniciens, souvent formés en Europe mais connectés à leur identité, réduisant encore un peu plus le champ d’action traditionnel des coachs français. C’est la fin d’un monopole, la fin d’une époque où le passeport français suffisait à ouvrir des portes.

Pourtant, tout n’est pas noir. Quelques lueurs d’espoir subsistent dans ce tableau sombre. Régis Le Bris, exilé à Sunderland en Angleterre, réalise un travail remarquable qui commence à faire bruit. Avec une approche moderne, basée sur la vidéo, la tactique pointue et l’anglais maîtrisé, il prouve qu’il est possible de s’exporter et de réussir. De même, Pierre Sage à l’OL incarne un renouveau tactique intéressant, basé sur la possession et le jeu. Mais ces exceptions confirment la règle : pour réussir aujourd’hui, l’entraîneur français doit muter. Il doit sortir de l’entre-soi, voyager, apprendre les langues, maîtriser la communication et proposer un football audacieux.
L’avenir est incertain. Après la Coupe du Monde 2026, Didier Deschamps, l’arbre qui cache la forêt depuis si longtemps, devrait passer la main. Si Zinédine Zidane est le successeur désigné, qui viendra après eux ? Qui pour remplir les bancs des clubs européens et redonner ses lettres de noblesse à la formation française ? Il est urgent que le football français se remette en question, qu’il modernise ses cursus, qu’il encourage l’audace et l’ouverture. Car si rien ne change, la France risque de rester longtemps un géant aux pieds d’argile : capable de produire les meilleurs joueurs du monde, mais incapable de trouver quelqu’un pour les diriger. La compétence est là, c’est certain, mais sans le vernis de la modernité et l’outil linguistique, elle restera une richesse inexploitée, confinée à l’Hexagone, regardant les grandes soirées européennes à la télévision.
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