D’abord elle fut mannequin, puis actrice et icône des années 50 et 60, ensuite chanteuse et muse de Serge Gainsbourg. Et enfin, militante pour la défense des animaux, allant jusqu’à créer une fondation qui porte son nom. Brigitte Bardot nous a quittés à l’âge de 91 ans, a-t-on appris ce dimanche 28 décembre 2025.

A propos d’elle, le général de Gaulle aurait dit à ses ministres qu’elle rapportait plus de devises à la France que la régie Renault. Brigitte Bardot ne fut pourtant pas qu’une star de cinéma mondialement connue. Devenue incarnation du désir après son interprétation dans le film Et Dieu créa la femme, elle révolutionna l’image de la femme, corsetée jusque dans les années 1950. Elle incarna l’émancipation féminine, la liberté sexuelle avant la libération sexuelle. A l’étranger, elle était la France. Dans les mairies françaises, elle devint Marianne.

Ce dimanche 28 décembre 2025, on apprend que Brigitte Bardot est décédée.

Déjà, le 19 juillet 2023, les secours avaient dû intervenir à son domicile de Saint-Tropez. L’actrice alors âgée de 88 ans présentait une gêne respiratoire.

Brigitte Bardot. © ERIC FEFERBERG

Du mannequinat, au cinéma et sa rencontre avec Vadim

Rien ne semblait pourtant prédestiner la jeune Brigitte à un tel destin. Née le 28 septembre 1934 à Paris, elle était la fille d’un industriel, Louis Bardot et d’Anne-Marie Mucel, mère au foyer. En plus d’une éducation stricte, elle apprend la danse classique. En 1948, elle est reçue au concours d’entrée du Conservatoire de danse de Paris. Alors jeune fille, elle est remarquée par la directrice du magazine Elle. Celle-ci l’a choisie pour la Une de l’hebdomadaire.

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Le réalisateur Marc Allégret remarque Brigitte Bardot et l’auditionne pour Les lauriers sont coupés. Durant le tournage du film, elle tombe sous le charme de Roger Vadim, alors assistant réalisateur. Suivant l’injonction des parents Bardot d’attendre ses 18 ans, l’union de Brigitte Bardot et de Roger Vadim est célébrée fin 1952. Leur divorce sera prononcé cinq ans plus tard.

Blonde… Et dieu créa la femme

En 1956, pour le Festival de Cannes, ses cheveux châtains deviennent d’un blond solaire. Sa photogénie atteint des sommets. Roger Vadim trouve le financement pour réaliser Et dieu créa la femme. Celui-ci sort dans les salles quelques mois plus tard, y compris outre-Atlantique.

Brigitte Bardot est Juliette. L’histoire se passe à Saint-Tropez. Totalement nue pour un bain de soleil derrière des draps ou en jupe longue dévoilant ses longues jambes lors d’une danse endiablée, sa silhouette svelte aux rondeurs féminines rend fous les hommes.

La femme enfant, ingénue et impudique, devient femme fatale, libre et provocatrice.

Des scènes du film créent le scandale. Elles deviendront cultes. Le film fait de Brigitte Bardot une star internationale. Le mythe BB est né. L’histoire d’amour entre Saint-Tropez et Brigitte Bardot se poursuivra jusqu’à l’achat en 1958 de La Madrague.

Traquée par les paparazzi

Suite au triomphe populaire du film (près de 4 millions d’entrées), la jeune actrice, enchaîne les tournages : Babette s’en va en guerre de Jacques Charrier, En cas de malheur de Claude Autant-Lara, La Vérité de Henri-Georges Clouzot, Le Mépris de Jean-Luc Godard… Les photographes la traquent. En 1963, Jacques Rozier en fait un documentaire intitulé Paparazzi.

Muse de Serge Gainsbourg

Parallèlement, Brigitte Bardot devient la muse de Serge Gainsbourg. Il lui compose plusieurs titres qui deviendront presque aussi iconiques que la star : Harley DavidsonBonnie & ClydeJe t’aime moi non plusComic Strip…  Et pour lui, une chanson Initials BB : ” Jusques en haut des cuisses, elle est bottée. Et c’est comme un calice, à sa beauté. Elle ne porte rien, d’autre qu’un peu, d’essence de Guerlain, dans les cheveux…”

En 1968, elle accepte de devenir Marianne, symbole de la République française, représentée jusqu’alors sous les traits d’une anonyme. Son buste aux formes lascives, sculpté par Aslan, ornera des mairies en France.

Buste de Marianne, modèle Brigitte Bardot, à la mairie de Saint-Voir dans l’Allier (photo Philippe Bigard).Longtemps considérée comme un sex-symbol, BB aura au total joué dans près d’une cinquantaine de films. En 1973, elle annonce qu’elle met un terme à sa carrière au cinéma. Le début d’une nouvelle vie…

La défense des bébés phoques jusqu’en Auvergne

Loin de l’agitation médiatique dont elle a souffert, Brigitte Bardot veut se consacrer exclusivement à la cause animale.

D’abord porte-parole de la SPA, elle lance, en 1977, une campagne dans les médias contre le massacre d’animaux dont la peau est destinée au commerce de la fourrure.

Les archives de La Montagne du 12 mars 1979 rappellent ainsi que “Brigitte Bardot s’était rendue sur les côtes de Terre-Neuve pour proposer aux “chasseurs” des solutions de remplacement s’ils abandonnaient le massacre des bébés phoques. Un mouvement écologiste international offrait de financer une usine de fourrure synthétique et Brigitte Bardot donnait, quant à elle, son affaire de prêt-à-porter “La Madrague”.”

Archive du 10 mars 1979 : un millier de personnes l’ont accueillie à Chamalières pour un débat avec Allain Bougrain-Dubourg après la diffusion de trois films axés sur la chasse des bébés phoques (photo Michel Agon)

Notre archive : “Brigitte Bardot, belle et convaincante”

À la demande de l’Association pour la protection des animaux à fourrure de Royat dans le Puy-de-Dôme, ce combat l’a conduite à Chamalières, le 10 mars 1979, aux côtés d’Allain Bougrain-Dubourg, qui fut son compagnon.

Le 10 mars 1979 : archive photo La Montagne-Michel AgonLa Montagne, dans son édition du 11 mars, la décrivait ainsi lors de sa venue : “Vêtue d’un tailleur-pantalon anthracite, la belle actrice aux longs cheveux d’or qui a fait rêver toute une génération de Français, est toujours svelte et son sourire a gardé le même éclat.” Dans son article du 12 mars 1979 intitulé “Brigitte Bardot, belle et convaincante”, le journal La Montagne, relatant l’événement, a repris les premiers mots de la désormais militante :

Ce que je fais aujourd’hui, il n’y a que le sort des bébés phoques qui me fait le faire.

Une demande aux Auvergnats

“Une cause qui, devait souligner le journaliste animalier Allain Bougrain-Dubourg, n’est certes pas à mettre en balance avec les grands événements et les crises qui secouent le monde actuellement mais dont la raison d’être se justifie puisqu’il s’agit de sauvegarder l’équilibre de la nature en protégeant les espèces en voie de disparition.”

Archive du 10 mars 1979 : Brigitte Bardot à su mettre toute sa conviction et sa spontanéité au service de la cause qu’elle défend entouré d’Allain Bougrain-Dubourg et de Gaby Neyrial, présidente de l’Association pour la protection des animaux à fourrure (photo Michel Agon).A quelqu’un qui soulignait que “M. Valéry Giscard d’Estaing chasse des gros fauves en Afrique et quelle action elle comptait entreprendre contre les safaris, elle a répondu : “Aujourd’hui je suis là pour le plus urgent : le sort des bébés phoques. En ce qui concerne les fauves, nous avons déjà obtenu l’interdiction de l’importation des peaux en France.” Brigitte Bardot a alors demandé aux Auvergnats, en particulier aux Chamalièrois, d’écrire au Président de la République (NDLR Valéry Giscard d’Estaing) afin qu’il décrète l’embargo sur les peaux de phoques (dix mille environ), encore importés. D’ajouter :

“Vous faites partie du cœur de la France, et si les lettres viennent de vous, elles auront plus de portée.”

Brigitte Bardot

La Fondation Brigitte Bardot

En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, pour mener à bien ses combats contre la chasse aux phoques, à la baleine, la commercialisation de la fourrure… “J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux”, avait-elle alors déclaré lors de la vente aux enchères de ses objets personnels qui avait pour objectif de financer la Fondation.

La défense des animaux partout dans le monde

Aujourd’hui, la Fondation Brigitte Bardot est une ONG œuvrant pour la protection de l’animal sauvage et domestique en France et à travers le monde, dans plus de 70 pays.

Photo Fondation Brigitte BardotAnnée après année, Brigitte Bardot s’est faite de plus en plus rare dans les médias. Ses déclarations ont régulièrement suscité la contreverse voire la polémique. Pire encore des actions en justice : Ainsi en 2019, elle s’adresse au préfet de la Réunion, concernant le traitement des animaux sur cette île. Dans cette lettre, elle qualifie notamment les Réunionnais “d’autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvage”. Plusieurs plaintes sont déposées. En décembre 2022, elle est condamnée, en appel, à 10.000 euros d’amende.

Des mariages, un enfant et une série sur France 2

Côté vie privée, Jacques Charrier lui a donné un fils prénommé Nicolas, en 1960. En 1966, elle épouse le milliardaire Günther Sachs puis divorce. En 1977, elle rencontre Allain Bougrain-Dubourg. Brigitte Bardot était mariée à Bernard d’Ormale depuis 1992.

Récemment, Danièle et Christopher Thompson ont raconté cette icône du cinéma internationale et du glamour à la française, de ses débuts de modèle à la Une de Elle jusqu’au tournage de La Vérité d’Henri Georges Clouzot, dans une série biopic diffusée sur France 2.