
C’est une séquence de télévision qui restera gravée dans les mémoires de cette campagne municipale parisienne, un de ces moments de tension électrique où les masques tombent et où la répartie devient une arme de précision. Invitée sur le plateau du service public pour défendre son programme et sa candidature à la mairie de Paris, Sarah Knafo s’est retrouvée face à Benjamin Duhamel. Ce qui devait être une interview politique classique s’est rapidement transformé en un duel rhétorique intense, où la candidate de Reconquête a dû faire face à des questions orientées, frôlant l’accusation d’amateurisme. Mais loin de se laisser déstabiliser, Sarah Knafo a offert une démonstration de force, retournant chaque attaque avec une lucidité et une combativité qui ont laissé son interlocuteur, et les téléspectateurs, pantois.
Tout a commencé par une pique lancée par Benjamin Duhamel concernant le lancement de la plateforme participative de la candidate, « SarahpourParis.fr ». Le journaliste, adoptant un ton volontiers ironique, a qualifié les débuts de la campagne d’« un peu amateurs », faisant référence à des messages haineux et racistes apparus sur le site peu après son ouverture. Une tentative claire de discréditer la démarche participative avant même qu’elle ne prenne son envol. Mais c’était sans compter sur la préparation et la réactivité de Sarah Knafo. Avec un calme olympien, elle a d’abord remercié son interlocuteur de citer l’adresse de son site, transformant l’attaque en publicité gratuite, avant de livrer sa version des faits, bien loin de la narration chaotique que l’on tentait de lui imposer.
« Que s’est-il passé ? », a-t-elle lancé, reprenant la main sur le récit. Elle a alors décrit une opération de sabotage orchestrée, selon elle, par des « petits malins d’ultra-gauche ». La preuve ? Une adresse IP identique. Sarah Knafo a révélé que cette même empreinte numérique avait servi à poster à la fois les messages racistes incriminés par le journaliste et des insultes personnelles visant la candidate elle-même. « Quand la même adresse IP vous insulte, moi, puis poste ces messages, est-ce que vous croyez que c’est un de mes soutiens ? Moi, je ne le crois pas », a-t-elle martelé. En exposant cette manipulation grossière, elle a non seulement dédouané son équipe de toute incompétence, mais elle a aussi pointé du doigt les méthodes déloyales de ses adversaires politiques.
L’échange est monté d’un cran lorsque Sarah Knafo a souligné la synchronisation suspecte entre la publication de ces faux messages et leur diffusion immédiate sur les réseaux sociaux par des figures de l’opposition municipale. « À la seconde où ils ont été postés… Yann Brossat, David Belliard passent leur temps sur mon site internet à réactualiser la page pour faire des captures d’écran ? », a-t-elle interrogé avec une ironie mordante. Benjamin Duhamel, tentant de reprendre le contrôle, a parlé de « théorie du complot ». Une accusation balayée d’un revers de main par la candidate : « Ça ne s’appelle pas une théorie quand c’est la même adresse IP. Vous croyez aux faits, Benjamin Duhamel ? » Cette question rhétorique a mis en lumière le décalage entre la réalité technique du piratage et l’interprétation politique qu’en faisaient les médias.
Mais le véritable cœur de l’affrontement ne portait pas sur la technique, mais sur la philosophie politique. Après avoir clos le chapitre du sabotage, Sarah Knafo a voulu remettre en avant l’essentiel : la parole des Parisiens. Elle a évoqué les centaines de contributions réelles, celles de citoyens inquiets pour la crèche de leurs enfants, pour la propreté, pour l’avenir de leur ville. C’est là que Benjamin Duhamel a tenté une nouvelle offensive, cette fois sur le fond du programme : la proposition d’organiser 80 référendums par an. Le journaliste a semblé tourner en dérision cette idée, soulignant la « difficulté logistique » et l’absurdité apparente de faire voter les Parisiens aussi souvent.
La réponse de Sarah Knafo a été cinglante, une véritable leçon de démocratie. « J’ai le sentiment que vous trouvez absurde de demander aux Parisiens leur avis… Je vois votre regard », a-t-elle observé, perçant à jour le scepticisme de son interlocuteur. Pour elle, donner la parole au peuple n’est pas une contrainte logistique, c’est une exigence morale. Elle a pris pour modèle la Suisse, un pays où la démocratie directe est une réalité quotidienne et fonctionnelle. « Ils peuvent voter le même jour pour plusieurs projets. Ça se fait exactement de la même manière en Suisse », a-t-elle expliqué, démontrant que ce qui paraît impossible aux élites parisiennes est une banalité chez nos voisins helvétiques.

En affirmant vouloir « gouverner Paris comme la Suisse » et devenir « la maire la plus démocratique que les Parisiens aient connue », Sarah Knafo a tracé une ligne de fracture nette. D’un côté, une vision technocratique qui considère que les citoyens doivent subir les décisions prises en haut lieu ; de l’autre, une vision participative où ceux qui subissent les conséquences des politiques publiques ont le droit de les choisir. « Quand vous leur imposez des projets dont ils seront les seuls à subir les conséquences, peut-être que ce serait bien de les appeler au vote », a-t-elle conclu.
Cet échange, bien plus qu’une simple passe d’armes, révèle deux conceptions du monde irréconciliables. Benjamin Duhamel, dans son rôle de contradicteur, a incarné le doute des institutions face à la capacité du peuple à décider pour lui-même. Sarah Knafo, en revanche, a endossé le rôle de la défenseure d’une souveraineté populaire retrouvée, même à l’échelle locale. En refusant de se laisser enfermer dans les polémiques stériles sur le piratage de son site et en ramenant constamment le débat sur le fond — la démocratie directe, l’écoute des Parisiens, le respect de leur intelligence —, elle a marqué des points précieux.
Ce duel télévisé a également mis en lumière la ténacité de la candidate. Attaquée sur la forme, elle a répondu sur le fond. Accusée d’amateurisme, elle a démontré une maîtrise des faits et une vision politique cohérente. Face à un système médiatique souvent prompt à la caricature, Sarah Knafo a prouvé qu’elle avait du répondant et qu’elle ne comptait pas se laisser dicter l’agenda de sa campagne. Pour ses soutiens, cette séquence est la preuve éclatante de sa capacité à diriger, à tenir bon dans la tempête et à défendre ses convictions avec une clarté redoutable. Pour ses détracteurs, c’est un avertissement : la bataille pour Paris ne se jouera pas sur des piratages informatiques ou des ricanements de plateau, mais sur des idées fortes et une volonté farouche de rendre le pouvoir à ceux à qui il appartient, les Parisiens.
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