« J’ai eu peur pour mes enfants » : Amir Brise le Silence et Dénonce la Vague de Haine et d’Antisémitisme Après l’Appel au Boycott de Ses Concerts

« J'ai eu peur pour mes enfants » : Amir se confie pour la première fois  sur l'appel au boycott de ses concerts - Le Parisien

La scène musicale française a rarement été le théâtre de polémiques aussi personnelles et douloureuses. Pourtant, cet été, la tournée du chanteur Amir, l’une des figures les plus populaires et lumineuses de la variété française, a été violemment ébranlée par des appels au boycott. Au-delà de l’enjeu artistique, cette vague de contestation, ciblant les liens franco-israéliens de l’artiste, a eu une répercussion dévastatrice sur sa vie privée. Dans un entretien d’une rare sincérité accordé au Parisien, Amir a choisi de briser le silence, non pas pour se défendre, mais pour exposer la peur viscérale qu’il a ressentie pour ses enfants.

Son aveu, « J’ai eu peur pour mes enfants », résonne comme un cri d’alarme dans un contexte social et politique de plus en plus tendu. Cette confession bouleversante révèle l’envers du décor, là où les feux de la rampe s’éteignent pour laisser place à l’angoisse paternelle face à la haine instrumentalisée.

 

Le Choc et l’Intimidation : Quand l’Art Devient Politique

J'ai eu peur pour mes enfants » : Amir revient le boycott dont il a fait  l'objet aux Francofolies de Spa, « des dizaines de militaires et de  policiers étaient là »

L’onde de choc est partie d’un mouvement de contestation visant la présence d’Amir aux Francofolies de Spa, en Belgique, puis s’est propagée à d’autres dates de sa tournée. Ce qui était reproché au chanteur n’était pas sa musique, mais « sa personne, son passé, son histoire », autrement dit, ses origines franco-israéliennes et sa participation à des événements passés en Israël, comme un concert de soutien aux soldats en 2014, dans un contexte qui, selon l’artiste, n’est « pas celui que l’on connaît aujourd’hui ».

Amir a dénoncé un « boycott artistique » qu’il juge « lâche, insensé » et allant à l’encontre du principe même de l’art, qui est d’offrir un espace de dialogue et de pluralisme. Pourtant, c’est l’escalade de la violence verbale et des menaces qui l’a véritablement ébranlé. L’artiste, révélé par The Voice et propulsé à l’Eurovision, s’est retrouvé au cœur d’une tourmente qu’il a perçue comme de l’intimidation pure et simple.

Le plus douloureux fut de constater que les arguments avancés par ses détracteurs n’avaient que peu à voir avec son œuvre. Il s’est vu imputer une « dimension politique que je n’ai jamais validée », l’obligeant à s’expliquer sur des choix faits il y a des années, alors qu’il débutait sa carrière et que le contexte géopolitique était différent.

 

La Haine à la Porte du Foyer : Protéger les Enfants à Tout Prix

 

L’impact de la polémique a franchi les portes de sa vie d’artiste pour frapper de plein fouet son rôle de père. C’est la sécurité de ses enfants qui est devenue sa première préoccupation. « Je me prends des seaux de menaces et d’insultes », a-t-il confié, révélant la violence des messages reçus qui ont fait monter la peur d’un cran.

Comment, dans ce contexte délétère, expliquer l’inexplicable à de jeunes enfants ? Comment parler de haine et de menaces sans les traumatiser ? Amir a été contraint d’« inventer une histoire sur des gens qui n’aiment pas trop comment papa chante ». Ce mensonge protecteur, cette tentative désespérée de filtrer la toxicité du monde adulte, témoigne de l’angoisse extrême qu’il a dû gérer en silence. Un père ne devrait jamais avoir à créer un écran de fumée entre ses enfants et la violence publique dirigée contre lui.

Ce récit met en lumière la responsabilité écrasante qui pèse sur les personnalités publiques dont la vie privée est soudainement et violemment exposée aux extrêmes d’un débat international. L’inquiétude n’était plus celle de perdre des dates de concert, mais bien celle de voir son foyer menacé.

 

Le Spectre des « Heures Sombres » et l’« Antisémitisme d’Atmosphère »

 

Au-delà de l’émotion personnelle, Amir a tenu à donner une résonance plus large à son vécu. Il a dénoncé les méthodes employées par ses détracteurs qui, selon lui, « m’ont rappelé des heures sombres ». Cette référence implicite à des périodes tragiques de l’histoire, où des individus étaient ciblés et exclus en raison de leur identité, est forte et glaçante.

Pour le chanteur, cette vague de haine n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un mal plus profond qui gangrène la société française : un « antisémitisme d’atmosphère ». Une ambiance délétère, où les amalgames sont faciles et où la communauté juive se retrouve, une fois de plus, désignée comme cible. Le fait que les attaques ne se portent pas sur la qualité de sa musique, mais sur son identité et son histoire, illustre cette dérive dangereuse.

 

L’Art Contre la Haine : Le Dialogue Plutôt que le Boycott

 

Malgré la pression et la peur, Amir a fait un choix clair : celui de la résistance par l’Art. Jamais il n’a songé à annuler ses concerts, y voyant un acte de soumission à l’intimidation. Pour lui, la seule réponse à la haine et à la division, c’est l’art, le dialogue et le rassemblement.

« Le dialogue est préférable au boycott », a-t-il affirmé, utilisant la scène comme une tribune pour prôner l’apaisement, même si ses concerts se sont déroulés sous haute protection. Sa présence est devenue un acte de courage et de conviction, démontrant que la culture ne doit pas plier face à l’extrémisme. Il refuse de se laisser enfermer dans une case politique, préférant utiliser sa notoriété pour soutenir les victimes de la guerre et plaider pour la coexistence : « J’estime qu’Israël a le droit de se défendre face à une menace existentielle… En espérant que les violences s’arrêtent le plus vite possible, que les otages reviennent et que chacun accepte la présence de l’autre ».

Amir sort de cette épreuve plus vulnérable, mais paradoxalement plus fort. Avec la sortie de son double album, C amir², et une tournée ambitieuse, il a choisi d’affronter la tempête par une renaissance artistique. Ses mots, empreints d’une sincérité rare, rappellent à tous que derrière le statut de star se cache un père et un homme, dont la dignité et la sécurité ne devraient jamais être sacrifiées sur l’autel des conflits géopolitiques.