Kendji Girac face à Montiel : La confession choc sur sa nuit en enfer et sa “simulation de suicide”

Le studio feutré de RFM, habituellement lieu de rires et de mélodies légères, était chargé d’une tension palpable. Face à Bernard Montiel, dont le regard bienveillant est connu pour délier les langues les plus réservées, ne se trouvait pas le Kendji Girac solaire et insouciant que la France adore. Assis face à lui, c’était un homme marqué, un survivant. Des mois après la nuit qui a failli lui coûter la vie, le chanteur a choisi cette conversation intime pour briser le silence, pour raconter sa vérité, loin des titres de presse et des spéculations. Une confession attendue, poignante, où l’artiste a mis son cœur à nu, révélant les failles profondes derrière le sourire éclatant.
Retour sur une nuit de chaos
L’interview plonge rapidement au cœur du drame. Avec des mots pesants, empreints d’une pudeur qui peine à masquer la douleur, Kendji revient sur cette nuit du 21 au 22 avril 2024. Il ne cache rien, ou presque. Il évoque une dispute avec sa compagne, Soraya, une de ces tensions de couple exacerbées par la fatigue et les excès. “J’ai commencé à boire souvent et trop,” admet-il, reconnaissant l’emprise grandissante de l’alcool, une façon pour lui de “rattraper le temps perdu” avec ses amis et sa famille, loin des tournées incessantes. Cette nuit-là, l’alcool n’était pas seul. Il parle d’une consommation de cocaïne, un cocktail destructeur qui a brouillé son jugement et amplifié ses angoisses les plus sombres.

La peur panique de perdre sa famille, de voir Soraya partir avec leur fille, a été le détonateur. C’est dans ce brouillard de désespoir qu’il a commis l’irréparable. Il raconte avoir saisi une arme, achetée quelques jours plus tôt sur une brocante, et avoir voulu “simuler un suicide”. Un acte insensé, un chantage affectif ultime pour la retenir. “Je voulais lui faire peur,” murmure-t-il, la voix brisée. Mais le geste, maladroit et impulsif, a transformé la simulation en une réalité presque fatale. La détonation, le choc, la douleur fulgurante. Le pronostic vital engagé. Kendji Girac, l’idole de toute une génération, gisait entre la vie et la mort.
Le réveil et les regrets : Une prise de conscience brutale
Le réveil à l’hôpital fut une seconde déflagration, psychologique cette fois. La prise de conscience de la gravité de son acte, de la chance inouïe d’avoir survécu – “la balle est passée à un centimètre du cœur” – mais surtout, de la douleur infligée à ses proches. Bernard Montiel l’écoute, sans le juger, laissant l’artiste dérouler le fil de ses remords. Kendji exprime une honte profonde, non seulement pour s’être mis en danger, mais pour avoir fait endurer un tel calvaire à sa compagne, à sa fille, à ses parents, et à ses fans.
Il évoque les premières versions confuses, les mensonges initiaux visant à le protéger, et son besoin, une fois sorti du danger, de rétablir la vérité. “Je ne pouvais pas écrire un livre sans raconter vraiment toute la vérité,” explique-t-il, faisant référence à son autobiographie à paraître. Cette interview est une extension de cette démarche de transparence, un mea culpa public. Il demande pardon, non pas pour attirer la pitié, mais pour assumer la responsabilité d’un homme qui s’est “brûlé les ailes”.
Eva Alba, sa raison de vivre
Le moment le plus émouvant de l’entretien est sans conteste lorsqu’il parle de sa fille, Eva Alba. C’est là que le masque se fissure complètement, laissant apparaître le père avant l’artiste. Son nom revient comme un mantra, une bouée de sauvetage. “La naissance de ma fille, c’est incroyable, extraordinaire,” confie-t-il. Il raconte que dans les moments les plus sombres, à l’hôpital comme dans sa convalescence, c’est l’image du visage de sa fille qui lui a donné la force de se battre.
L’idée de la laisser grandir sans père, de la priver de son amour à cause d’une “bêtise” d’une nuit, lui était insupportable. “J’ai encore des gens à faire sourire, à faire danser,” dit-il, mais c’est dans ses yeux qu’on lit que la première personne qu’il veut voir sourire, c’est elle. Eva Alba est devenue son ancre, sa raison de se soigner, d’arrêter les excès et de devenir l’homme qu’il aspire à être. “Je me concentre sur ma famille, ma musique, mon avenir,” affirme-t-il, et chaque mot semble être une promesse faite à sa petite fille.
La reconstruction : Un chemin long et difficile
La guérison est loin d’être terminée, et Kendji ne s’en cache pas. La blessure physique, une grave lésion au thorax, a nécessité des semaines de soins intensifs et laisse encore des séquelles. Mais la blessure la plus profonde est psychologique. Face à Bernard Montiel, il admet avoir dû affronter ses démons : sa dépendance à l’alcool, sa difficulté à gérer la pression du succès qui l’a frappé si jeune, et cette faille émotionnelle qui l’a mené au bord du précipice.
Il parle de sa “nouvelle vie”, d’une sobriété qu’il chérit depuis plus d’un an et demi. “J’ai une énergie incroyable, 6h du matin je suis debout pour aller à mon sport,” raconte-t-il, décrivant un quotidien plus sain, plus apaisé. Le chemin est long, il le sait. La confiance avec ses proches, notamment avec sa compagne Soraya, doit être reconstruite. Mais la volonté est là, inébranlable, portée par l’amour des siens et le soutien indéfectible de son public.
En conclusion de cette confession poignante, Kendji Girac n’apparaît plus seulement comme un chanteur à succès, mais comme un homme complexe, pétri de contradictions, qui a frôlé la mort et en est revenu avec une nouvelle soif de vie. Cet accident, dit-il, est la pire et peut-être la meilleure chose qui lui soit arrivée. Une épreuve terrible qui l’a forcé à se regarder en face et à choisir la vie, pour de bon. Son retour sur scène et dans les bacs ne sera plus seulement celui d’un artiste, mais celui d’un miraculé qui a désormais une histoire, lourde mais essentielle, à partager à travers sa musique. Une histoire de chute et de rédemption.
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