France Inter en PLS : Charles Alloncle fustige la “Gabégie Abyssale” de France Télévisions et humilie Benjamin Duhamel
L’illusion du contrôle : Quand le journaliste devient le sujet

La confrontation entre Charles Alloncle et Benjamin Duhamel n’est pas seulement une querelle de chiffres ; elle est le miroir d’une crise de légitimité profonde qui frappe le journalisme de service public. En arrivant sur le plateau avec un sourire poli et ce ton faussement candide qui caractérise souvent les héritiers de la caste médiatique parisienne, Benjamin Duhamel pensait pouvoir déstabiliser son invité par de simples pirouettes sémantiques. Mais Charles Alloncle, en fin connaisseur des dossiers, a immédiatement renversé le rapport de force.
Le moment où Duhamel tente de nier l’existence des “cocktails” parce que le mot n’est pas écrit noir sur blanc dans le rapport de la Cour des comptes est symptomatique d’une certaine cécité journalistique. En se focalisant sur la forme pour éviter de traiter le fond — à savoir l’utilisation de 1,5 million d’euros pour des réceptions en pleine pandémie — le journaliste s’est disqualifié lui-même. Alloncle l’a renvoyé à sa propre ignorance, transformant l’intervieweur en un élève pris en faute, incapable de justifier les excès de l’institution qui l’héberge parfois ou qu’il défend par réflexe de corps.
Un gouffre financier sous perfusion publique
L’analyse chiffrée livrée par Charles Alloncle dessine le portrait d’un colosse aux pieds d’argile. France Télévisions, malgré les milliards d’euros de fonds publics qui lui sont injectés chaque année, affiche un bilan de santé alarmant. Avec un déficit cumulé de près de 80 millions d’euros et une trésorerie négative, le groupe ne survit que par la volonté politique de maintenir un outil d’influence, au mépris des règles élémentaires de gestion comptable.
Le risque de “quasi-faillite” et de dissolution, évoqué par Alloncle et sourcé auprès de la Cour des comptes, n’est plus une menace lointaine, mais une réalité technique imminente. Comment justifier qu’un service public, censé appartenir à tous les Français, puisse être géré avec une telle légèreté ? Alloncle pointe du doigt une gestion “idéologique” : le budget est devenu une variable d’ajustement pour servir une ligne éditoriale de plus en plus déconnectée des préoccupations provinciales et populaires.
La déconnexion sociale : Le salaire de l’entre-soi

L’argument le plus dévastateur d’Alloncle concerne sans doute le fossé social. En révélant que le salaire moyen chez France Télévisions s’élève à 72 000 euros par an, il place les employés du groupe dans les 9 % des Français les plus riches. Pour le contribuable moyen, qui lutte contre l’inflation et la baisse de son pouvoir d’achat, cette statistique est une provocation.
Le paroxysme de cette déconnexion est atteint avec les trente directeurs gagnant plus que le Président de la République. Ce chiffre ne révèle pas seulement une dérive budgétaire, il illustre une hiérarchie de privilèges où le service public sert avant tout à entretenir une noblesse d’État médiatique. Alloncle pose la question que personne n’ose poser sur les plateaux : au nom de quoi ces dirigeants, qui supervisent un navire en train de sombrer financièrement, s’octroient-ils des rémunérations que même le premier des Français ne perçoit pas ?
La fin de la rhétorique du mépris
Benjamin Duhamel, face à cette avalanche de faits, a fini par adopter une posture de repli. On a vu le journaliste, habituellement prompt à couper la parole et à donner des leçons de morale, se murer dans un silence gêné, ponctuant les tirades d’Alloncle par de faibles tentatives de recadrage qui tombaient à plat.
Cette séquence marque peut-être un tournant dans la manière dont les responsables politiques de la droite nationale et souverainiste abordent les médias de service public. Ils ne viennent plus pour “participer” au débat selon les règles fixées par l’adversaire, mais pour imposer leur propre réalité, celle des faits, des chiffres et de la gestion concrète. La rhétorique habituelle du service public, qui consiste à se draper dans la “défense de la culture” ou de la “démocratie” pour masquer ses échecs comptables, ne fonctionne plus face à des invités qui maîtrisent parfaitement les rapports administratifs.
Conclusion : Vers une dissolution inéluctable ?

L’intervention de Charles Alloncle agit comme un électrochoc. Elle met en lumière une institution qui a perdu sa boussole. Entre gabégie financière, dérive salariale et partialité idéologique, France Télévisions semble avoir épuisé son crédit auprès d’une large partie de la population.
En renvoyant Benjamin Duhamel à ses échecs et à son manque de préparation, Alloncle n’a pas seulement gagné un débat télévisé ; il a ouvert le procès d’un système à bout de souffle. Si le service public veut survivre, il devra passer par une cure d’austérité drastique et une remise à plat totale de ses priorités. À défaut, la sentence de Charles Alloncle pourrait bien devenir prophétique : la disparition pure et simple d’un modèle qui a fini par se dévorer lui-même, sous l’œil impuissant de journalistes qui, comme Benjamin Duhamel, n’ont pas vu le mur arriver.
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