Kendji Girac face au mur de l’indifférence : la noble cause de “J’ai pas les mots” anéantie par un fiasco d’audience historique
Dans le monde impitoyable de la télévision, même les intentions les plus pures peuvent se fracasser contre le mur glacial des chiffres. Ce mardi 9 septembre 2025, France 2 et le chanteur Kendji Girac en ont fait l’amère expérience. L’émission “J’ai pas les mots, 8 semaines pour sortir de l’illettrisme”, un programme poignant et nécessaire, porté par un artiste sincèrement engagé, s’est soldée par ce que les professionnels du secteur qualifient sans détour de “catastrophe industrielle”. Avec seulement 639 000 téléspectateurs et une part d’audience anémique de 3,5 %, la soirée événement s’est transformée en un naufrage télévisuel, soulevant une question douloureuse : le grand public est-il encore réceptif aux causes de société en prime time ?
Une promesse éditoriale forte et incarnée
Sur le papier, le projet avait tout pour séduire. Produit par la société Endemol, connue pour ses formats de flux puissants, et diffusé par France Télévisions dans le cadre de sa mission de service public, le programme s’attaquait à un tabou français : l’illettrisme. Un fléau invisible qui touche pourtant plus de 3,7 millions de personnes dans l’Hexagone. L’idée était de suivre le parcours de sept adultes courageux, d’âges et d’horizons divers, qui avaient décidé de briser le silence et de reprendre le chemin de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture au cours d’une formation intensive de huit semaines.
Pour incarner ce combat, le choix de Kendji Girac comme parrain n’était pas anodin. Loin de l’image du simple invité de marque, le chanteur populaire, idole de millions de Français, venait ici panser une blessure personnelle. Issu de la communauté des gens du voyage, il a lui-même connu les affres de l’illettrisme, ce sentiment de honte et de décalage qu’il a souvent évoqué avec une pudeur touchante. « J’ai accepté d’être parrain de cette émission parce que moi aussi j’ai connu le doute », confiait-il en amont de la diffusion. « Ce n’est pas une honte d’avoir des lacunes, le plus important, c’est d’en parler. Si je peux leur faire part de mon histoire pour qu’ils se sentent bien, alors je suis là, pour avancer avec eux. »
Cette implication personnelle donnait au programme une âme, une sincérité rare à la télévision. Les premières images laissaient entrevoir des moments de vie poignants, des victoires modestes mais bouleversantes, des témoignages d’une force inouïe. La démarche s’inscrivait parfaitement dans le cadre des Journées Nationales d’Action contre l’Illettrisme, offrant une vitrine médiatique exceptionnelle à une cause souvent reléguée dans l’ombre.
Le rouleau compresseur de la concurrence
Malheureusement, la télévision est une arène où les nobles causes ne pèsent pas lourd face aux habitudes de consommation et à la puissance des événements fédérateurs. Ce mardi soir-là, France 2 se retrouvait face à un véritable “crime de lèse-majesté” en matière de programmation. Sur TF1, un match de qualification pour la Coupe du Monde de football captivait 5,45 millions de supporters, s’arrogeant près de 30 % du marché. Sur France 3, la série policière populaire “La Stagiaire”, portée par Michèle Bernier, rassemblait un public fidèle de 3,86 millions de personnes (21,2 % de part d’audience).
Face à ces deux mastodontes, le magazine de France 2 n’avait, objectivement, aucune chance. Pris en étau, “J’ai pas les mots” a été littéralement broyé. Le public familial et populaire, cible potentielle de l’émission et de Kendji Girac, était soit devant le ballon rond, soit devant sa fiction récurrente. Le programme s’est retrouvé à la quatrième place des audiences de la soirée, un score indigne pour une chaîne du service public en prime time.
Au-delà des chiffres, un silence assourdissant

Plus préoccupant encore que le score d’audience est le silence qui a suivi la diffusion. Alors qu’un programme aussi fort émotionnellement aurait dû susciter des vagues de réactions sur les réseaux sociaux, ce fut à peine une ondulation. Le hashtag #Jaipaslesmots est resté confidentiel, les forums de discussion sont restés désespérément vides. L’émission n’a pas seulement été peu vue, elle n’a généré ni débat, ni émotion, ni conversation.
C’est peut-être là que se niche le véritable échec de la soirée. Le manque de téléspectateurs s’explique par la concurrence féroce, mais le manque d’engagement interroge sur le format lui-même. Le public a-t-il été rebuté par un sujet jugé trop anxiogène ou “scolaire” pour une soirée de détente ? Le format documentaire, bien que sincère, manquait-il de la tension narrative ou des ressorts de la télé-réalité moderne pour “accrocher” le spectateur ?
La présence de Kendji Girac, bien que légitime et touchante, a-t-elle été perçue comme un simple “cautionnement” sans véritable impact sur le déroulé de l’émission ? Son rôle de parrain, en retrait, n’était peut-être pas suffisant pour attirer son large public, plus habitué à le voir chanter et performer qu’à se livrer dans un registre aussi intime et grave.
Un pari courageux mais une leçon amère
Il serait injuste de jeter la pierre à France Télévisions. Tenter de mettre en lumière un enjeu de société aussi crucial est au cœur de sa mission. Le courage de programmer un tel format, loin des sentiers battus de la course à l’audimat, est à saluer. Cependant, cette déroute pose une question fondamentale sur la stratégie de programmation des sujets sociétaux. Pour toucher le grand public, faut-il les enrober dans des formats plus divertissants, quitte à en perdre la substance ? Ou faut-il accepter de les cantonner à des cases plus confidentielles, en deuxième partie de soirée ou sur des chaînes thématiques, renonçant ainsi à leur ambition de parler au plus grand nombre ?
Pour Kendji Girac, l’opération est neutre en termes d’image. Sa démarche était si manifestement sincère et personnelle qu’on ne peut lui reprocher cet échec. Au contraire, il a montré une facette plus profonde et engagée de sa personnalité. Mais pour les sept participants qui ont eu le courage de montrer leur vulnérabilité à la France entière, le sentiment doit être amer. Leur combat, leur histoire, leur message d’espoir méritaient un bien plus large écho. Ils sont les dommages collatéraux d’une guerre d’audience qui, ce soir-là, n’a laissé aucune place à la fragilité des mots retrouvés.
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