
Salut mes amis, j’espère que vous allez bien, même si l’ambiance générale est lourde et que le cœur n’y est pas toujours. Il faut dire les choses telles qu’elles sont : la base en a marre. Cette base française, ce peuple laborieux et courageux, en a véritablement assez. Nous sommes fatigués, épuisés, et surtout, nous en avons marre des politiques, marre de ces élites autoproclamées qui nous regardent de haut et qui, disons-le franchement, nous prennent pour de la merde. Cette fracture, ce fossé béant entre ceux qui dirigent ou qui pontifient dans les salons parisiens et ceux qui triment au quotidien, n’a jamais été aussi visible. On le voit encore aujourd’hui de manière éclatante avec la colère légitime et puissante des agriculteurs. Ces hommes et ces femmes qui nous nourrissent souffrent, ils agonisent littéralement sous le poids des charges et des normes, et pendant ce temps, ceux qui sont en haut, bien au chaud dans leurs certitudes, regardent cela avec une forme de délectation crasse, j’ai l’impression. C’est un spectacle désolant d’une déconnexion totale, d’une arrogance qui ne dit pas son nom mais qui se ressent dans chaque prise de parole, dans chaque regard condescendant jeté vers cette France qui se lève tôt et qui se couche avec l’angoisse du lendemain.
C’est dans ce contexte explosif qu’Alain Souchon, figure tutélaire de la chanson française, a décidé d’ajouter sa pierre à l’édifice du mépris. Il y a quelques semaines, ce grand poète, car il ne faut pas lui retirer ce talent dans ses chansons, a jugé bon de sortir de sa réserve artistique pour nous livrer une analyse politique d’une finesse douteuse. Il nous a trouvés “assez cons” pour élire peut-être quelqu’un du Rassemblement National. Vous le savez, l’affaire a fait grand bruit. En une phrase, il a simplement insulté 11 millions de Français. Tout simplement. Il a balayé d’un revers de main, avec un dédain aristocratique, les choix, les peurs et les espoirs de millions de ses compatriotes.

Alain Souchon est un grand poète quand il s’agit de rimes et de mélodies, c’est indéniable, mais il n’a pas été véritablement poète, ni même simplement humain, pour dire ce qu’il pensait de ces Français qui souffraient jour après jour. Il n’a pas eu la poésie du cœur pour comprendre que si ces gens se tournent vers le RN, c’est peut-être parce qu’ils y voient un échappatoire, un cri de désespoir, une tentative de survie dans un monde qui les broie. Au lieu de l’empathie que l’on est en droit d’attendre d’un artiste sensible, nous avons eu droit au jugement sommaire, à l’insulte facile, à la stigmatisation brutale.
Et voilà que le karma, ou peut-être simplement la justice du consommateur, s’en mêle. Son nouvel album, intitulé “Studio Saint-Germain”, sorti mi-novembre, fait un flop retentissant. Et oui, le pauvre petit Coco n’avait peut-être pas pensé à une variable essentielle dans son équation : il y a des gens “assez cons” pour voter RN, selon ses dires, mais ces mêmes gens étaient aussi ceux qui étaient “assez cons” pour acheter son album. Le public n’est pas une masse amorphe que l’on peut insulter d’un côté et traire de l’autre. Résultat des courses ? Un bide interplanétaire. Les chiffres ne mentent pas et ils sont cruels pour l’ego de l’artiste. L’album s’est hissé dans le top 10 la première semaine, profitant de l’inertie de sa notoriété, juste au top 10, sans éclat. Et puis, la chute.
Après seulement huit semaines d’exploitation, il végète maintenant vers la 50ème place. C’est une dégringolade vertigineuse. On parle de même pas 10 000 ventes la première semaine, ou peut-être au total sur cette période récente, les chiffres sont faméliques comparés à ses standards habituels. Nous sommes très, très loin de ses anciens doubles platines, de ces époques où chaque sortie de Souchon était un événement national couronné de succès massif.
Évidemment, la polémique a enflé et elle a laissé des traces indélébiles. Les sympathisants du Rassemblement National, mais aussi tous ceux qui ont été choqués par la violence du propos, boycottent en masse. C’est une réaction épidermique, logique, saine presque. Tout simplement, les gens ont découvert son vrai visage. Ils ont vu tomber le masque du chanteur doux et rêveur pour découvrir celui du bourgeois moralisateur qui méprise ceux qui ne pensent pas comme lui. Et les gens en ont un petit peu ras-le-bol de se faire faire la leçon par des millionnaires qui vivent dans des tours d’ivoire. Il y a une fatigue morale face à ces artistes qui pensent que leur talent musical leur donne un brevet de supériorité civique. Mais il y a aussi une autre lecture, plus terre-à-terre, plus tragique aussi, de cet échec commercial. Et puis, et puis mon cher petit Alain Souchon, il faut peut-être redescendre sur terre et regarder la réalité économique en face. Peut-être que les Français, ceux que tu qualifies d’assez cons pour voter le RN, souffrent réellement. Peut-être que leur vote n’est pas une preuve de bêtise, mais un symptôme de douleur.

Peut-être que ces gens souffrent parce que ce n’est pas le RN au pouvoir, ou tout simplement parce que le système actuel les a laissés sur le bord de la route. Peut-être qu’ils n’ont plus d’argent. C’est une réalité que tu sembles ignorer depuis Saint-Germain-des-Prés. Peut-être qu’ils n’ont plus 15 balles à mettre dans un CD. Quand on compte chaque centime à la fin du mois, quand l’inflation grignote le peu de pouvoir d’achat qu’il reste, la culture devient un luxe inaccessible. Alors que l’on a déjà du mal à mettre un morceau de viande dans notre assiette, aller acheter le disque d’un type qui nous insulte n’est clairement pas la priorité. Il y a une indécence à réclamer l’attention et l’argent d’un public que l’on méprise, surtout quand ce public lutte pour sa survie alimentaire.
C’est là que la fracture est la plus douloureuse : entre ceux qui débattent de la morale du vote et ceux qui débattent du contenu de leur frigo. Alain Souchon, la prochaine fois, et je m’adresse à travers lui à tous ceux qui sont comme lui, là-haut, perchés sur leurs privilèges, tous ceux qui sont à nous regarder de haut, à nous contempler en train de souffrir avec une moue dégoûtée, peut-être que vous penserez peut-être un petit peu plus la prochaine fois avant de l’ouvrir. Tournez sept fois votre langue dans votre bouche dorée avant de cracher sur le peuple.
Car il existe des contre-exemples, des artistes qui, malgré leur succès, n’ont pas perdu le sens des réalités ni le respect de leur public, quel qu’il soit. Et je pense évidemment à Julien Doré. Lui, la semaine passée, a eu des mots assez incroyables, d’une justesse et d’une humanité qui font du bien. Il a déclaré, avec une sincérité désarmante, qu’il avait beaucoup de chance d’être à sa place, d’avoir la vie qu’il a. Mais surtout, il a ajouté qu’il ne se permettrait pas d’être “assez bas” que pour juger ceux qui souffrent. Quelle leçon ! Quelle différence de hauteur de vue ! Là où Souchon juge de haut, Doré refuse de descendre dans la bassesse du jugement. Il reconnait sa chance et refuse d’accabler ceux qui ne l’ont pas. Julien Doré, que je n’appréciais pas spécialement avant cette interview, je dois l’avouer, m’a vraiment réconcilié avec lui. Je vous invite d’ailleurs à aller le voir sur internet, à écouter ses propos. C’est rafraîchissant. Je trouve qu’il avait une très bonne façon de voir les choses, une approche empreinte d’humilité et de compréhension. C’est exactement ce que certaines personnes, grisées par leur propre importance, n’ont décidément plus en France.
Cette affaire Souchon est emblématique d’un mal français profond. Elle illustre la coupure entre deux mondes qui ne se comprennent plus. D’un côté, une élite culturelle et médiatique qui vit dans l’entre-soi, persuadée de détenir la vérité morale et politique, et qui se sent autorisée à distribuer les bons et les mauvais points. De l’autre, une majorité silencieuse, ou de moins en moins silencieuse, qui subit la crise, l’insécurité, le déclassement, et qui ne supporte plus d’être sermonée par ceux-là mêmes qui sont protégés de tous ces maux. Le flop de l’album de Souchon n’est pas juste un accident industriel ; c’est un vote.
C’est un référendum contre le mépris de classe. Les Français ont utilisé leur pouvoir d’achat comme un bulletin de vote pour dire “Stop”. Stop aux insultes, stop à la condescendance, stop à cette arrogance insupportable. Quand on traite son public de “cons”, on ne doit pas s’étonner de chanter devant des salles vides ou de voir ses disques prendre la poussière dans les bacs. C’est une règle de base du commerce, mais aussi de la civilité.
La souffrance des agriculteurs, la colère des gilets jaunes hier, le vote RN aujourd’hui, tout cela participe du même cri. Un cri que des artistes comme Souchon refusent d’entendre, préférant se boucher les oreilles et crier à la bêtise. Mais la bêtise, la vraie, n’est-elle pas de scier la branche sur laquelle on est assis ? N’est-elle pas de se couper de la sève populaire qui nourrit l’art ? Julien Doré a montré qu’une autre voie est possible, celle de la décence. On peut être un artiste à succès, gagner de l’argent, être exposé, mais garder une forme de respect sacré pour la souffrance d’autrui. On peut avoir des convictions politiques sans pour autant transformer ses concitoyens en ennemis ou en imbéciles. C’est une question d’éducation, de cœur, et d’intelligence émotionnelle. Espérons que cette mésaventure serve de leçon, non seulement à Alain Souchon, mais à toute cette caste qui a oublié d’où elle vient et grâce à qui elle existe. Car sans le peuple, sans cette “basse” qu’ils méprisent tant, ils ne sont rien. Ni poètes, ni chanteurs, juste des voix qui résonnent dans le vide de leur propre vanité. En attendant, les Français gardent leurs 15 euros pour de la viande, et ils ont bien raison.
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