Neuf ans. Un intervalle qui peut sembler long pour certains, presque une éternité pour d’autres. Mais pour Céline Dion, ces neuf années ont été un territoire fragile, oscillant entre la survie pure et une lente reconstruction. Depuis la disparition de René Angélil le 14 janvier 2016 – son mari, son manager, son premier amour et, comme elle le disait toujours, sa “moitié” – la chanteuse québécoise vivait dans une solitude émotionnelle presque sacrée. Elle ne rejetait pas l’amour, mais elle ne s’autorisait tout simplement pas à y penser. Pour Céline, aimer de nouveau aurait presque semblé trahir celui qui avait façonné sa vie artistique et personnelle.

Pourtant, neuf années après le drame, après un mariage qui avait fasciné le monde entier et un deuil vécu sous l’œil bienveillant mais incessant du public, quelque chose s’est déplacé dans son cœur. L’hiver de 2016 fut le plus long de sa vie. Céline avoua plus tard que pendant près d’un an, elle n’avait jamais dormi plus de trois heures d’affilée. Beaucoup l’ignorent, mais elle songea sérieusement à arrêter de chanter définitivement. Sans René, chaque projecteur semblait trop lourd, presque violent. C’est en remontant sur scène à Las Vegas qu’elle redécouvrit un lien profond avec le public, une bouée de sauvetage. Mais l’amour, celui-là, restait un territoire interdit, un sanctuaire verrouillé.

Le destin, pourtant, n’épargne jamais totalement. À mesure que la douleur du deuil commençait à s’adoucir, un autre combat surgit : celui de sa santé. Le diagnostic du syndrome de la personne raide, une maladie neurologique rare et cruelle, transforma sa vie en une succession de traitements et de douleurs intenses. Mais ce chapitre de souffrance physique fut paradoxalement le moment où elle réalisa qu’elle n’était plus seule intérieurement. Pour la première fois depuis longtemps, Céline se surprit un soir à penser : “Peut-être que je pourrais aimer à nouveau un jour.” Ce fut un tournant silencieux, mais gigantesque.

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L’histoire qui allait bientôt entourer Céline Dion ne ressemblait ni à un coup de foudre romantique de cinéma, ni à une promesse gravée dans le destin. Elle est née d’un hasard improbable. Tout commença lors d’un gala caritatif à Los Angeles, un événement auquel Céline n’avait accepté d’assister qu’après des semaines d’hésitation. C’est là qu’elle rencontra Julien Mercier, un réalisateur franco-canadien de 34 ans, connu pour ses documentaires sur la résilience artistique. Il n’était pas une célébrité de premier plan, mais un homme intelligent, passionné, au regard franc. C’est Céline elle-même qui fit le premier pas, attirée par une discussion qu’il avait sur la vulnérabilité des artistes. “Je pense que la vulnérabilité est une force, pas une faiblesse”, lui dit-il. Pour Céline, habituée à être regardée comme une légende figée dans le deuil, cette reconnaissance intime fut un choc.

Ils discutèrent dix minutes, puis vingt. Elle souriait, lui écoutait. Les jours suivants, ils échangèrent quelques messages amicaux sur le cinéma et la musique. Julien avait cette manière rare d’écrire sans chercher à impressionner, laissant Céline respirer entre les mots. Ils se revirent à Montréal, puis à New York, toujours discrètement. Mais comme souvent, il suffit d’un cliché pour que tout s’emballe. Un soir de mars, un paparazzi photographia Céline riant aux éclats à une terrasse new-yorkaise avec Julien. La photo fit le tour du monde. Les titres tombèrent : “Céline Dion en couple avec un homme de 34 ans”. Les réactions furent immédiates et violentes. Certains se réjouissaient, d’autres criaient au scandale, jugeant la différence d’âge “irrespectueuse” envers René.

Face à la tempête médiatique, Julien aurait pu fuir. Il envoya au contraire un message qui eut l’effet d’un baume sur le cœur de la star : “Je suis désolé pour le bruit… Si vous voulez qu’on arrête, je comprendrai. Mais sachez que j’ai beaucoup aimé parler avec vous et ça ne dépend pas des caméras.” Pour la première fois, Céline se sentit libre face à un homme qui ne lui demandait rien. Malgré l’affection naissante, elle se retrouva face à un dilemme profond : avait-elle le droit d’aimer ? Trahirait-elle son passé ? Ses enfants comprendraient-ils ?

La bascule survint un dimanche soir, dans la grande maison de Las Vegas. Céline regardait de vieilles vidéos de famille avec ses trois fils. À un moment, René-Charles, l’aîné, posa la télécommande et dit doucement : “Maman, tu as le droit d’être heureuse aussi. Papa voudrait que tu vives, pas que tu survives. Et on voit bien que Julien te fait du bien.” Les jumeaux, Nelson et Eddy, acquiescèrent. Céline resta bouleversée. La culpabilité se brisa. Ses enfants ne la jugeaient pas ; ils l’attendaient. Ce fut le feu vert le plus important de sa vie.

Quelques semaines plus tard, lors d’un événement à Montréal, alors que Céline eut une légère perte d’équilibre due à sa maladie, Julien l’aida spontanément, posant sa main dans son dos. Ce geste protecteur, capturé par les photographes, devint viral. Les critiques sur leur différence d’âge reprirent de plus belle. Céline comprit alors qu’elle devait assumer sa vérité. Elle invita Julien à dîner et lui dit : “Je ne veux pas t’entraîner dans quelque chose que tu ne pourras pas supporter.” Julien la regarda et répondit : “Je préfère vivre une histoire difficile avec toi que vivre une vie facile sans toi.” Ce soir-là, ils décidèrent d’être ensemble, officiellement.

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Plutôt que de laisser les tabloïds dicter leur histoire, Céline choisit de parler. Lors d’une interview exclusive, à la question “Y a-t-il quelqu’un dans votre vie ?”, elle répondit d’une voix assurée : “Oui, je vois quelqu’un. C’est un homme extraordinaire… Et après tout ce que j’ai traversé, je crois que j’ai le droit d’être heureuse.” Le monde s’arrêta un instant. Céline Dion venait de confirmer ce que tout le monde soupçonnait, sans excuses. Elle reprenait le contrôle.

Aujourd’hui, Céline Dion ne sait pas combien de temps cette histoire durera. Elle ne sait pas si sa santé lui permettra de vivre pleinement cette relation sur le long terme. Mais elle sait une chose essentielle : l’amour ne remplace pas, il ajoute. Julien n’a pas effacé René ; il a réchauffé une place qui était restée froide trop longtemps. Il est présent lors de ses crises de douleur, il reste quand elle s’effondre, non comme un fan, mais comme un homme qui aime. Cette nouvelle histoire n’est pas une trahison, c’est la continuation d’une vie qui refuse de s’éteindre.

Par son courage discret, Céline Dion nous montre qu’il n’y a pas de date de péremption pour le cœur. Qu’une femme de plus de 50 ans, marquée par le deuil et la maladie, a encore le droit de vibrer, d’être regardée, d’être aimée. Son histoire avec Julien Mercier est un pied de nez à tous les préjugés et une leçon d’espoir universelle : il n’est jamais trop tard pour guérir, il n’est jamais trop tard pour choisir de s’aimer. Et si Céline Dion ose écrire ce nouveau chapitre, alors chacun d’entre nous peut aussi, à sa manière, s’autoriser un nouveau départ.