
Suite à sa mort survenue ce dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot laisse derrière elle un fils unique, prénommé Nicolas. Ne souhaitant pas devenir mère, l’actrice a appris à composer avec cet enfant. Une relation filiale complexe, qui a fini par s’apaiser avec le temps.
Un enfant laissé pour orphelin. Quelques mois seulement après la mort de Jacques Charrier, décédé le 3 septembre dernier à l’âge de 88 ans, Nicolas Charrier voit sa mère Brigitte Bardot s’en aller à son tour. Au départ distendue et complexe, leur relation parvient à s’apaiser avec le temps, notamment grâce à l’intervention de Bernard d’Ormale. Ce dernier, qui n’est autre que le mari de Brigitte Bardot depuis 1992, joue des coudes pour que mère et fils se rapprochent. «J’ai proposé à Brigitte d’aller voir son fils et puis voilà, ça s’est bien passé», raconte-t-il, à Paris Match, en septembre dernier. «Ils ne se voient pas beaucoup, mais il est souvent venu à la Madrague. Et ils s’appellent régulièrement . Tenez, encore avant-hier !», précise-t-il. C’était pourtant loin d’être gagné au départ…
À la fin des années 50, celle qui a déjà subi plusieurs avortements n’a toujours pas pour projet de devenir mère, encore moins avec son compagnon de l’époque Jacques Charrier. «Elle pourrait être heureuse. C’est tout l’inverse. L’amour, c’est la sauvagerie libre. Elle ne veut pas de cet enfant. Pas prête. Pas l’envie. Pas avec cet homme, Charrier, qui devient de plus en plus possessif, qu’elle sait fragile, violent parfois», raconte Pascal Louvrier dans son livre Vérité BB (Éd. Le Passeur). Mais le destin va en décider autrement pour elle.
PHOTOS – Brigitte Bardot : tous les hommes de sa vie
Brigitte Bardot et son rapport complexe à la maternité : «J’aurais préféré…»
Une fois enceinte, Brigitte Bardot n’a d’autre choix que de se marier, de rentrer dans le rang. C’est du moins ce que pense son père Louis. Face aux réticences qu’elle émet le jour de son union, il la rappelle à l’ordre : «Tu es enceinte, ne l’oublie pas. Tu dois épouser le père.» C’est donc ce qu’elle fait le 18 juin 1959, lors d’une cérémonie organisée en petit comité à Louveciennes (Yvelines), le fief de la famille Bardot. Si cette pression liée au mariage est éprouvante, sa grossesse l’est davantage. Dans son livre Initiales B.B, publié en 1996, la star se confie sans fard à ce sujet : «C’était comme une tumeur qui s’était nourrie de moi, que j’avais portée dans ma chair tuméfiée, n’attendant que le moment béni où l’on m’en débarrasserait enfin. Le cauchemar est arrivé à son paroxysme, il fallait que j’assume à vie l’objet de mon malheur.»
Le 11 janvier 1960, la comédienne accouche d’un garçon, prénommé Nicolas. Elle a 25 ans et ne se sent pas prête à affronter la maternité. «Lorsqu’on pose l’enfant sur son ventre, elle est tellement épuisée qu’elle le repousse», raconte Marie-Dominique Lelièvre dans Brigitte Bardot, plein la vue (Éd. Flammarion). Plus tard, elle aura des mots très durs concernant cet événement, en affirmant : «J’aurais préféré accoucher d’un petit chien.» Dans une interview avec la journaliste Caroline Pigozzi de Paris Match, relatée dans le livre Pourquoi eux (Éd. Plon), Brigitte Bardot laisse entendre que «ce n’était sûrement pas le moment d’avoir un enfant». Elle s’explique : «Je me suicidais toutes les trois minutes, ne faisais que des conneries, mais on ne choisit pas ; le timing était mauvais et tout le monde en a souffert.»
Brigitte Bardot et Jacques Charrier, à la naissance de leurs fils Nicolas, le 11 janvier 1960. Keystone USA Collection / Bestimage
Blessé, Nicolas Charrier conduit sa mère en justice
Si cet accouchement se révèle être un «traumatisme» pour B.B, comme elle le confie elle-même au Point, ses mots très durs le sont tout autant pour son fils Nicolas. Blessé au plus profond de sa chair, Nicolas Charrier intente un procès à sa mère en 1996, pour atteinte à l’intimité intra-utérine. Dans cette bataille, l’intéressé peut compter sur le soutien de son père Jacques Charrier, lequel ne tarde pas à se rallier à sa cause. «Le fils de Brigitte Bardot, Nicolas Charrier, et son ex-mari, Jacques Charrier, demandent 6 millions de francs de dommages et intérêts à l’actrice, et 5 millions à Grasset, l’éditeur qui a publié, en octobre 1996, son autobiographie Initiales BB», rapporte Libération en 1997. La plaidoirie menée par l’avocate de l’actrice ne suffit pas à convaincre les juges, qui la reconnaissent coupable. Le 7 mars 1997, Jacques et Nicolas Charrier obtiennent que Brigitte Bardot et son éditeur soient condamnés à payer 150 000 francs au premier et 100 000 francs au second, de dommages et intérêts.
Mère et fils sur la voie de la réconciliation
Avec le temps, l’héroïne du film Et Dieu créa la femme reconnaît volontiers ses torts. «Il me manquait beaucoup de soutien, il me manquait des parents, des gens qui m’aident à vivre. Je n’avais pas cela», se justifie l’actrice, dans les pages du Parisien, en 2022. Le temps fait son effet, et bien que les blessures soient toujours présentes, mère et fils parviennent à renouer. «Nous nous appelons régulièrement. Vivant en Norvège, il me rend visite une fois par an à la Madrague, seul ou accompagné de sa famille, de sa femme, de mes petites-filles», raconte-t-elle à Var Matin. «Je l’aime d’une manière spéciale. Et lui aussi. Il me ressemble un peu. Physiquement il a beaucoup hérité de son père», raconte celle qui était davantage à sa place au milieu des animaux.
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