
À quatre-vingt-huit ans, l’homme qui fut longtemps considéré comme le plus beau visage du cinéma mondial semble enfin prêt à déposer les armes. Alain Delon, le « Samouraï » du septième art, traverse aujourd’hui le crépuscule de son existence dans une atmosphère saturée de nostalgie, de regrets et de scandales familiaux qui déchirent la chronique médiatique. Celui qui a captivé des générations de spectateurs par ses yeux bleus perçants et son charisme magnétique se retrouve au cœur d’une tempête juridique et affective dont il est, paradoxalement, le centre immobile. Entre ses trois enfants légitimes et la femme qui partageait son quotidien depuis plus d’une décennie, une guerre de tranchées s’est installée, révélant les fêlures d’un clan dont l’éclat n’était peut-être qu’une façade. Pourtant, au-delà des batailles d’héritage et des plaintes pénales, une question demeure, obsédante : qui a véritablement possédé le cœur de cet homme qui semble n’avoir jamais pu trouver la paix ?
Pour comprendre l’homme qu’est devenu Alain Delon, il faut impérativement replonger dans les racines d’une enfance marquée par l’abandon et la violence sourde. Né en 1935 à Sceaux, le jeune Alain Fabien Maurice Marcel Delon voit ses parents divorcer alors qu’il n’a que quatre ans. Ce premier déchirement le conduit dans une famille d’accueil, une expérience qui laissera une cicatrice indélébile sur son âme. Le chef de cette famille de substitution était un gardien de prison à Fresnes, et c’est dans la cour de cet établissement que le petit Delon entendra les coups de feu fatals exécutant Pierre Laval. Ce contact précoce avec la mort et l’enfermement forgera une personnalité rebelle, rétive à toute autorité formelle. Expulsé de six internats différents, il finit par trouver refuge chez sa mère, remariée à un boucher-charcutier de Bourg-la-Reine. C’est là, entre les morceaux de viande et le labeur manuel, qu’il obtient son CAP de charcuterie, une voie qui semblait le destiner à une existence anonyme de commerçant de quartier.
Mais Delon était né pour l’aventure, ou peut-être fuyait-il déjà une réalité trop pesante. À l’âge de dix-sept ans, il s’engage dans la marine française. Ce service militaire le mènera en Indochine, au cœur d’un conflit sanglant. Cette période est cruciale : il y découvre la camaraderie virile, le code de l’honneur, mais aussi une certaine forme de délinquance qui le conduira à être arrêté pour le vol d’une Jeep et finalement expulsé de l’armée. De retour à Paris en 1956, sans avenir précis, il fréquente les milieux interlopes de Pigalle et Montmartre, côtoyant des voyous et des gigolos, soutenu par la générosité de plusieurs prostituées fascinées par sa beauté angélique. À cette époque, son destin semble osciller dangereusement entre le banditisme et le proxénétisme. C’est alors que le hasard, ce grand architecte des vies extraordinaires, intervient sous la forme d’une rencontre au Festival de Cannes en 1957. Sans aucune formation dramatique, Delon est repéré par un agent. Un essai à Rome suffit à convaincre les studios : une étoile est née.
Sa carrière fulgurante le propulse immédiatement au sommet, mais c’est sur le tournage de “Christine” en 1958 qu’il rencontre celle qui allait devenir son miroir et son tourment : Romy Schneider. Ils incarnent alors les « amants magnifiques », un couple dont la perfection plastique fascine la presse à scandale. Pourtant, derrière les sourires officiels, la relation est tumultueuse. La famille de Romy s’oppose à cette union, et Delon, déjà prisonnier de ses propres démons et de son besoin de conquêtes, multiplie les infidélités. En 1964, la rupture est brutale, signée d’un simple mot laissé sur un miroir : « Je suis parti au Mexique avec Nathalie ». Romy, dévastée, tentera de mettre fin à ses jours. Si Delon a partagé la vie de nombreuses femmes célèbres, de Nathalie Delon à Rosalie van Breemen en passant par l’inoubliable Mireille Darc, il a fallu attendre 2018 pour qu’il avoue enfin publiquement que Romy Schneider était, en réalité, l’unique grand amour de sa vie. Un regret qu’il porte comme une croix, s’excusant tardivement de ne pas l’avoir épousée et de n’avoir pas su la sauver de sa descente aux enfers.
La vie amoureuse de Delon est un labyrinthe de passions inachevées et de fils brisés. Il y a eu Nico, la muse allemande, et ce fils, Christian Aaron Boulogne, qu’il ne reconnaîtra jamais malgré les supplications de sa propre mère qui l’a élevé. Le décès récent de Christian, dans une solitude tragique, est venu rappeler l’inflexibilité parfois glaciale du patriarche. Il y a eu Nathalie, la seule femme qu’il ait épousée, mère d’Anthony, une relation marquée par les larmes de l’acteur qui, selon Nathalie, pleurait souvent en secret le souvenir de Romy. Puis vint Mireille Darc, sa compagne la plus stable, son alliée pendant quinze ans, qu’il aimait profondément mais avec qui il ne pouvait fonder la famille dont il rêvait. Enfin, Rosalie van Breemen, la mère d’Anouchka et d’Alain-Fabien, avec qui il semblait avoir trouvé un semblant d’équilibre avant que la séparation ne vienne, une fois de plus, clore le chapitre en 2001.
Aujourd’hui, le « Samouraï » est affaibli. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2019, son regard autrefois ardent s’est adouci en un gris mélancolique. Mais la paix qu’il cherchait dans son domaine de Douchy est troublée par une affaire d’une violence inouïe. Ses trois enfants se sont unis contre Hiromi Rollin, la femme qui vivait à ses côtés depuis près de dix-sept ans. Présentée par certains comme une simple dame de compagnie et par d’autres comme sa maîtresse légitime, elle a été expulsée de force du château de la Brûlerie. Les accusations sont graves : harcèlement moral, abus de faiblesse, détournement de fonds et même cruauté envers les animaux. Les enfants Delon affirment que Madame Rollin exerçait un contrôle total sur les communications de leur père, l’isolant de ses proches pour mieux capter son héritage. De son côté, Hiromi Rollin se défend vigoureusement, dénonçant la manipulation des enfants Delon, qu’elle accuse de ne s’intéresser qu’à la fortune estimée à 250 millions de livres sterling, délaissant leur père dans son déclin quotidien.
Ce conflit amer, qui s’étale dans les tribunaux et les journaux, semble être l’ultime acte tragique d’une vie qui fut elle-même un film permanent. Delon a toujours cultivé une forme de solitude hautaine, une arrogance qui n’était que le rempart de sa grande vulnérabilité. En désignant sa fille Anouchka comme exécutrice testamentaire, il a orchestré sa propre fin de règne, sachant que la discorde familiale était inévitable. Malgré ses innombrables conquêtes et son statut de dieu vivant du cinéma, Delon finit son voyage comme l’un de ses personnages de Jean-Pierre Melville : seul, face à son destin, dans une chambre vide habitée par les fantômes de ses amours passées. Sa confession tardive sur Romy Schneider résonne comme un aveu d’échec : celui d’un homme qui a eu toutes les femmes du monde à ses pieds, mais qui a laissé échapper la seule qui aurait pu le sauver de lui-même.

La saga Delon ne se terminera probablement pas par une réconciliation larmoyante. Le système judiciaire français est désormais le seul arbitre d’un drame familial où l’argent et le ressentiment ont remplacé la tendresse. Alain Delon, lui, continue de regarder l’horizon depuis sa terrasse de Douchy, entouré de ses chiens, derniers confidents d’une vie démesurée. Il a aimé passionnément, trahi sans remords, brillé sous les projecteurs et souffert dans l’ombre. Son héritage ne se comptera pas seulement en millions d’euros ou en chefs-d’œuvre cinématographiques, mais dans cette leçon universelle et cruelle : la beauté la plus insolente et le succès le plus éclatant ne sont rien face à l’usure du temps et à la solitude d’un cœur qui n’a pas su choisir entre la gloire et l’amour vrai. Le Samouraï s’efface doucement, laissant derrière lui une France orpheline d’une époque où les légendes étaient plus grandes que nature, mais emportant avec lui le secret d’une tristesse que même les plus grands réalisateurs n’ont jamais réussi à totalement capturer.
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