
Pendant plus de trois décennies, un voile de mystère épais et douloureux a recouvert l’une des énigmes les plus obsédantes de la culture populaire européenne : la disparition d’Ylenia Carrisi. Fille aînée du couple mythique Al Bano et Romina Power, son absence a pesé comme une ombre indélébile, non seulement sur sa famille, mais aussi sur des millions de fans à travers le monde. Considérée comme l’une des blessures les plus vives de l’Italie, cette affaire a été le terreau de toutes les spéculations, alimentant inquiétudes, faux espoirs et théories du complot. Pourtant, malgré le temps qui passe inexorablement, ce n’est qu’aujourd’hui, à travers des révélations mûries et douloureusement libérées, que ses parents ont décidé de briser le silence. Ils livrent leur vérité, sans filtre et sans peur du jugement, avec la résilience de ceux qui ont traversé l’enfer.
Pour saisir l’ampleur de ce drame, il est essentiel de remonter le temps, de revenir à cette époque charnière du début des années 1990, où le monde semblait encore vaste et mystérieux. À ce moment-là, Al Bano et Romina Power incarnaient le bonheur absolu. Ils formaient le couple le plus célèbre d’Italie, un duo romantique dont les mélodies résonnaient dans toute l’Europe. Leurs concerts attiraient des foules immenses et leur complicité sur scène comme à la ville fascinait le public. Ils vivaient ce qui ressemblait à un conte de fées moderne : une famille unie, talentueuse, admirée et enviée. Au centre de ce tableau idyllique rayonnait Ylenia, née en 1970. Loin d’être une simple “fille de”, elle était une jeune femme d’une intelligence vive, cultivée et farouchement indépendante.
Avec sa longue chevelure blonde et son regard profond, Ylenia captivait non seulement par sa beauté, mais surtout par sa soif de liberté. Polyglotte, grande lectrice et voyageuse insatiable, elle préférait l’exploration intellectuelle et humaine aux paillettes du show-business. À 23 ans, elle semblait tout avoir pour elle : la liberté, la curiosité et des perspectives infinies. Cependant, derrière cette énergie solaire se cachait une âme complexe, traversée par des questionnements existentiels profonds sur l’identité et les injustices du monde. C’est cette quête de sens qui la poussera, un soir de décembre 1993, à prendre une décision qui allait bouleverser à jamais l’histoire de son clan. Contrairement aux rumeurs de fugue qui circuleront plus tard, Ylenia n’a pas quitté l’Italie pour fuir les siens, mais pour se confronter au monde et à elle-même aux États-Unis.
Ses parents, bien que soucieux, respectèrent son choix, conscients d’avoir élevé une adulte responsable. Pour Ylenia, l’Amérique était un terrain d’exploration fascinant. Elle posa ses valises à la Nouvelle-Orléans, une ville magnétique et vibrante, mais aussi dangereuse, où la musique côtoie la pauvreté et où l’on peut se perdre facilement. Elle logeait dans une modeste auberge, puis dans une pension au bord du Mississippi, ce fleuve mythique qui charrie autant de légendes que de tragédies. Les derniers contacts avec sa famille décrivaient une jeune femme sereine, sans aucun signe de détresse psychologique. Pourtant, en l’espace de quelques jours, le silence s’installa brutalement. Ylenia cessa de répondre. Selon les enquêteurs américains, sa trace se perd officiellement le 31 décembre 1993, mais les circonstances restent floues, tissées de contradictions et de zones d’ombre.
Très vite, l’angoisse s’empara de la famille. Si Romina ressentit immédiatement ce vide viscéral propre aux mères, une alerte silencieuse lui criant que quelque chose n’allait pas, Al Bano tenta d’abord de rationaliser, espérant un simple contretemps. Mais face à l’évidence, il s’envola pour les États-Unis, remuant ciel et terre. L’affaire devint instantanément un phénomène médiatique. Les titres des journaux hurlaient la disparition de la “fille d’Al Bano et Romina”, transformant un drame intime en tragédie publique. Dans le chaos de la Nouvelle-Orléans, une ville où l’on peut disparaître sans laisser de trace, l’enquête piétinait. Pas de corps, pas de message, juste un vide abyssal. C’est précisément cette absence de certitude qui allait devenir le fardeau le plus cruel pour le couple, finissant par creuser un fossé émotionnel infranchissable entre eux.
Ce que le public ignorait jusqu’à récemment, c’est la profondeur de la divergence qui opposa les deux parents dès le début du drame. Al Bano et Romina ont vécu deux réalités parallèles, tragiquement incompatibles. Pour Al Bano, l’issue fatale s’imposa rapidement. Méthodique et pragmatique face aux enquêteurs, il fut confronté au témoignage glaçant d’un gardien de nuit. Cet homme, dont la parole fut longtemps minimisée, raconta avoir vu une jeune femme ressemblant trait pour trait à Ylenia s’approcher des eaux noires du Mississippi le soir du 31 décembre. Il affirma l’avoir entendue prononcer cette phrase énigmatique : “Je suis fatiguée, je veux me laisser aller”, avant de disparaître dans les flots. Pour Al Bano, ces mots résonnèrent comme une sentence définitive. Il garda ce témoignage pour lui pendant des années, par pudeur et pour protéger l’espoir fragile de sa femme, mais cette certitude secrète le rongeait de l’intérieur.
À l’opposé, Romina Power refusa catégoriquement, viscéralement, l’idée de la mort. Pour elle, l’absence de corps était la preuve que sa fille était vivante. Elle se raccrochait à l’idée qu’Ylenia avait choisi de changer de vie, peut-être pour rejoindre une communauté spirituelle ou vivre dans l’anonymat loin de la célébrité toxique. Au fil des années, Romina reçut des lettres, certaines anonymes, d’autres farfelues, signalant la présence de sa fille au Mexique, en Argentine ou ailleurs. Même si aucune piste ne fut jamais vérifiée, chaque rumeur était pour elle une bouffée d’oxygène, une fenêtre ouverte sur l’espoir. “Tant qu’il n’y a pas de preuve du contraire, elle est vivante”, répétait-elle, une conviction que certains qualifiaient de déni, mais qui n’était autre que l’expression d’un amour maternel indestructible.
Cette divergence fondamentale sur le sort de leur enfant devint le poison de leur couple. Comment continuer à vivre ensemble quand l’un veut faire son deuil pour survivre, et que l’autre perçoit ce deuil comme une trahison ? Chaque discussion devenait un conflit, chaque silence un reproche. Al Bano avait besoin d’accepter la réalité brutale pour ne pas sombrer, se réfugiant dans la musique, la terre de ses ancêtres et la discipline. Romina, elle, cherchait des réponses dans la spiritualité, la méditation et les philosophies orientales, persuadée que le lien avec sa fille n’était pas rompu. Leur séparation, survenue quelques années plus tard, ne fut pas un désamour, mais une conséquence inévitable de cet excès de douleur. Ils ne pouvaient plus porter ce fardeau ensemble.

La pression médiatique n’a rien arrangé. Pendant trente ans, journalistes et charognards de l’information se sont appropriés leur histoire, déformant leurs propos, inventant des pistes cruelles et brisant leur intimité. Romina s’est souvent sentie trahie, voyant ses intuitions de mère transformées en théories délirantes par la presse à scandale. C’est cette intrusion permanente qui les a poussés à se murer dans le silence, protégeant le reste de leur famille, notamment leurs autres enfants qui ont dû grandir dans l’ombre écrasante de cette sœur disparue. Eux aussi ont porté ce poids, chacun gérant la douleur à sa manière, entre résilience et fuite.
Aujourd’hui, si Al Bano et Romina acceptent enfin de parler, ce n’est pas pour révéler un nouveau coup de théâtre, mais pour confesser cette vérité humaine et poignante : ils ne croient pas à la même histoire, et ils l’acceptent enfin. Le temps a apaisé les colères. Leurs retrouvailles sur scène ces dernières années n’étaient pas dictées par l’argent, mais par une forme de guérison. La musique est devenue leur seul terrain d’entente, l’unique espace où la douleur se tait.
En brisant ce silence de trois décennies, ils nous offrent une leçon bouleversante sur le deuil. Il n’y a pas une seule vérité dans l’affaire Ylenia, mais deux vérités subjectives : celle d’un père qui a dû “tuer” l’espoir pour ne pas mourir de chagrin, et celle d’une mère qui maintient sa fille en vie par la seule force de son esprit. Ylenia Carrisi reste un mystère, une figure évanescente d’une époque révolue où l’on pouvait encore disparaître. Mais au-delà de l’énigme policière, son histoire est celle d’une famille qui, malgré l’horreur, a tenté de survivre. Comme le dit si bien Romina : “Ylenia nous a libérés de la logique. Elle nous oblige à vivre dans le mystère.” Et peut-être est-ce là, finalement, la seule conclusion possible.
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