
Pas très belle, la France, en ce moment ? C’est une question qui résonne étrangement alors que le pays s’apprête à vivre un moment d’histoire culturelle et émotionnelle majeur. Le 7 janvier prochain, à Saint-Tropez, les funérailles de Brigitte Bardot ne ressembleront à aucune autre cérémonie d’adieu réservée à une figure de cette ampleur. Tout, ce jour-là, semble avoir été réglé pour contenir, limiter, tenir à distance. Et au cœur de ce dispositif de retenue, une absence se remarquera plus que toutes les présences : celle du chef de l’État. Emmanuel Macron n’assistera pas aux obsèques de la légende.
Pourquoi le président de la République, qui a pourtant salué la mémoire de l’actrice en la qualifiant de “légende” quelques jours plus tôt, restera-t-il à l’écart le jour de ses adieux ? S’agit-il d’un simple choix d’agenda, d’un respect scrupuleux de la volonté familiale, ou du signe tangible que l’héritage de Brigitte Bardot dérange encore, même après sa mort ? Car derrière ce fauteuil vide, il y a bien plus qu’une question de protocole. Il y a une cérémonie sans hommage national, une famille qui décline poliment les propositions de l’État, et une figure politique controversée, Marine Le Pen, annoncée, elle, au premier rang. Une question s’impose alors, claire et incontournable : qui décide de la mémoire d’une légende ?
La cérémonie se déroulera à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, au cœur du village mythique qui a tant contribué à sa gloire. À l’intérieur, peu de place. Une assistance restreinte, triée sur le volet, des mots sobres. À l’extérieur, le public ne sera pas convié à entrer. Il regardera de loin, par écrans interposés installés sur le port et la place principale, comme spectateur d’une douleur qui ne lui appartient plus tout à fait. Après la messe, rien ne s’ouvrira davantage. L’inhumation se fera à huis clos au cimetière marin de Saint-Tropez. Pas de cortège grandiose, pas de rassemblement populaire massif autorisé autour de la tombe, pas d’images. Une séparation nette entre l’espace public et l’ultime geste.
Ce choix interpelle. Brigitte Bardot n’était pas une artiste discrète ni une figure secondaire. Elle fut une icône mondiale, une femme dont l’image a traversé les décennies, les frontières et les régimes, incarnant une certaine idée de la liberté française. Alors, pourquoi ce retrait ? Pourquoi cette organisation presque défensive ? Officiellement, il s’agit de respecter la volonté familiale, de préserver l’intimité, d’éviter la cohue, de protéger les lieux. Rien d’illégitime en apparence. Et pourtant, la retenue de cette journée tranche singulièrement avec ce que la République française a souvent réservé à ses grandes figures culturelles, de Johnny Hallyday à Jean-Paul Belmondo.
Aucun hommage national n’est prévu. Aucune cérémonie officielle portée par l’État. Aucun moment de communion collective organisé à l’échelle du pays. Ce n’est pas un oubli ; c’est un choix visible, assumé, organisé. L’absence d’Emmanuel Macron n’a pas été annoncée par un communiqué offensif ou un désaccord public. C’est un fait brut : le Président ne sera pas là. Pour comprendre, il faut revenir aux usages. En France, la présence présidentielle à des funérailles n’est jamais automatique. Elle obéit à des codes précis où se mêlent protocole, volonté familiale et symbole national. Dans le cas de Bardot, l’Élysée a fait un pas. Une proposition d’hommage national a été évoquée. Mais cette proposition n’a pas trouvé d’écho favorable. La famille n’y a pas donné suite. Ce silence à lui seul est éloquent. Il marque une frontière.
Dès lors, l’absence du président prend un autre sens. Elle n’est pas un désaveu, elle est une conséquence. Celle d’un choix assumé de rester hors du cadre officiel, hors de la solennité d’État, hors de la mise en scène républicaine. Mais ce retrait pose une question plus large : que se passe-t-il lorsqu’une figure majeure de la culture française ne s’inscrit pas naturellement dans le récit national consensuel ? Brigitte Bardot a toujours occupé une place à part. Adulée pour sa beauté et son talent, reconnue pour son combat pionnier pour les animaux, elle fut aussi contestée, voire condamnée, pour certaines de ses prises de position politiques et sociétales tranchées. Une icône aimée, mais jamais lisse. Une célébrité que l’on admire sans toujours savoir comment la célébrer officiellement.
Dans ce contexte, la prudence de l’État devient lisible. L’absence présidentielle n’efface pas l’hommage rendu par les mots, mais elle évite de trancher par l’image. Elle laisse la mémoire se construire ailleurs : dans la sphère privée, dans le regard du public, dans le temps long. Macron est absent non pas parce que Brigitte Bardot ne comptait pas, mais parce que sa place ne pouvait être définie sans ambiguïté par l’institution. Cette distance révèle un malaise ancien : comment honorer une icône quand son héritage divise encore ? Comment concilier l’admiration populaire et la retenue institutionnelle ? À Saint-Tropez, le président ne sera pas là pour incarner la nation, mais la nation sera présente autrement, dans une forme d’adieu national sans l’État.
Cependant, alors que l’État se tient à distance, une autre présence est annoncée, une présence qui, elle, ne passera pas inaperçue : celle de Marine Le Pen. Sa venue aux funérailles est confirmée, et aussitôt le contraste apparaît, saisissant. D’un côté, l’absence du président de la République ; de l’autre, la présence assumée d’une figure politique controversée. Ce face-à-face symbolique suffit à relancer le débat. Car la relation entre Brigitte Bardot et la famille Le Pen n’a jamais été un secret. Bardot l’a soutenue publiquement, elle a parlé d’elle avec admiration, allant jusqu’à la qualifier de “Jeanne d’Arc moderne”. Des mots forts qui ont marqué durablement l’opinion, ternissant son image pour certains, confirmant son statut d’insoumise pour d’autres.
C’est ici que la fracture française apparaît avec netteté. Brigitte Bardot n’a jamais cherché le consensus. Elle a toujours avancé à contre-courant, fidèle à ses convictions, quitte à choquer, à diviser, à décevoir une partie de ceux qui l’admiraient. Ses prises de position lui ont valu l’isolement institutionnel. La présence de Marine Le Pen s’inscrit dans une logique d’adhésion personnelle, pas institutionnelle. Elle relève du choix individuel et de la fidélité idéologique. Ce contraste éclaire la situation d’un jour nouveau : l’absence de Macron et la présence de Le Pen dessinent une ligne de fracture entre ce que la République peut embrasser sans réserve et ce qu’elle préfère laisser à la sphère privée ou partisane.
La question devient alors plus profonde : à qui appartient la mémoire d’une légende ? Aux institutions qui cherchent l’unité ? Aux proches qui revendiquent l’intimité ? Aux soutiens qui assument l’héritage sans nuance ? Dans le cas de Brigitte Bardot, aucune réponse ne s’impose naturellement. Sa vie a été faite de ruptures, il est logique que sa mort suscite les mêmes tensions. Ce jour-là, ce ne sera pas seulement une femme que l’on accompagnera, ce sera aussi une interrogation que l’on laissera ouverte : une icône peut-elle être honorée sans être consensuelle ?
Au terme de cette journée du 7 janvier, une chose apparaîtra clairement : la mémoire de Brigitte Bardot ne se laissera pas enfermer dans un protocole. Ni par un hommage national avorté, ni par une absence officielle remarquée. Car une légende ne disparaît pas avec la fermeture d’une cérémonie. Elle se prolonge ailleurs. L’État, en choisissant la retenue, n’a pas effacé Bardot. Il a reconnu implicitement qu’une mémoire complexe ne se décrète pas. Elle se construit. Et c’est peut-être l’essentiel : Brigitte Bardot n’a jamais cherché à devenir un symbole républicain lisse. Elle a préféré rester “B.B.”, libre, sauvage, et jusqu’au bout, insaisissable. À Saint-Tropez, il n’y aura pas de geste officiel à la hauteur d’une légende mondiale, mais il y aura une mémoire vivante, partagée, parfois divisée, mais toujours active. Et c’est sans doute ainsi qu’elle aurait voulu partir : hors des cadres, hors des discours convenus, présente sans être récupérée.
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